Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Le chant du cygne pour Action Gatineau?

OPINION / Fruit d’une démarche de nombreux citoyens et citoyennes de Gatineau, Action Gatineau proposait un programme stimulant qui favorisait une plus grande participation à la vie municipale. Les citoyens s’attendent donc à ce que le maire de Gatineau affirme son leadership dans le dossier du Bureau de l’ombudsman (BOG), qu’il lui donne rapidement les moyens nécessaires à l’exécution de son mandat et qu’il accepte allègrement que les avis puissent, à l’occasion, critiquer l’administration et que le BOG ait un préjugé favorable aux citoyens.

Un rapport vague à souhait sur le fonctionnement du BOG, réalisé sous la responsabilité de la haute fonction publique peu impartiale car impliquée directement dans le litige, suscite de malheureux débats qui comportent un agenda caché. Le temps, peu justifié, à produire ce rapport, est, en soit, une façon de déstabiliser le fonctionnement du BOG.

Le Bureau de l’ombudsman est une institution d’intérêt public qui permet aux citoyens de soumettre à son examen, des problèmes litigieux qui ne trouvent pas de solutions adéquates à la Ville de Gatineau. Le BOG, qui regroupe des commissaires bénévoles, sans conflit d’intérêt, d’expériences diversifiées et nommés par le Conseil, permet d’obtenir des avis ou des recommandations sur des problèmes rencontrés par des citoyens. Le temps pris à régler certains problèmes peut aussi causer des préjudices aux citoyens.

Depuis le passage du maire Bureau, les ressources humaines et matérielles ont été minimales et la volonté de mettre le BOG en tutelle est évidente car l’administration semble vouloir tout contrôler et être indisposée de voir un tiers intervenir dans ce qu’elle considère comme sa cour exclusive. Toute initiative, tentative de médiation, remarque ou recommandation du BOG l’afflige. On préfère les processus judiciaires à la médiation pour résoudre les conflits. De toute évidence, on tente présentement, en affirmant le contraire, de réduire le BOG aux dossiers mineurs, à y mettre fin ou à le réduire à une existence purement symbolique. Il faut espérer que ce ne sera pas un legs d’Action Gatineau ni son chant du cygne.

Denis Carrier, ex-commissaire au BOG, consultant en communication et résolution de conflits