Selon les auteurs de cette lettre, « 368 logements sur ce terrain, c’est trop ».

Le Bloome, absolument dans notre cour

OPINION / Le chroniqueur Patrick Duquette a publié un texte sur l’affaire Bloome («Un affreux terrain vague», Le Droit, 14 juin). Selon lui, les opposants au projet ont le syndrome du «pas dans ma cour». Il n’en est rien.

Depuis le début, l’entrepreneur Kevlar a décidé d’agir seul. Il a commencé par bâtir une structure sans les permis nécessaires. La Ville de Gatineau l’a forcé à démolir. Puis il a soumis un projet de trois tours de 11, 17 et 30 étages alors que le zonage ne permet que 10 étages. Alors qu’il savait que la question de la hauteur des immeubles pouvait être légalement soumise à un référendum, il n’a jamais informé ni consulté les voisins qui seraient affectés à part une séance convoquée par Gatineau lors de laquelle un représentant de Kevlar a indiqué que le projet devait être approuvé sans modification sinon il ne bâtirait pas. 

Le promoteur aurait pu demander à rencontrer les résidents de l’édifice Blackburn avant le dépôt de la demande d’ouverture du registre puisque lors de l’assemblée de consultation du 7 mai, il s’est rendu compte qu’il y aurait de l’opposition à son projet. Son intransigeance n’a fait que multiplier les oppositions.

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Un affreux terrain vague

Le projet immobilier Bloome en danger

La séance de «consultation» organisée par la Ville de Gatineau a eu lieu le 7 mai alors que le Comité consultatif d’urbanisme s’était prononcé en faveur du projet le 18 mars. Le conseiller du quartier, Cédric Tessier, avait fait de même toujours sans consulter les zones avoisinantes.

L’entrepreneur prétend que les opposants à son projet le font pour que leur vue de la fontaine du casino ne soit pas bloquée. Cela est inexact et insultant de faire reposer l’opposition à ce projet sur une blague faite lors de la consultation publique.

Les opposants — et pas seulement ceux du Blackburn — croient que bâtir trois tours pour un total de 368 appartements et condos causera des problèmes importants de circulation dans les rues étroites entourant ce projet. Il y aura également un problème pour le stationnement des résidents de ces tours ou de leurs visiteurs. Le tout causant un risque accru à la sécurité. Il est à noter que ce projet va de l’avant sans étude d’impact sur la circulation.

Faire porter le blâme à ceux qui s’opposent légalement au projet plutôt qu’à ceux qui désirent construire sans respecter les règlements municipaux est injuste.

On a beau être pour la densification des zones urbaines, 368 logements sur ce terrain, c’est trop.

L’opposition légitime à la hauteur des bâtiments en découle.

Les auteurs sont Monique Bourgon, Pierrette Dupont-Rousse, Pierre-André Laporte, tous résidants de l’édifice Blackburn, à Gatineau.

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Train versus Rapibus

Après plusieurs années, le Rapibus n’est pas encore complété et il sera difficile de l’arrimer avec le train d’Ottawa, puisqu’on ne veut plus voir les autobus de la STO à Ottawa. Et maintenant, on parle d’un train pour l’ouest de Gatineau. 

Avant d’aller plus loin avec des études à n’en plus finir, pourquoi ne pas corriger les erreurs du début: détournons le Rapibus à l’ouest de Gatineau, et optons pour le train vers l’est. Tout est en place, la voie ferrée d’Ottawa à Masson-Buckingham (avec possibilité jusqu’à Montebello) utilisant les stations actuelles du Rapibus, aussi vers le Mont-Bleu. Tout est en place. Il ne manque que les trains et l’électrification de la voie. 

En plus, il serait possible de s’arrimer avec le train d’Ottawa.   

Jacques Valiquette, Gatineau

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Il faut un Réseau électrique canadien

OPINION / La réalisation de ce projet de réseau transport haute-tension national est discutée depuis possiblement une quarantaine d’années, notamment par l’Institut C. D. Howe, l’Institut Fraser et autres. L’énergie électrique étant de juridiction provinciale, il semble cependant impensable de réussir à former une équipe avec nos premiers ministres.

Pourtant, un tel réseau permettrait notamment pour Hydro-Québec de cesser de vendre à nos voisins du sud, à un prix dérisoire, de l’énergie dont le coût de production est souvent de deux à trois fois plus élevé dans les provinces voisines. Rappelons qu’à l’automne 2017, l’Institut Fraser estimait que l’Ontario avait perdu récemment 70 000 emplois à cause du coût élevé de l’électricité. C’est avec notre propre énergie que les États-Unis déplacent nos usines chez eux !

