Si en moyenne les 13,3 millions de ménages canadiens achetaient 100 $ de plus dans les quincailleries et centres de rénovation en produits fabriqués ici pour leurs résidences, les retombées directes en vente s’élèveraient à 6,6 milliards $ en cinq ans, indique l'auteur.

Le visage de la quincaillerie change

Lettre ouverte aux ministres préoccupés par l’économie, les régions et l’habitation

Le protectionnisme économique a le vent en poupe. La plupart des puissances, dont nos trois premiers partenaires, prennent des positions politiques appuyant leurs entreprises locales (États-Unis : Buy America Act, Chine : Made in China 2030, Royaume-Uni : Brexit).

Or, il existe au pays plus de 500 usines, dont le tiers sont exploitées au Québec, qui sont spécialisées dans la production d’articles de quincaillerie et de matériaux de construction destinés au marché résidentiel.

Si en moyenne les 13,3 millions de ménages canadiens achetaient 100 $ de plus dans les quincailleries et centres de rénovation en produits fabriqués ici pour leurs résidences, les retombées directes en vente s’élèveraient à 6,6 milliards $ en cinq ans.

Les quelque 10 000 gammes de produits faits au Québec et au Canada ne font l’objet présentement d’aucune discrimination positive avec pour effet qu’ils sont noyés parmi environ 65 000 produits de toute provenance, parfois de qualité moindre.

Heureusement, six groupements d’achats majeurs en quincaillerie, représentant 2500 points de vente liés à 10 enseignes (ACE, BMR, Castle, Home Hardware, Lowe’s Canada, Patrick Morin, Réno Dépôt, RONA, TimberMart, Unimat) ont créé, le 31 octobre 2018, l’organisme Bien fait ici/Well Made Here (www.ici-here.ca). L’objectif avoué consiste à mousser la connaissance et la vente de produits de qualité fabriqués dans nos entreprises manufacturières auprès des consommateurs et des entrepreneurs en construction.

Les investissements en argent et les engagements en communications-marketing des bannières participantes représentent une valeur monétaire de l’ordre de 3,5 millions $ par année.

Une cinquantaine de fabricants ont déjà adhéré au programme et apposeront le label, à partir du printemps 2019 ou avant, sur leurs gammes de produits répondant aux critères d’accréditation.

L’accréditation de produits au label «Bien fait ici/Well Made Here» est assujettie aux normes appliquées par le Bureau de la concurrence du Canada, auxquelles s’ajoutent des obligations d’information rigoureuse aptes à renseigner avec clarté et honnêteté les consommateurs et les entrepreneurs en construction.

Des organismes légitimes comme l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) et la Canadian Hardware and Housewares Manufacturers Association (CHHMA) ont cofondé le nouvel organisme, y ont également injecté des fonds et vont engager leurs réseaux sous l’initiative de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT).

Plusieurs études démontrent que les consommateurs et les entrepreneurs en construction ont un intérêt à se procurer des produits faits ici pour des motivations diverses, les uns par nationalisme ou solidarité avec les entreprises et les régions, d’autres, plus nombreux encore, mués par la confiance dans les produits faits au Québec et au Canada.

L’offensive de communication projetée serait cependant décuplée par des campagnes publicitaires. Également, l’animation d’une plateforme technologique Web liée à une interface mobile permettrait des recherches efficaces et ajouterait une réelle valeur au besoin d’information des clients.

C’est pourquoi nous demandons à tous nos gouvernements de s’engager dans la promotion des entreprises manufacturières d’ici tout en poursuivant la défense de la libéralisation des marchés.

Nous demandons à tous nos gouvernements de voter une résolution d’appui à la démarche collective de l’industrie québécoise et canadienne de la quincaillerie et des matériaux de construction.

Nous souhaitons sensibiliser tous les gouvernements comme donneurs d’ordre à la possibilité d’accorder une attention particulière aux produits de construction sous le label «Bien fait ici/Well Made Here».

Nous incitons les ministres concernés par l’économie, les régions et l’habitation à s’impliquer activement aux côtés des fondateurs de Bien fait ici/Well Made Here afin de faire connaître le programme.

Nous sollicitons les gouvernements provinciaux pour qu’ils investissent dans deux campagnes de publicité, au printemps et à l’automne, vantant les produits de leur territoire respectif sous label «Bien fait ici/Well Made Here».

Nous sollicitons le gouvernement du Canada pour qu’il finance le développement technologique et le déploiement d’un portail Web associé à une interface (application) à l’usage des consommateurs et des entrepreneurs en construction désireux d’encourager l’achat d’articles de quincaillerie et de matériaux de construction sous label «Bien fait ici».

Richard Darveau, président Bien fait ici/Well Made Here