Le gâchis de Chelsea

Quel gâchis nous avons fait à Chelsea en 2016 en ce qui a trait au dossier «les rails aux sentiers». La communauté de Chelsea bouillonne!
Tout ça a commencé quand la mairesse et les conseillers ont décidé en catimini d'enlever les rails du chemin de fer et d'octroyer des fonds pour des études à l'appui du projet «Sentier Chelsea Trails» - sans aucune discussion publique.
L'opposition au projet, l'Association pour la préservation des communautés de Chelsea, a vite mobilisé ceux qui ne souhaitent pas une piste cyclable à leur porte. Mais ils ont omis d'offrir une alternative au statu quo.
Les groupes ont tenu des réunions publiques visant à augmenter l'appui à leur cause et la Municipalité de Chelsea a emboîté le pas, non pas pour entamer une discussion, mais pour dire au public ce qu'elle entendait faire pour promouvoir son projet de sentier.
Jamais avait-on entendu tant de colère et de manque de politesse lors de réunions à Chelsea!
Récemment le groupe pro-sentier a repris l'attaque pour mobiliser les non-engagés via une pétition. Par hasard, des médecins ont dit que des sentiers seraient bons pour la santé. Mais le train a toujours offert un sentier pédestre trois saisons et une piste de ski de fond en hiver!
Tout ceci a créé une fissure profonde au sien de la communauté. Voisins et amis se regardent de travers et s'échangent des messages mesquins.
Voilà où nous en sommes. 
Maintenant il faut panser nos blessures. Il faut arrêter de se déchirer mutuellement.
Il faut que ceux qui ont le mandat de gouverner relancent la discussion dans un mode ouvert et transparent. Commençons par le conseil municipal et la MRC des Collines. Pourquoi nos élus fédéral et provincial, Will Amos et Stéphanie Vallée ne mettraient-ils pas en place un comité représentatif et légitime pour surveiller la mise en place d'un nouveau processus de partage d'information?
Pour commencer, il faudrait étudier la question. Il y a tellement de choses qu'on devrait savoir avant de tenir des consultations et avoir des discussions profitables. Quels seraient les coûts des différentes options? Qui payera?Les usagers ou la communauté entière? Quelles sont les options qui s'offrent à nous? Un train entre Wakefield et Chelsea est-il possible? On devrait entretenir des discussions ouvertes entre les communautés voisines de Wakefield et La Pêche.
Quel type de piste cyclable est envisagée? Le sentier des Laurentides semble aller bien mais pas celui de Prescott-Russell. Est-ce qu'une surface en poussière de pierre ferait l'affaire ou doit-on paver le sentier? Quel est le nombre potentiel d'utilisateurs? La piste se prolongerait-elle jusqu'à Hull? Maintenant que la route 105 a des accotements pavés entre Hull et Wakefield, un sentier cyclable est-il nécessaire? Y aurait-il suffisamment d'espace entre les rails pour des cyclistes et des promeneurs? Qui serait responsable de l'entretien, de l'assurance et de la surveillance? Faut-il enlever les rails? Quels en seraient les effets possibles sur l'environnement? Comment cela affectera-t-il la possibilité d'un transport de banlieue ou des vélo-rails? Comment protégerons-nous les résidants et où seront les stationnements?
Une fois que toutes ces questions auront reçu une réponse éclairée et substantielle, cette information pourra être communiquée aux citoyens. À partir de là on pourra mener un sondage en profondeur, développé par des experts, auprès d'un public bien renseigné. Des rencontres de consultation sont certes utiles mais ne rejoignent qu'une petite partie de la population.
Enfin, dans quel état d'esprit devons-nous approcher ces prochaines étapes? On devrait chercher des solutions qui sauraient le mieux répondre aux intérêts de tout le monde. On devrait chercher des solutions optimales. Y a-t-il place pour les rails et le sentier? Peut-on avoir un train entre Wakefield et Chelsea et puis une piste cyclable de Chelsea à Hull? Plutôt que des solutions tout ou rien on devrait mutuellement chercher à répondre aux besoins de l'autre. C'est ça l'esprit communautaire.   
L'auteur, John Trent, est chercheur au Centre d'études en gouvernance à l'Université d'Ottawa et résident de Chelsea.