Madeleine Meilleur.

Le français, partie intégrante de l'Ontario

Je tiens à appuyer de tout coeur les propos de Denis Gratton dans sa chronique «C'est notre place» (LeDroit, 26 août). Il répondait à un lecteur qui encourage les francophones hors-Québec à s'établir dans la Belle Province, afin qu'ils échappent à la soi-disant «persécution» qu'ils subissent de la part de la majorité anglophone du pays. À mon humble avis, cette affirmation ne reflète absolument pas la réalité.
Réduire une situation aussi complexe à une simple question linguistique est une erreur. La francophonie ontarienne possède sa propre identité, sa propre culture et son propre cadre de référence. Elle est une partie intégrale et indissociable de l'Ontario et y a tissé des liens qui remontent au XVIIe siècle avec l'arrivée de Samuel de Champlain. Nous célébrons d'ailleurs cette année les 400 ans de présence française en Ontario, ce qui témoigne de la vitalité de la francophonie ontarienne.
Il est également important de souligner que le Canada compte de nombreuses communautés francophones, fortes et fières de leurs racines culturelles, des provinces atlantiques jusqu'à l'océan Pacifique. Ici en Ontario, c'est plus de 610000 francophones qui vivent dans un environnement linguistique en constante évolution. Au cours de ces dernières années, des avancées significatives ont été réalisées dans de nombreux domaines, que ce soit au niveau de la langue, de la culture, de la santé, de l'immigration et des régions désignées.
Notre gouvernement a aussi procédé à des investissements majeurs dans le système d'éducation de langue française dont la réputation d'excellence fait honneur à l'Ontario à travers le monde. De plus, la création du Commissariat aux services en français offre maintenant aux Franco-Ontariens et aux Franco-Ontariennes une ressource inébranlable vouée à la protection de leurs droits.
C'est avec fierté que je souligne aussi la relation historique, actuelle et très unique entre l'Ontario et le Québec et les efforts entrepris au cours de ces deux dernières années afin de maximiser le potentiel économique des deux plus grands partenaires commerciaux au sein du Canada. Cette union des forces et ce grand désir commun d'instituer un partenariat, solide et à long terme, laisse entrevoir de grandes percées et des retombées positives pour un territoire qui représente 60% du marché canadien.
Nous croyons fortement que ce rapprochement mutuel servira de moteur pour assurer l'avenir des francophones hors-Québec et ceux vivant en régions éloignées. Pour ce qui est d'un exil volontaire au Québec, j'admets volontiers adorer y séjourner. Mais ma place, notre place, est bel et bien en Ontario.