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Mieux mourir jusqu’à la fin

OPINION / Vous, les membres et les collaborateurs de l’Association canadienne de soins palliatifs tiendrez votre congrès annuel à Ottawa jusqu’au 21 septembre. Votre thème : «Miser sur le partenariat vers une vision commune». Et en ajout «Bien vivre jusqu’à la toute fin». Ce qui est bien.

Cependant, si on tient compte de l’actualité, notamment le jugement de la juge Baudoin dans le dossier Gladu-Truchon, et de l’énorme évolution de notre société, je vous propose mieux, beaucoup mieux. Voici.

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Le respect des francophones

Une candidate conservatrice à l’élection fédérale, Justina MacCaffrey, s’excuse d’avoir tenu des propos francophobes. « J’ai grandi à Saint-Boniface, au Manitoba, et je respecte profondément les deux langues officielles. » Quand on connaît les luttes de tous les instants menées par les Franco-Manitobains pour la survie de leur langue et l’hostilité à l’égard du fait français de la part de la population anglophone avoisinante, le fait d’être née à Saint-Boniface n’est pas d’aucune façon, pour une représentante de cette majorité, une garantie de son respect envers les francophones du pays. Au contraire, serais-je tenté de dire dans certains cas,

Roch-André LeBlanc, Ottawa

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Les retraités fédéraux veulent des engagements

OPINION / La population canadienne vieillit. Selon le dernier recensement, les aînés sont plus nombreux que les jeunes. Et les aînés votent. Lors des dernières élections fédérales, plus de 70 % des électeurs de 55 ans et plus ont voté.

Pour cette élection fédérale, l’Association nationale des retraités fédéraux a défini quatre priorités qui sont importantes pour nos membres, tous les aînés canadiens et leurs familles.

Chronique

Un «mystère Legault»?

CHRONIQUE / On connaissait déjà à peu près les positions des chefs des partis fédéraux avant même que François Legault leur adresse ses demandes «prioritaires». Ce qu’on ne sait toujours pas, c’est ce que lui ferait en cas d’échec avéré sur ce front politique.

Le premier ministre du Québec a placé la barre de ses attentes plus en haut qu’en bas. Pas à la même hauteur que ce que promettait le document Nouveau projet pour les nationalistes du Québec produit par la Coalition avenir Québec en 2015, mais pas mal plus haut que ce que peuvent ou veulent accorder les partis fédéraux.

Les fins de non-recevoir des chefs fédéraux portent soit sur l’ensemble des demandes présentées par M. Legault — c’est le cas pour Justin Trudeau —, soit sur plusieurs ou quelques-unes d’entre elles. C’est vrai pour ses exigences en immigration, en matière de signes religieux, en ce qui a trait à l’élargissement de la loi 101 aux entreprises sous juridiction fédérale, à la déclaration de revenus unique, à l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser ou au fait que le Québec doive avoir le dernier mot en matière d’évaluation environnementale.

Le succès de M. Legault dans l’opinion publique québécoise doit beaucoup à sa casquette de capitaine Québec qu’il s’est vissée sur la tête depuis son arrivée au pouvoir. Il n’allait pas et ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin.

Il sait qu’il ne perd jamais de points en jouant à fond la carte «nationaliste». Elle parvient même parfois à masquer ou à faire oublier d’autres décisions de son gouvernement. C’est gagnant-gagnant pour lui.

De Scheer à Trudeau

En présentant ses demandes, François Legault a insisté sur le fait que le Québec «forme une nation distincte et libre de faire ses choix», paraphrasant une phrase demeurée célèbre de Robert Bourassa — tout en ajoutant les mots suivants : «dans tous les domaines liés à son existence». Il a aussi tenu à dire aux chefs fédéraux que son gouvernement «est de bonne foi», qu’il «veut participer pleinement à la fédération canadienne»; mais qu’un «vrai partenariat, ça commence par le respect mutuel».

Pour l’heure, l’élection des conservateurs d’Andrew Scheer permettrait sans doute plus que celle de tout autre chef fédéral de tendre vers le concept de «nation distincte» qu’il promeut. Mais «tendre» ne veut pas dire «atteindre». Pensons seulement ici à l’oléoduc de M. Scheer. M. Legault demeurera évidemment opposé à un coup de force d’Ottawa.

La réélection de Justin Trudeau, elle, permettrait beaucoup moins de tendre vers le fédéralisme imaginé par M. Legault que l’élection d’un autre chef fédéral. Or, M. Trudeau, qui domine dans les intentions de vote au Québec, pourrait très bien former un deuxième gouvernement cet automne, d’après les enquêtes d’opinion.

Pas une option...

François Legault remporterait un très gros pari en pouvant dire un jour que le rapport de forces qu’il détient est parvenu à faire accepter par Ottawa et les autres provinces la nouvelle donne québécoise qu’il promeut. Peut-être en serait-il le premier surpris.

Mais pour l’heure, rien ne permet de croire qu’il remportera ce pari. Voilà pourquoi, au-delà des réponses qu’il a déjà reçues jusqu’ici, il manque quelque chose. Il manque la réponse à une question qui pourrait lui être adressée. Que ferait-il lui-même en cas d’échec sur ce vaste front?

Un responsable politique ne répond pas à des questions comme celle-là. Pour un premier ministre, l’échec ne doit pas être une option. C’est vrai.

François Legault fait même valoir qu’il a bon espoir d’être entendu à un moment ou l’autre. Or, l’échec est très possible sur ce terrain.

Puisque le premier ministre est très sensible à l’«opinion publique», ce n’est pas en fait, au fond, un «mystère Legault» qui existe. C’est un mystère quant à la suite des choses; quant à la situation politique qui pourrait naître dans quelques années en cas de refus répétés concernant des morceaux importants de la gouvernance autonomiste du gouvernement Legault.

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Merci au Droit !

Un petit mot, en mon nom et en celui des Éditions David, pour exprimer tout notre appui dans les turbulences qui secouent présentement le journal Le Droit. Cela fait 25 ans que notre maison d’édition existe et nous avons toujours pu compter sur une belle couverture dans Le Droit. Nous y avons aussi, à l’occasion, placé de la publicité. Enfin, nous avons eu le plaisir de collaborer plusieurs fois avec des membres de votre équipe éditoriale.

S’il fallait un geste plus concret, nous serions certainement prêts à nous associer d’une façon ou d’une autre à une action de solidarité pour la défense du journal.

Marc Haentjens, Directeur général, Les Éditions David, Ottawa

***

Journal de qualité

Nous désirons remercier l’éditeur Pierre-Paul Noreau ainsi que toute l’équipe du Droit pour les efforts que vous déployez quotidiennement pour nous offrir un journal des plus intéressant. 

Nous sommes pris au dépourvu lorsque le journal retarde le matin ou n’a pas été remis, car nous sommes des retraités et que sa lecture et ses jeux font partie de notre bonheur de personnes âgées. Ma mère qui est décédée à 103 ans est demeurée abonnée jusqu’à l’âge de 100 ans et nous l’avons été depuis une cinquantaine d’années.

Félicitations pour ce journal de qualité et qu’il poursuive son existence encore longtemps !

Suzanne Berthiaume-Dorion et André E. Dorion, Gatineau

***

À l’urgence

Mon chum est allé à l’urgence dimanche, car notre fils avait de l’enflure au visage. On le retourne en disant d’aller voir son médecin. Mardi, la clinique a appelé pour un rendez-vous le jour même. Ça ne me surprend pas qu’ils perdent des patients à l’hôpital ! Si cette enflure avait empiré, il serait trop tard. Bravo à l’hôpital de Hull !

Paule Garneau, Gatineau

***

Comme le métro !

Je compare le train léger d’Ottawa au métro de Montréal. Un très bon coup pour l’avenir du transport en commun dans la capitale.

Richard Lemieux, via Internet

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Un pont via l’île Kettle ? Pourquoi encore cette idée ?

Les correspondants Nicole Beauchamp (« Continue, Steven ! », Le Droit, 9 septembre), puis Claude Bastien (« Allons, construisons ! », 16 septembre) félicitent le député Steven MacKinnon pour son insistance à construire un pont passant par l’île Kettle, ajoutant même que « de multiples études environnementales ne faisaient état d’aucun résultat négatif à propos de ce lien ». Or, c’est faux !

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Allons, construisons!

Continue, Steven!

Les ingénieurs de la Commission de la capitale nationale ont mis eux-mêmes en évidence que Kettle était le plus mauvais des 12 corridors étudiés pour le total des critères environnementaux et sociaux ! Cela a été confirmé par l’ingénieur en chef Steve Taylor en séance publique à l’hôtel de ville d’Ottawa.

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Les 75 ans de l’ONU : l’humanité face à son destin

Après la Seconde Guerre mondiale et à l’aube de l’Ère nucléaire, les chefs de gouvernement comprenaient que les peuples avaient le choix entre coopérer ou périr. Ainsi, les dirigeants de notre planète se rencontrent à New York le 23 septembre pour faire le point sur l’Accord de Paris de 2015 devant limiter le réchauffement climatique, ce qui explique la présence de Greta Thunberg.

Puis, les 24 et 25 septembre, ils doivent relancer l’Agenda 2030, aussi de 2015, qui fixe 17 objectifs de développement durable (ODD) pour tous les pays, visant à mettre fin à la pauvreté et à créer une prospérité partagée sur une planète en paix et en bonne santé. Ces accords représentent un immense espoir pour les populations souffrant de la pauvreté et des inégalités croissantes, des conflits, et des catastrophes environnementales et humanitaires.

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Allons, construisons !

Il n’y a aucun doute qu’il faut admirer Steven MacKinnon pour réanimer ce projet d’un sixième pont qui ferait un lien entre la montée Paiement à Gatineau et le boulevard Saint-Laurent à Ottawa. 

Je suis arrivé à Ottawa en 1972 et on parlait déjà de la construction de ce pont en passant par l’île Kettle. Il y a eu depuis ce temps de multiples études environnementales qui ne faisaient état d’aucun résultat négatif à propos de ce lien. Il faut aussi mentionner que les deux conseils municipaux ont déjà donné, il y a quelques années, leur vote à l’unanimité en faveur de la construction de ce pont.

Il faut donc entreprendre aussitôt que possible les travaux. 

Claude Bastien, Gatineau

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La transparence

Il faut faire attention lorsque l’on se compare aux autres villes ou encore quand elles se comparent à nous. Gatineau est un exemple au niveau de sa transparence dans l’étude du budget qui se fait en grande partie en public. Lorsque les huis clos refont régulièrement surface à Gatineau, ce qui ne semble pas être le cas des autres villes, c’est que nous avons reculé depuis cinq ans tandis que plusieurs villes avancent. 

Notons le cas de la Ville de Saguenay, depuis l’élection de la nouvelle mairesse.

Lorsque je me fais comparer par des villes qui n’ont pratiquement aucune réunion publique, c’est certain qu’à leurs yeux nous sommes les champions. Gatineau, sous la gouverne des anciens maires, avait fait de grands pas vers une meilleure transparence, mais la réalité est toute autre aujourd’hui. Depuis l’élection de Maxime Pedneaud-Jobin, nous avons reculé. Un nouveau modèle de gouvernance a été adopté et nous avons modifié le terme « huis clos » pour un terme plus vendeur soit « réunion de travail à porte close ». Nous avons de moins en moins de rencontres publiques. Des résolutions sans présentation publique se retrouvent parmi un ensemble de résolutions à adopter sans explications et débat, et le dossier déneigement en est un bel exemple. 

Les prochains mois viendront confirmer mes propos. Gatineau devrait s’inspirer des meilleurs et non se comparer à ceux qui doivent s’améliorer.

Louise Boudrias, conseillère municipale, Gatineau


Les vêtements parlent

Retraitée de l’enseignement, permettez-moi de vous dire mon désaccord avec l’éditorial « Laïcité : la paix jusqu’au 22... » (Le Droit, 13 septembre). Les enseignants font figure d’autorité et influencent les étudiants. Nos vêtements tout comme notre comportement parlent. J’ai vécu l’autorité des religieuses avec leur costume et leur croix. 

Même pour travailler chez McDonald on doit porter des vêtements qui parlent. Par le costume et la cravate sur la photo de l’éditorialiste Pierre Jury, il en impose à ses lecteurs. 

Il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir.

Jeannelle La Casse, Gatineau

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Qui peut sauver la planète?

OPINION / Les bouleversements climatiques commencent à attirer l’attention qu’ils méritent. Enfin! Après des années de relégations au xème rang des priorités, ils font désormais partie de nos préoccupations principales.

Je dis « enfin » mais il n’y a rien de réjouissant ici. Les gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère. L’effet de serre emprisonne la chaleur. La planète se réchauffe. Les glaciers fondent. La chaleur supplémentaire alimente ouragans, incendies de forêts et canicules. Les scientifiques sonnent l’alarme depuis longtemps. Et la réalité a trop souvent dépassé leurs prédictions les plus pessimistes.

J’espère tellement qu’ils ont fait des erreurs de calculs, ces scientifiques. J’espère tellement qu’ils surestiment les dégâts et leurs conséquences. J’espère tellement avoir eu tort, moi qui depuis des années croit dans les bouleversements climatiques, et dans leurs conséquences potentiellement apocalyptiques. J’y crois surtout, il faut le dire, parce que j’ai confiance dans le travail scientifique rigoureux qui, études après études, confirme la même réalité. J’y crois donc même si j’espère avoir tort. Je n’y crois pas par goût du fatalisme, j’y crois par gros bon sens… et sens des responsabilités.

Donc, tant mieux si assez de consciences se sont éveillées pour mettre enfin cet enjeu au cœur de nos préoccupations. Les pratiques changent aussi, tranquillement. Minimalisme, simplicité volontaire, zéro déchet, locavorisme, véganisme, électrification, critique du plastique… Plusieurs citoyens changent leurs habitudes.

Mais la question revient constamment. Est-ce assez? Peut-on sauver la planète… une paille à la fois? D’autant plus que, malgré ces changements, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, au Canada comme pour l’ensemble de la planète. Il faut bien se réjouir des petites victoires mais, au final, nous n’en faisons pas assez.

Face à cette réalité, j’en viens à la conclusion (évidente) que le Canadien moyen ne peut, à lui seul, sauver la planète. Ce sont les actions collectives qui émettent les GES, qu’elles soient comprises comme des actions individuelles cumulées ou des actions qui dépassent la capacité d’un seul individu.

À mon avis, la solution passe par nos institutions. Une institution est un ensemble de règles et de conventions qui guident les actions individuelles. Ces règles et conventions sont des constructions sociales, plus ou moins formelles, plus ou moins consensuelles. Comme ce sont des constructions sociales, on peut les changer. Et il faut en changer plusieurs. Nombreuses sont les institutions qui encouragent les mauvais choix individuels.

Comme les fast food chez qui, au nom de la rapidité, les employés sont des automates qui répètent très efficacement les mêmes gestes. Ce qui fait en sort que lorsque je demande de la vaisselle réutilisable, il y a de fortes chances que j’aboutisse quand même avec des plastiques à usage unique. Et c’est sans parler de la très faible possibilité de composter les déchets organiques dans la plupart des restaurants, pourtant de très grands générateurs de déchets de cette nature et ce, dans une municipalité qui offre la collecte du compost depuis déjà plusieurs années. Je voudrais réduire mon empreinte, mais les restaurants ne me le permettent pas.

Restauration rapide, obsolescence programmée, suremballage… nos institutions commerciales créent des conditions qui nuisent à l’adoption de pratiques vertes.

Autre exemple : nos villes. Pensées et aménagées par et pour l’automobile, elles ne sont pas propices à des choix de vie qui privilégieraient les transports actifs ou collectifs. Je préférerais définitivement me passer de ma voiture, pouvoir compter sur un système de transport en commun à haute vitesse et marcher pour faire toutes mes courses. Mais mon environnement urbain ne me le permet pas.

Les institutions régissent aussi nos milieux de travail. Et ici, il semble que la logique de la productivité est systématiquement considérée supérieure aux considérations environnementales. On nous paie, alors il faut livrer la marchandise. On a un loyer ou une hypothèque à payer, il faut montrer patte blanche. Cette logique implacable s’applique même aux emplois gouvernementaux, là où le profit ne devrait pas être une fin en soi.

Conséquence : on commande et jette du matériel sans trop réfléchir. On sur-chauffe, sur-climatise ou sur-éclaire des édifices. Mais surtout, on ne réfléchit pas à notre empreinte environnementale comme on peut le faire à la maison. On ne laisse pas notre conscience environnementale peser sur nos comportements et nos décisions comme on le ferait à la maison… Ce serait inapproprié… ça nuirait à l’efficacité… Ça ne serait pas bien vu…

C’est ce qui fait en sorte que les employés d’Environnement et changements climatiques Canada qui travaillent à la Place Vincent Massey ne peuvent composter leurs déchets organiques à leur lieu de travail. Oui, les employé d’Environnement et changements climatiques Canada ne peuvent composter! Cet exemple est, il me semble, fortement symbolique. Les employés de ce ministère travaillent constamment sur les questions environnementales. Ils y sont sensibles. Je sais que la plupart de ces employés souhaiterait composter au travail… mais c’est compliqué, il faudrait un autre comité pour négocier avec les sous-contractants, dans un contexte le surmenage est monnaie courante. Bref, même chez Environnement et Changements climatiques Canada, la productivité attendue au travail prime sur l’adaptation de nos comportements quotidiens.

