Diane Lebouthillier, ministre du Revenu national, Ahmed Hussen, ministre de l'immigration, des Réfugiés et de la citoyenneté, Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique, Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des enfants et du développement social, et Joyce Murray, Présidente du trésor, ministre du gouvernement numérique et auteure du texte.

Le gouvernement ouvert à l’ère du scepticisme

OPINION / Nous vivons dans une ère paradoxale. Jamais dans l’histoire de l’humanité les gens n’ont été aussi connectés, capables d’apprendre et d’échanger de nouvelles informations ou découvrir le monde à partir de leur ordinateur ou de leur téléphone intelligent.

Pourtant, cette même révolution numérique qui nous connecte tous les uns aux autres rend plus faciles la désinformation et l’alimentation du scepticisme.

Un mauvais usage de l’information pour cibler et diviser certains publics et exploiter les tensions sociales existantes pour des raisons politiques ou personnelles, entraîne de profondes répercussions sur les institutions publiques.

La transparence, la reddition de compte et la communication bidirectionnelle rendues possibles grâce aux technologies numériques peuvent aider les gouvernements à travailler dans l’intérêt des citoyens de manière souple, efficace et juste et contribuer à rétablir la confiance envers les institutions publiques.

En tant que coprésident du Partenariat pour un gouvernement ouvert, le Canada veut étudier ce paradoxe avec ouverture et transparence. Du 29 au 31 mai, nous accueillerons la communauté mondiale du gouvernement ouvert à Ottawa à l’occasion d’un événement où la promesse et le pouvoir des sociétés ouvertes, inclusives et diversifiées seront mis en parallèle avec certaines réalités associées à la communication au XXIe siècle.

Quelque 2 000 délégués de partout au monde se réuniront à Ottawa pour discuter des thèmes du sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert (la participation, l’inclusion et les répercussions) et des façons dont nos citoyens peuvent profiter davantage du gouvernement ouvert. Les communautés ont le pouvoir d’accroître la participation des citoyens, de favoriser une plus grande inclusion et d’exercer une réelle influence sur la gouvernance.

Cependant, l’espace numérique demeure contesté. Les «fake news», la désinformation et les failles du système électoral sapent la confiance des citoyens et peuvent avoir des effets corrosifs sur nos sociétés.

Il y a des outils à notre disposition. L’Argentine, par exemple, a créé une plateforme numérique à code source libre qui aide les citoyens vulnérables à accéder facilement à des renseignements sur les points de distribution de préservatifs, la planification familiale, le dépistage du VIH, la vaccination et les centres pour les maladies infectieuses. L’Espagne a mis en ligne une plateforme pour faire participer le public à la prise de décision qui permet à tout résident de proposer de nouvelles lois locales et de contribuer aux débats. Au Canada, l’InfoBase du GC est une plateforme en ligne qui offre aux Canadiens un point d’accès unique et fiable aux données fédérales sur les finances, l’effectif et les résultats. Partout dans le monde, les gouvernements s’efforcent de s’assurer que les citoyens disposent d’informations fiables et vérifiables.

En rendant le gouvernement fédéral canadien « ouvert par défaut », nous concluons un nouveau contrat social avec les citoyens dans le cadre duquel nos institutions publiques doivent rendre davantage de comptes aux Canadiens. Nous offrons également aux Canadiens des centaines de possibilités de travailler avec les décideurs et de contribuer à l’élaboration de politiques publiques. De plus, nous ouvrons continuellement la discussion aux citoyens au sujet de questions qui concernent tous les Canadiens. Et, nous publions en ligne les progrès vers l’atteinte de nos engagements gouvernementaux afin que tous puissent les constater. Grâce à ces initiatives en matière de gouvernement numérique, nous mettons en évidence les travaux en cours et la voie à suivre.

Nous travaillons également avec la communauté internationale. Ma collègue Chrystia Freeland, ministre d’Affaires mondiales Canada, a comparé la période actuelle de changements technologiques rapides, et les pressions qu’elle exerce sur les gouvernements, les sociétés et les citoyens de la classe moyenne, à la Révolution industrielle qui a précédé les deux guerres mondiales dévastatrices au début du XXe siècle.

« La mauvaise nouvelle est qu’avant d’en arriver à une solution, nous avons dû passer par la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale, la Grande Dépression et la Révolution d’octobre », a récemment déclaré la ministre Freeland. « Espérons donc que nous pourrons trouver une solution plus rapidement cette fois-ci ».

En ces temps de changement, le Partenariat pour un gouvernement ouvert est une importante tribune en pleine croissance. La santé de nos démocraties est d’une importance cruciale, et nous avons hâte de travailler avec d’autres pays membres du PGO afin de les aider à demeurer forts et libres à l’ère paradoxale du numérique.

Joyce Murray,

Présidente du Conseil du Trésor,

Ministre du Gouvernement numérique,

Gouvernement du Canada