Les dépenses en services généraux, en santé physique, en santé mentale et en santé publique étaient plus faibles en Outaouais que dans les autres régions comparables du Québec.

Le manque de financement chronique

En lisant les articles de Justine Mercier et de Patrick Duquette dans l’édition du Droit du 16 janvier à propos du désespoir de Michel Bourque, ce père d’un jeune garçon atteint de schizophrénie, nous ne pouvons qu’être scandalisés qu’une telle situation se présente dans une société aussi riche que la nôtre.

 Malheureusement, elle est loin d’être unique puisque de plus en plus d’OSBL d’habitation comme Mon Chez Nous sont régulièrement sollicités par le réseau de la santé afin d’accueillir des personnes comme ce jeune garçon alors que cet organisme n’a pas pour mission de répondre aux besoins cliniques de cette population vulnérable et qu’il n’a pas les ressources financières pour y faire face.

En fait, le véritable problème auquel sont confrontés ce jeune schizophrène et son père de famille n’est pas lié à une réorganisation de services, comme le soulève le directeur des programmes en santé mentale et dépendance du CISSSO, Alain Godmaire, mais par le sous-financement chronique des ressources alternatives en santé mentale. 

Comme l’a démontré une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, commandée par la coalition Équité Outaouais, les dépenses en services généraux, en santé physique, en santé mentale et en santé publique étaient plus faibles en Outaouais que dans les autres régions comparables du Québec. On peut estimer que, si les dépenses du ministère de la Santé et des Services sociaux étaient proportionnelles à la population, l’Outaouais recevrait plus de 250 millions $ supplémentaires annuellement pour répondre aux besoins de santé et services sociaux de sa population, conclut cette étude, signée par le chercheur Bertrand Schepper. 

Très loin de s’améliorer, cette situation s’est grandement aggravée au cours des dernières années, avec la mise en place des mesures d’austérité de l’ex gouvernement Couillard. 

Ainsi, contrairement aux propos fallacieux de tous les chantres des mesures d’austérité, la réalité nous démontre jour après jour que ces mesures ont affaibli de façon significative le réseau public et communautaire, sans nous donner de moyens de lutter contre la hausse des inégalités sociales et de répondre adéquatement aux problèmes sociaux.

Au lieu de faire de l’aveuglement volontaire et de dire des âneries comme celle axée sur la réorganisation des services (des services qui n’existent pas), M. Godmaire, comme l’ensemble des autres gestionnaires du CISSSO, devraient minimalement revendiquer l’augmentation des budgets au lieu d’être complices de cette mascarade.

L'auteur du texte est François Roy, coordonnateur chez Logemen’occupe.