Donald Barabé

Le français à l’ère de la mondialité

Qu’on le veuille ou non, le monde se mondialise. Loin d’être un phénomène récent, la mondialisation est un processus qui s’est amorcé à l’aube de l’humanité.

Trois événements marquants des dernières décennies l’ont rendue définitive : la chute du mur de Berlin en 1989, qui a mis fin à la Guerre froide; la création de Netscape en 1994, qui, grâce à son navigateur, a été la première entreprise d’informatique à mettre l’internet à la disposition du commun des mortels; et l’attentat terroriste du 11 septembre 2001, par lequel, pour l’une des rares fois dans l’histoire, le Sud a attaqué le Nord.

Tout comme la modernisation, suscitée par la révolution industrielle, a débouché sur la modernité, la mondialisation, alimentée par la révolution numérique, nous fait entrer dans la mondialité, phénomène qui ne laisse personne indifférent et qui tend même à polariser. Ainsi, aux yeux des uns, elle signifie échanges entre les nations, ouverture sur le monde, liberté des forces du marché, progrès humain universel. Aux yeux des autres, elle est plutôt synonyme de capitalisme effréné, de profits instantanés et de triomphe des inégalités.

Quoi qu’il en soit, la mondialité n’échappe pas à la troisième loi de Newton, qui veut que toute action entraîne une réaction opposée de force égale. C’est ainsi qu’elle pousse les cultures locales à s’affirmer davantage, les peuples partageant tous le souci de préserver leur identité culturelle et linguistique. À preuve, la quarantaine de pays qui se sont créés depuis la chute du mur de Berlin.

La mondialité entraîne son lot de répercussions, qui ne sont pas seulement d’ordre social et économique, mais qui touchent aussi l’ensemble des langues du monde et en modifient l’évolution. En même temps qu’à un rééquilibrage des forces économiques, nous assistons à un réalignement des forces linguistiques mondiales. Ce réalignement influe forcément sur la langue française, son évolution et sa place dans le monde.

Ma conférence portera sur les défis auxquels la langue française est confrontée au Canada comme ailleurs – par exemple, le nombre de francophones dans le monde pourrait passer sous la barre des 200 millions d’ici 2050 si rien n’est fait. J’évoquerai également les possibilités qui s’offriront à elle et à ses locuteurs dans les décennies à venir, sachant que le nombre de francophones pourrait atteindre près de 800 millions d’ici 2050 si certaines mesures sont prises.

La conférence, « Le français à l’ère de la mondialité », aura lieu le 21 février à 19 h 30 à la Maison du Citoyen, salle Jean-Despréz, dans le cadre des Grandes conférences de l’Outaouais. Information : www.gatineaumonde.com

L'auteur est Donald Barabé, vice-président aux Services professionnels Bureau de la traduction du Gouvernement du Canada.