Le Centre Air Canada à Toronto

Les Forces, toujours indifférentes au français

Le 1erfévrier, lors de la partie entre les Maple Leafs de Toronto et les Sénateurs d'Ottawa télédiffusée sur CBC, on a honoré les Forces canadiennes avant le début de la joute. C'est un beau geste, digne et honorable.
Les Forces canadiennes étaient représentées par le Chef d'état-major et trois autres hauts gradés, qui ont participé à une mise au jeu protocolaire.
Or, quelle ne fut pas ma désolation, voire mon indignation, de constater que l'hymne national a été chanté uniquement en anglais par un fier représentant des Forces. C'est inadmissible, indéfendable. C'est un affront à une grande partie de la population canadienne.
Même si la partie de hockey avait lieu à Toronto, que c'était une initiative du secteur privé et que l'auditoire est massivement anglophone, il est totalement inconcevable qu'en 2014, après 50 ans d'une Loi sur les langues officielles quasi-constitutionnelle, qu'une institution fédérale ainsi honorée dans une cérémonie publique ne fasse même pas un minimum d'effort pour chanter au moins une partie de notre hymne national dans l'autre langue officielle, le français.
Je ne peux concevoir qu'une aussi grande institution que sont les Forces canadiennes n'aient pas encore dégagé ce réflexe non tant de se conformer à l'esprit de la Loi, mais avant tout de se présenter symboliquement et systématiquement dans les deux langues officielles qui sont un élément essentiel et constitutif de l'identité canadienne.
Les Forces se devaient de démontrer leur caractère représentatif du Canada d'aujourd'hui. Au pire, il aurait fallu qu'elles encadrent mieux le déroulement de cette cérémonie, même si l'événement était organisé par les Maple Leafs de Toronto.
Malheureusement, les Forces canadiennes ne nous ont pas accoutumés à faire de grands gestes pour se débarrasser cette perception d'une institution réfractaire au français à moins d'y être contrainte. Il faut redresser la barre et imposer des exigences plus strictes en matière de représentation des langues officielles dans des cérémonies publiques.
Je suis indigné et j'en ai marre de voir que de tels accrocs de crasse indifférence puissent encore se produire aujourd'hui.
Je ne désire pas d'explications. Il faut simplement que le ministre et le Chef d'État-major posent des gestes pour que cette situation ne se reproduise plus.
Pierre Martel, ancien haut fonctionnaire fédéral