La protection des milieux naturels et de nos cours d’eau sont des enjeux qui relèvent aussi des élus municipaux.

L’environnement s’invite aux élections

Aujourd’hui, l’environnement fait l’objet en effet d’un faux consensus. L’environnement, c’est comme la tarte aux pommes, on a l’impression que tout le monde est en faveur ou du moins, c’est ce que nous aimerions croire.

Nous avons souvent la tendance à surestimer le degré d’accord que les autres ont avec notre lecture du monde. Pourtant, au-delà des idées convenues comme par exemple le recyclage et peut-être le compostage, les défis environnementaux sont nombreux et, étonnamment mal compris par une partie de la population et certains élus.

Les acteurs en environnement doivent se questionner sur le niveau d’adhésion de leurs idées. Trop souvent, nous parlons dans notre jargon spécialisé, ou pire nous avons culpabilisé les gens plutôt que de prendre le temps de comprendre l’esprit de nos interlocuteurs.

Or, les initiatives environnementales doivent émaner de la communauté et être portées par celle-ci. Québec et Ottawa ont beau donner le ton sur des enjeux telles la transition énergétique et la protection des milieux naturels, c’est au niveau municipal que les bonnes idées doivent trouver un sol propice pour s’enraciner et éventuellement porter fruit.

Les acteurs en environnement devront être clairs et inclusifs dans leur approche et l’enjeu de l’éducation aux bénéfices environnementaux devient dès lors primordial pour la population et leur portefeuille. Ceci inclut la gestion des villes, qui ne se résume pas au taux de taxation ou au bel asphalte dans nos rues.

Le niveau municipal, à cause du niveau de proximité du citoyen, peut proposer une multitude de solutions pour réduire notre impact environnemental. L’aménagement des futurs quartiers, le verdissement, le transport actif et collectif, la protection des milieux naturels et de nos cours d’eau sont des enjeux qui relèvent aussi des élus municipaux. 

Nous ne pouvons plus nous permettre de construire comme nous avons construit dans le passé. 

Par exemple, pour être plus explicite, il devrait être interdit de proposer de refaire une rue à l’identique. Chaque nouvel aménagement et rue que l’on réaménage devrait obligatoirement prévoir des mesures de verdissement et de gestion des eaux pluviales et une plus grande place pour le transport actif. La contrainte est la mère de tous les changements et les changements climatiques nous imposent de repenser notre milieu de vie. Cette contrainte doit être intégrée par votre nouveau conseil municipal. En gros, le monde change et nous ne pouvons plus nous permettre de construire et habiter notre territoire comme dans le passé. La majorité des gens sont prêts à embrasser ces changements. L’enthousiasme face au train léger le démontre.

En tant que citoyen, je vous invite à questionner les candidats aux élections pour qu’ils sortent des sentiers battus. S’ils ne vous impressionnent pas avec des nouvelles et meilleures façons de développer votre ville, c’est qu’ils sont en retard sur leur temps. Les constructions que nous réalisons aujourd’hui laisseront leur marque pour plusieurs générations.

À la veille des élections municipales, laissons savoir à nos candidats que l’environnement est un enjeu électoral et qu’une vision innovante n’est plus une option, mais bien une réalité.

Benoit Delage, directeur général du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais