De tous les élus de la région, au cours des quatre dernières années, la mairesse de Chelsea, Caryl Green, s’est démarquée comme la plus verte en Outaouais.

Le monde change vite, les élus... pas toujours !

À la suite de la crise des inondations du printemps 2017, on aurait pu penser à juste titre que la classe politique et la population seraient sensibilisées sur la problématique de gestion des eaux de pluie. Pourtant, ce n’est pas nécessairement le cas actuellement.

Les changements climatiques sont aujourd’hui une réalité qui influence concrètement nos vies. La récurrence des événements météorologiques extrêmes liés aux changements climatiques ne va qu’augmenter et des inondations telles que celles du printemps dernier ou celles de cette semaine seront de plus en plus fréquentes.

Au dernier conseil municipal à Gatineau, plusieurs conseillers indépendants se sont prononcés en faveur d’un changement de zonage permettant entre autres à une entreprise de construire un nouveau commerce dans une zone inondable de niveau 0-20 ans. Lors d’un des débats à la mairie, par deux reprises, il a été reproché au maire sortant de nuire à l’économie après avoir voulu limiter la construction en zone inondable.

Sachant que les inondations seront plus fréquentes, ce type de décision du conseil n’est plus admissible aujourd’hui. En permettant ce changement de zonage, c’est comme si les événements du printemps passé n’avaient jamais eu lieu.

Il est toujours bon de s’inspirer des leaders de la région qui présentent une vision d’un développement adapté à la réalité des changements climatiques. Dans ce sens, il est bon de souligner la vision de Caryl Green, mairesse réélue de la municipalité de Chelsea, qui se démarque par le développement respectueux de sa municipalité. 

Les nouveaux quartiers qui se développent à Chelsea respectent plusieurs critères du développement durable. Ces nouveaux quartiers intègrent les notions de densification à échelle humaine, de transport actif, de transport en commun et de conservation de la nature. 

De tous les élus de la région, au cours des quatre dernières années, elle s’est démarquée comme la plus verte en Outaouais.

Si l’on revient à Gatineau, plusieurs élus indépendants du dernier conseil ne semblent pas comprendre la réalité d’un monde qui change. En ce sens, nous souhaitons que les nouveaux conseillers élus le 5 novembre dernier soient plus sensibilisés aux impacts des changements climatiques. L’Union des municipalités du Québec et plusieurs autres organisations offrent diverses formations aux élus afin de mieux les outiller dans leurs prises de décision. Nous espérons que le nouveau conseil ira chercher cette expertise. Qu’il s’agisse du refus de s’adapter au changement climatique, ou encore d’oser demander une dérogation pour un stationnement en surface sur une voie pourtant dédiée au Rapibus, ce n’est pas un supposé manque d’information des élus qui doit être blâmé. Trop souvent le conseil municipal de Gatineau de 2013 à 2017 a été embourbé un mauvais - et faux - paradigme, en oubliant que croissance et protection de l’environnement ne sont pas concurrentes, mais au contraire interdépendantes.

Nous ne pouvons pas travailler contre la nature, elle reprend toujours ses droits comme nous l’avons vu tout récemment avec les cours d’eau qui sont sortis de leur lit à plusieurs endroits. Il n’est plus possible de développer nos municipalités comme par le passé.

L'auteur est Benoit Delage, Directeur général au Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais.