En vertu de la Loi sur les cités et villes (art. 604.1, par. 2), « la ville n’est pas légalement responsable pour les dégâts causés aux pneus ou au système de suspension ».

Les nids-de-poule de Gatineau coûtent cher

OPINION / Si vous ne voulez pas vous faire rouler en roulant, évitez de conduire à Gatineau en hiver car la ville vous attend au virage!

Le dimanche 24 février en soirée, une roue de ma voiture est tombée dans un énorme nid-de-poule à l’angle des boulevards Taché et Saint-Raymond. Au moins une dizaine d’autres véhicules ont subi le même sort avant que la police intervienne et que la ville envoie une équipe d’urgence pour colmater ce trou béant.

Après avoir reçu l’aide de la CAA pour changer la roue dans l’obscurité totale, j’ai fait réparer mon pneu le lendemain. Mais j’ai aussi dû remplacer la jante tordue et l’enjoliveur brisé et j’ai envoyé une lettre de réclamation au Service juridique de la ville sur les conseils du policier qui avait fait des rapports d’incident individuels.

La réponse a été négative en tous points : « La Ville de Gatineau n’est pas en mesure de donner suite à votre demande »! Cette réponse m’a évidemment choqué car, même si « la ville n’est pas légalement responsable pour les dégâts causés aux pneus ou au système de suspension » en vertu de la Loi sur les cités et villes (art. 604.1, par. 2), ce qui est déjà surprenant et impensable, ma réclamation concernait plutôt la jante tordue et l’enjoliveur brisé (avec photos à l’appui) que j’ai dû remplacer, en plus de faire réparer la crevaison.

Or, pour avoir de tels dégâts, il est évident que le nid-de-poule était énorme, ce qui tendrait à prouver qu’il ne s’est pas formé en un jour et que, contrairement aux affirmations contenues dans la lettre, la ville avait été négligente, au moins à cet endroit précis.

Cette mésaventure m’aura coûté 198,40 $ et ce sont en fin de compte les usagers qui paient doublement, non seulement pour l’entretien normal des routes avec leurs impôts ou leurs taxes, mais aussi de leur poche pour réparer les dégâts subis lorsque la municipalité ne fait pas bien son travail.

Les hivers canadiens sont longs et rudes certes, mais il est anormal que les municipalités puissent si facilement se défiler et se libérer de leurs obligations envers les citoyens lésés.

L'auteur est Jean-Luc Malherbe, d'Ottawa.