L'Université du Québec en Outaouais

L’enseignement supérieur demeure un enjeu en Outaouais

OPINION / L’appui à l’enseignement supérieur en Outaouais s’est traduit par un engagement ferme de la part des élus politiques au cours des quatre dernières années : nouveaux programmes pour les deux cégeps, un premier centre collégial de transfert technologique en cybersécurité au Cégep de l’Outaouais, la délocalisation du programme de médecine de l’Université McGill, la consolidation des activités au campus Alexandre-Taché de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et un investissement pour le développement de nouveaux programmes en santé à l’UQO. Ces acquis permettront un certain rattrapage palliant en partie au retard de développement des établissements d’enseignement supérieur de l’Outaouais, un retard clairement démontré et documenté depuis 2011.

Cependant, on aurait tort de considérer que l’ensemble de l’œuvre est achevé. Pour nous, ce n’est que le début. 

Les établissements d’enseignement supérieur que nous représentons nécessiteront, pour encore plusieurs années, des appuis importants de la part du gouvernement du Québec afin de répondre aux besoins de formation de la population de la région. Le statut particulier accordé en 2015 à l’Outaouais en matière d’enseignement supérieur doit être confirmé et se traduire par la poursuite et l’accélération de l’engagement du gouvernement envers l’université, les deux cégeps, le collège et le conservatoire de musique.

À cet effet, nous avons élaboré un plan d’action qui se déploie sur plusieurs années. Il consiste à mettre en place des programmes dans différentes disciplines afin d’élargir l’offre et de permettre aux étudiants et aux étudiantes de l’Outaouais, mais aussi du Québec et de l’international, de parfaire l’apprentissage d’une profession leur permettant de faire leur place sur le marché du travail tout en devenant des citoyens responsables. Sans doute, comme l’affirmait récemment le premier ministre Philippe Couillard, il y aura toujours une tension entre Gatineau et Ottawa en matière d’enseignement supérieur. Toutefois, cette tension peut être réduite par un soutien au développement des programmes dans des secteurs clés pour l’Outaouais, tels que les sciences naturelles et les sciences de la santé. Ce développement doit bien sûr être réalisé avec le soutien de la communauté outaouaise et en adéquation avec les besoins du milieu.

Ce n’est pas l’augmentation de la taille de nos établissements qui nous anime, mais bien le souci d’être des acteurs de premier plan dans notre région en soutien au développement économique, social et culturel de l’Outaouais. À l’ère du numérique, les emplois de l’avenir reposeront sur une formation solide permettant de s’adapter rapidement aux nombreuses mutations du marché du travail. Les deux cégeps, le collège et l’université deviennent alors des lieux incontournables permettant ce virage, à la condition d’offrir les formations qui sont au diapason de la demande. Notre région est également traversée par de nombreuses mutations sociales et économiques spécifiques à notre réalité qui nécessiteront des interventions ciblées par une main d’œuvre formée pour y répondre.

Dans ce contexte, il devient nécessaire pour l’Outaouais de ne pas dépendre d’une formation en enseignement supérieur majoritairement offerte par les établissements situés en Ontario.

C’est pourquoi, nous demandons aux candidats de tous les partis politiques de l’Outaouais ainsi qu’aux chefs des formations politiques un engagement ferme à l’égard du statut particulier qui nous a été octroyé en enseignement supérieur et qui doit être accompagné d’un plan d’action qui nous permettra de mettre en place les programmes nécessaires à la formation de la population de l’Outaouais et au développement de notre région.

Denis Harrisson, 

Recteur de l'Université du Québec en Outaouais et Président de l'Alliance pour la cause de l’enseignement supérieur en Outaouais (ACESO)

Frédéric Poulin, 

Directeur général du Cégep de l’Outaouais

Michael Randall, 

Directeur général du Cégep Heritage College

Marc Langis, 

Directeur du Conservatoire de musique de Gatineau

Saloua Zraida, 

Directrice générale du Collège Universel