L’école à la maison du professeur idéaliste

OPINION / À Jean-François Roberge, Ministre québécois de l’Éducation,

Nous faisons l’école à la maison avec nos trois enfants depuis maintenant plus de trois ans. Comme nous sommes un couple binational, nous utilisons des ressources pédagogiques du Canada anglais, du Québec et d’Allemagne. Nous sommes donc en désaccord avec votre projet d’amendement aux règlements concernant l’école à la maison qui nous forcerait à suivre le curriculum québécois.

Après avoir lu votre livre « Et si on réinventait l’école », je ne comprends vraiment pas pourquoi vous vous attaquez à l’école à la maison.

Dans ce livre, vous dressez un portrait catastrophique de l’école publique québécoise. Nous avons aussi l’impression que bien des priorités passent avant celle de « l’élève, un être anonyme trop souvent laissé pour compte dans le dédale des règles et des normes. » À la suite de cette constatation, vous avez entrepris des démarches en politique et nous avons décidé de faire l’école à la maison.

Tout comme vous, nous pensons que la culture générale est négligée à l’école publique et que le vrai apprentissage se passe durant les activités parascolaires. Lorsque vous réinventez l’école, vous décrivez assez bien les motivations et objectifs des parents qui font l’école à la maison.

Vous proposez plus de liberté aux directions d’école pour qu’elles développent des projets qui correspondent aux besoins de leurs écoles. Nous demandons plus de liberté pour qu’on puisse suivre les programmes qui correspondent aux besoins de nos enfants.

Vous dénoncez du même souffle la dérive bureaucratique des commissions scolaires. Je vous écris pour limiter le fardeau bureaucratique que vous voulez imposer aux parents qui font l’école à la maison.

J’aimerais donc que le ministre un peu borné laisse la place au professeur idéaliste qui a écrit ce livre. J’ai l’impression qu’on s’entendrait mieux avec lui.

Vincent Chandler,

Professeur,

Université du Québec en Outaouais