Lendemains olympiques

Que reste-t-il au lendemain des Jeux olympiques de Sotchi? Des gloires éphémères? D'amères déceptions? Des souvenirs tristes et douloureux? Des installations gigantesques devenues aujourd'hui inutiles et désertes? Qui n'ont brillé que quelques jours mais favorisé la plus grande corruption de l'histoire. Avec ses dépenses de 51 milliards$, les Jeux de Sotchi ont dépassé les coûts de l'ensemble des Jeux d'hiver depuis leur création en 1924.
La flamme olympique, cadeau empoisonné de Poutine, a parcouru 65000km pour mettre en lumière l'apanage des riches. Où est le vrai monde dans cette orgie de dépenses? Celui qu'on a dépouillé sans pitié de sa dignité pour cacher, épater, écraser et ruiner? Pour combien de temps les pauvres démunis devront-ils payer ces paradis artificiels?
Avec ses 37000 policiers, la Russie s'est assurée de masquer les scandales, de museler les 2500 athlètes et de camoufler la violation des droits fondamentaux humains et de la Charte olympique sans soulever aucune réaction. À cet égard, on doit décerner à la Russie la médaille d'or des dépenses.
Bravo toutefois aux médaillés qui ont démontré que les valeurs humaines existent encore, rendant possible l'impossible en poussant leur performance jusqu'aux limites du réel et atteignant des sommets jusque-là inégalés!
Événement essentiellement sportif, les Jeux olympiques sont en train de se transformer en un jeu politique où les plus grandes stupidités sont permises. Malheureusement, on ferme les yeux, on oublie et on recommence. L'homme est-il à ce point aveugle qu'il est disposé à sacrifier sa grandeur et à s'agenouiller devant ceux qui sont prêts à berner sa trop grande naïveté?
René Leclerc, Gatineau