Le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy.

Le cas de Logemen'Occupe me préoccupe...

J'ai fait du bénévolat depuis mon jeune âge au sein de causes liées aux femmes monoparentales et aux femmes immigrantes. J'admirais le travail de l'organisme Logemen'Occupe, donnant sans hésitation ses coordonnées à des femmes en recherche d'un logement décent. Dans les milieux où je bossais comme bénévole, nous étions unanimes: cet organisme et son coordonnateur François Roy avaient la détermination nécessaire pour entreprendre des actions justes et teintées autant de succès que de gros bon sens.
Le gros bon sens... À croire qu'il est mort, celui-là. Oui, on peut croire que la source du gros bon sens est complètement tarie lorsqu'on apprend qu'un organisme tel que Logemen'Occupe est à l'agonie. Je ne ferai pas la liste des projets mis sur pied et défendus sans relâche par Logemen'Occupe; vous pouvez vous en informer. Je veux seulement souligner que plusieurs de ces projets ont connu et connaissent un taux de succès que certains organismes mieux subventionnés devraient envier.
Je vais aussi vous parler d'indignation, d'injustice, d'une erreur grossière dont nous devrons répondre. Je me donne le droit de parler pour «nous», c'est-à-dire pour certains citoyens et citoyennes de Gatineau, stigmatisés par l'exclusion sociale en raison d'un non-statut ou de la non-reconnaissance du droit à un statut quelconque. Oh, bien sûr, on a des étiquettes: handicapés, invalides, décrocheurs, «malade mental», «B.S»., et d'autres que je tairai, par décence... Toutes étiquettes confondues, nous étions et sommes encore privés de la santé ou de l'énergie nécessaires pour faire valoir nos droits et nos besoins en matière de logement salubre et logement social. Rassurés que Logemen'Occupe se fasse un ardent défenseur de ces droits et ces besoins, nous sommes maintenant inquiets et choqués.
Comment se fait-il qu'un organisme comme celui-ci, dont les réalisations ont eu et ont toujours des conséquences significatives et directes auprès de centaines de personnes et familles itinérantes ou à risque de le devenir, et dont la contribution au niveau de la lutte et la promotion du logement social et communautaire est soutenue sans relâche depuis des années, soit menacé d'extinction?
Organisme sous-financé, on apprend maintenant qu'il devra affronter une coupure importante de 20000$ sur une enveloppe de près de 30000$ qu'il recevait de Service Canada via le Programme SPLI. Sous prétexte que l'organisme n'offre pas de service direct aux personnes et familles aux prises avec l'itinérance!!! Qui diantre a décrété cette ânerie? Une petite visite ou deux sur le terrain, suivant pas à pas le coordonnateur et la clientèle de Logemen'Occupe, aurait suffi à noyer dans l'oeuf cette absurdité...
Une perte importante
Peut-on se permettre de perdre les services offerts par Logemen'Occupe dans notre région? NON. À moins qu'on ait découvert récemment que la pauvreté est abolie, que la population ne vieillit plus, que tous les itinérants ont maintenant un toit et n'ont plus besoin de soutien à la réintégration sociale, qu'un remède miraculeux pour guérir tous les problèmes de santé mentale et tous les problèmes sociaux vient d'être inventé...
Avec une politique récente qui clame que faciliter l'accès à un logement constitue un enjeu central, c'est impossible, imprudent, voire inconscient, de se priver d'un organisme comme Logemen'Occupe, qui défend justement depuis belle lurette ces enjeux qui sont sa raison d'être. La main droite qui ignore ce que la main gauche fait, c'en est assez! Il faut nous serrer les coudes et s'assurer de conserver Logemen'Occupe, son coordonnateur et toute l'expertise développée au cours de luttes couronnées par des projets de logement communautaire et social réussis.