Pierre Karl Péladeau a annoncé un retour en politique.

Le retour de PKP: un Trump pour le Québec?

Je n’arrive pas à croire que Pierre Karl Péladeau peut annoncer un retour en politique alors qu’il a littéralement tué le Parti québécois avec son départ fracassant en 2016. M. Péladeau nous avait fait un beau spectacle en 2016 lorsque, la larme à l’œil, il était venu raconter qu’il devait non seulement quitter la fonction de chef du PQ mais aussi celle de député pour le bien de sa famille. Tout le monde avait aussi versé une larme et on avait facilement excusé sa fuite en plein milieu de mandat. Rien n’est plus important que la famille.

Qu’est-ce donc qui a changé si radicalement dans sa situation familiale pour qu’il puisse se permettre aujourd’hui de mettre sa famille de côté. Rien en fait, mais PKP nous explique candidement la vraie raison: la cour a tranché pour une garde partagée.  Soyons honnête. La vie politique est une chose accaparante qui ne laisse pas beaucoup de place pour la famille. Il faut vivre à Québec six mois par année et passer souvent les soirées dans des rencontres, faire du bureau de comté et passer ses fins de semaine à rencontrer les groupes et participer aux activités. C’est encore pire si vous êtes une vedette du parti — ce qui serait le cas de PKP — car vous devez aller faire de la promotion dans les autres circonscriptions. La seule fonction de député lui demanderait assez de temps pour qu’il ne voit pratiquement pas ses enfants. 

Alors, qu’est-ce qui a changé? Rien. PKP s’est fait beau et fin pour le procès afin d’obtenir la garde partagée et maintenant il peut reprendre sa vie là où il l’avait laissée en 2016. 

Parlons maintenant de ces élus qui démissionnent en milieu de mandat. Le PQ les a dénoncés à tour de bras. Le Parti libéral a fait la même chose lorsque cela concernait des députés péquistes ou caquistes. Un député qui démissionne pour prendre un autre emploi plus payant ou qui le fait simplement parce qu’il réalise qu’il n’est pas fait pour cela trahit la confiance que les électeurs ont mise en lui. Cela entraîne des dépenses exorbitantes pour la province et les électeurs. On avait pardonné à Péladeau à cause des raisons familiales, mais là on lui rappelerera avec raison qu’il a provoqué une élection partielle… pour rien. Et c’est sans compter les 122 000 $ qu’il doit toujours au PQ pour sa course à la direction en 2015. Il restera là combien de temps avant de claquer la porte à nouveau?  

Parlons maintenant de PKP le politicien. Durant la courte période où il a été député et chef du PQ, Péladeau a fait fi de bien des règles et on ne peut pas dire qu’il ait été transparent. Il « twittait » et « facebookait » plutôt que de parler aux journalistes, s’insultait qu’un d’eux lui téléphone ou même lui pose une question qu’il n’aimait pas. Et que dire de son entêtement à demeurer à la tête de son empire médiatique tout en poursuivant sa carrière politique? Le conflit est toujours là et PKP refuse de s’en détacher. Ne trouvez-vous pas qu’il y a du «trumpisme» dans sa façon d’agir? PKP est comme Donald Trump; il est riche, baveux, issus des médias, se fout des règles, dit ce qu’il veut, utilise les médias sociaux pour  passer ses messages et n’hésite pas à faire le procès des médias qui sont plus objectifs à son égard (La Presse, Radio Canada) que ceux qu’il a sous sa botte. 

Le Québec veut-il un Trump? C’est ce que PKP propose.

L'auteur du texte est Georges Lafontaine de Messines.