Les Franco-Ontariens sont descendus dans la rue le 1er décembre pour faire valoir leurs droits.

Le cri du coeur des Franco-Ontariens

Oui, c’est vrai; c’est dans l’ADN des Franco-Ontariens de se battre pour sauvegarder notre langue et notre culture. Nous sommes des citoyens de langue française dans une province majoritairement de langue anglaise. Nous devons donc constamment nous battre pour préserver les droits linguistiques acquis par nos ancêtres.

Il est vrai qu’il y a des minorités en Ontario avec une population plus grande que celle du peuple francophone. Cependant, le Canada doit son existence grâce à une entente entre Sir John A. Macdonald et Georges-Étienne Cartier. Il s’agit donc d’un accord entre les francophones et les anglophones, deux peuples fondateurs. Voilà pourquoi cela différencie les francophones des autres minorités de l’Ontario et du Canada.

En 1912, le gouvernement de l’Ontario lança une directive limitant l’éducation en langue française. En fait, le règlement XVII interdisait l’usage du français «comme langue d’enseignement et de communication» dans les écoles bilingues des réseaux publics et séparés. Les sœurs Béatrice et Diane Desloges, enseignantes à l’école Guigues, ont joué un rôle clé pour protester contre cette injustice. Le gouvernement a même révoqué leurs brevets d’enseignement en 1916. Les institutrices ont continué à donner des cours dans des classes clandestines. Lorsque les policiers sont arrivés pour les arrêter, une foule de plus de 1000 Franco-Ontariens, en grande majorité des mères de famille ont sorti leurs épingles à chapeaux pour protéger les deux sœurs. Ce n’est qu’en 1927 que les écoles bilingues ont été officiellement reconnues. C’est alors que le règlement XVII a finalement été invalidé.

En février 1997, l’hôpital Montfort est entré dans l’histoire. Le gouvernement de Mike Harris et la Commission de restructuration des services de santé de l’Ontario ont recommandé la fermeture de cet hôpital. Le mouvement SOS Montfort a été créé pour sauver l’hôpital de la fermeture. Mais, en décembre 2001 les francophones ont déclaré victoire, car la Cour d’appel de l’Ontario a rendu une décision unanime et sans équivoque. Après quatre années de batailles et de revendications SOS Montfort et les francophones ont encore une fois gagné.

On continue toujours de se battre contre une sérieuse assimilation en Ontario. Il est difficile d’obtenir des services en français. Cependant, les Franco-Ontariens essaient quand même de sauvegarder leur langue et leur culture. Et cela ne devrait jamais être remis en question.

On avance d’un pas, mais on recule de deux. Et voici qu’un Doug Ford et ses conservateurs, avec une majorité, décident d’attaquer encore une fois le peuple francophone. C’est vrai qu’il y a des citoyens qui suivent aveuglément le premier ministre, mais il ne faut pas oublier que plusieurs anglophones sont contre ces attaques anti-francophones. La cause est certainement importante, car le réputé journal Ottawa Citizen a cru bon de traduire leur éditorial du 1er décembre pour faire savoir leur désaccord.

Malgré les manifestations monstres un peu partout au Canada, la controversée loi 57 qui inclut des coupes dans les services en français en Ontario a été adoptée le 6 décembre 2018 à Queen’s Park. Il faut réaliser qu’il y a des conséquences quand on vote pour un gouvernement comme celui de Doug Ford. On a perdu une bataille, toute fois nous n’avons pas encore perdu la guerre. Je suis certain que cette chicane va aboutir devant les tribunaux. On va encore une fois gagner, mais ça peut prendre des années!

L'auteur du texte est Norbert Boudreau de Nepean.