L’économie, le meilleur ami de la lutte au changement climatique!

OPINION / Je ne veux pas être «casseux de party» après la superbe manif de vendredi pour le climat, mais l’environnement est trop important pour laisser les seuls écolos s’en occuper! La jeune militante suédoise Greta Thunberg nous dit, avec raison: «Écoutez la science!» Or, la science économique dit quoi?

Que le prix actuel du pétrole n’inclut pas son coût social, c’est-à-dire, les effets sur la santé, la pollution, etc. Et c’est pourquoi la taxe carbone est la solution pour : 1) changer nos comportements et réduire notre consommation; et 2) inciter «les agents économiques» (les entreprises, les gens...) à innover et trouver des moyens plus efficaces pour réduire les gaz à effet de serre, et plus vite que maintenant!

Ce n’est pas en espérant la mort du capitalisme, en interdisant les pipelines ou en maudissant les raffineries que ça va se régler! Ce sont des réactions émotives qui n’amèneraient aucune solution à un problème reconnu maintenant par une très grande partie d’entre nous!

N’oublions pas que les revenus du pétrole aident à payer nos services sociaux, etc. C’est la réalité, que ça nous plaise ou non! C’est pour cela qu’appuyer à la fois la construction du pipeline Trans Mountain et l’imposition d’une taxe carbone (plus élevée que maintenant, et vite!) n’est pas du tout contradictoire. En fait, les deux sont nécessaires!

Certains disent qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour un pipeline? Mmmh. Et si les gouvernements finançaient une campagne pour expliquer la complexité du sujet? Au lieu de faire de la démagogie, comme Doug Ford en Ontario, par exemple, qui met des autocollants sur les pompes à essence pour nous dire «Peuple! Regarde comment une taxe Trudeau te coûte cher!» La démagogie de nos politiciens, c’est ça qui n’est pas socialement acceptable ! Hélas, nos leaders s’adaptent simplement à notre appétit pour les « solutions faciles » et notre goût pour recevoir des cadeaux. Or, tout ça n’est pas dans notre intérêt.

Demain matin, et pour encore plusieurs années, on aura besoin du pétrole. Alors proposer d’arrêter les raffineries et de bloquer ce qui est le moyen le plus sécuritaire pour transporter le pétrole (le pipeline), quand on y pense, c’est se tirer dans le pied. Ces solutions mésadaptées ne feraient que nous faire perdre du temps dans la course pour atteindre (et surpasser) les cibles de GES. Il faut être plus sophistiqué que ça!

Alors oui, écoutons la science, ou plutôt les sciences! Nier les lois de la science économique pour régler ce que nous apprennent les scientifiques du climat, c’est foncer tout droit vers l’échec.

Martin Houle,

Ex-économiste,

Ministère des Finances du Canada