La super-clinique MédiGo, à Gatineau

Les cliniques devraient être la porte d’entrée du système de santé

L’Association des cliniques médicales du Québec (ACMQ) interpelle l’ensemble des partis politiques et les invite à démontrer une plus grande sensibilité aux difficultés d’accès aux soins de première ligne auxquelles font face un grand nombre de Québécois. L’ACMQ souhaite voir dans la présente période électorale des propositions concrètes de chaque parti politique pour une meilleure utilisation des cliniques médicales comme organisations faisant partie intégrante du réseau de la santé.

Notre population gagnerait à compter sur un système de santé qui offre une plus grande flexibilité dans la manière d’accéder aux soins tout en favorisant une meilleure coordination entre les différentes composantes du processus de prise en charge. Par leur présence dans toutes les régions et leur proximité avec les citoyens, les cliniques médicales sont devenues au fil des décennies un endroit privilégié par les Québécois pour recevoir des soins de première ligne de qualité et pour organiser la prise en charge des maladies chroniques et des épisodes de soins qui s’en suivent. Ce faisant, elles peuvent générer des économies importantes au trésor public en évitant, par exemple, le recours inapproprié aux services d’urgence plus coûteux. Le gouvernement pourrait sans risque faire davantage la promotion des soins en clinique médicale afin de profiter de plateaux techniques appropriés hors des murs hospitaliers.

Partie de la solution

L’ACMQ croit que les cliniques médicales font partie de la solution. Les cliniques médicales peuvent de surcroît devenir un partenaire de choix pour la recherche, l’évaluation et l’innovation. Ainsi, l’expérimentation commencée par le gouvernement sortant devrait se poursuivre et s’élargir dans le but de mettre en place des centres ambulatoires avec plateaux techniques complets et des blocs opératoires permettant de tester des modèles d’organisation de soins centrés sur le patient, sans passer par la boucle hospitalière. C’est pourquoi il faudrait pousser encore plus loin la réflexion en questionnant chaque étape du cheminement des patients dans le système de santé en fonction de leurs véritables besoins, de leurs attentes, des résultats de santé à atteindre et des coûts. 

L’ACMQ estime que les cliniques médicales devraient être mises à contribution pour bien coordonner le cheminement des patients pour favoriser une bonne prise en charge par le système de santé. L’ACMQ veut aider le prochain gouvernement à y parvenir afin de simplifier le parcours des patients, en faisant également gagner du temps aux médecins et aux autres professionnels de la santé dont la charge de travail augmente sans cesse, tout en réduisant les coûts pour l’État.

Enfin, les cliniques médicales devraient être reconnues juridiquement comme la porte d’entrée privilégiée du système de santé pour les soins de première ligne. À cet égard, le Québec devrait s’inspirer de ce qui se fait dans d’autres provinces et pays qui ont mis sur pied des plans pour améliorer l’offre de soins en clinique médicale. Un réseau de cliniques médicales mieux structuré et coordonné avec le reste du réseau de la santé permettrait d’offrir une plus grande flexibilité aux patients, une meilleure prise en charge globale et de meilleurs résultats selon des standards internationaux. Un tel réseau soulagerait la pression exercée sur nos hôpitaux et permettrait aux cliniques médicales d’investir et de bâtir une gamme de soins adaptés à leurs communautés ou aux régions desservies. En impliquant les gestionnaires des cliniques médicales et en les finançant adéquatement, ces organisations pourraient non seulement contribuer davantage à l’amélioration de la santé des Québécois, mais elles favoriseraient l’accès aux soins de santé et l’établissement d’un système de santé plus performant et comparable avantageusement à ce qui se fait de mieux à travers le monde.

L'auteur est Luc Provost, directeur général de l'Association des cliniques médicales du Québec.