Je travaille à l’Université du Québec en Outaouais. Il y a à peine deux ans, j’aurais aussi été dans l’impossibilité de composter sur mon lieu de travail. Nous étions plusieurs à s’indigner. Et nous avons entrepris des démarches. Toute la communauté nous a supporté si bien que le compost est non seulement récupéré, mais l’UQO a engagé une coordinatrice au développement durable à temps plein et que celles-ci coordonne désormais la gestion de déchets spécifiques (batteries, crayons, restes de traiteurs, etc.) en plus d’organiser des activités de sensibilisation et de réflexion sur notre empreinte institutionnelle. Ainsi, tous les nombreux membres de notre communauté pour composter mais, en plus, ils améliorent leurs pratiques environnementales, au travail comme à la maison. Cette initiative a eu un effet très structurant à l’UQO qui entame sa transition verte avec enthousiasme.

Tout ça pour dire qu’il est possible de faire avancer nos institutions. Tout ça pour dire que nous devons le faire. Tout ça pour dire que nous devons nous engager à le faire.

Nous, Canadiens, sommes les privilégiés, le meilleur pays au monde certains diront… Et, effectivement, nous avons atteint un niveau de confort matériel inégalé. Nous voyageons dans le Sud. Nous chauffons l’hiver et climatisons l’été. Nous nous baignons dans nos cours. Nous nous déplaçons seuls dans nos voitures. Nous rénovons nos cuisines. Nous mangeons des fruits exotiques…

Nous, Canadiens, sommes aussi de grands émetteurs de GES. Nous sommes parmi les plus grands émetteurs et nous sommes aussi ceux qui ont le plus de ressources et de connaissances pour faire la transition verte. C’est à nous de donner l’exemple.

C’est pour ça que je marcherai, le 27 septembre. Je marcherai au Parlement canadien, en pleine période électorale pour ajouter ma voix à celles et ceux qui considèrent que nous devons, collectivement, en faire davantage. Celles et ceux qui considèrent que le gouvernement canadien devrait en faire plus. Celles et ceux qui considèrent que les gestionnaires de nos institutions, que ce soit des élus, des gérants de commerce ou des chefs d’équipe prennent des décisions qui reflètent nos priorités. Celles et ceux qui s’attendent à ce que leurs milieux de vie et de travail leur permettent de réduire leur empreinte environnementale. Et nous sommes nombreux. Nous serons nombreux à la Colline parlementaire le 27 septembre…

L'auteur du texte est Mathieu Charron, professeur au département des sciences sociales à l'Université du Québec en Outaouais.

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Le Droit et les organismes communautaires en Outaouais

OPINION / Les membres du conseil d’administration et les employés de Moisson Outaouais, la banque alimentaire régionale, tenons à apporter notre appui indéfectible au quotidien Le Droit. Nous estimons que Le Droit est un outil essentiel permettant la visibilité et les communications entre notre clientèle, nos bénévoles, nos partenaires et la population de notre grande région.

À titre de seul quotidien francophone de la région de Gatineau-Ottawa, Le Droit apporte un éclairage indispensable aux événements qui nous touchent tous directement au quotidien.

De plus, puisque les personnes qui bénéficient des denrées et des services que nous offrons sont parmi les plus démunies, elles n’utilisent que peu ou pas les médias électroniques et sociaux. Ces personnes étant déjà en retrait d’une population branchée, le moyen privilégié de se garder informées et ainsi de pouvoir participer activement à la vie de notre communauté est de lire les journaux régionaux.

Nous considérons que si notre journal régional devait disparaître, cela accentuerait la marginalisation de cette partie de la population plus vulnérable. Nous souhaitons le maintien de cette source d’informations locales, considérant qu’il s’agit, en quelque sorte, d’un service essentiel pour une grande partie des la population bénéficiant des activités des organismes communautaires.

En d’autres termes, « Nous avons TOUS droit au Droit ! »

Longue vie à notre journal régional !

L'auteur du texte est Luc Bégin, président, Moisson Outaouais.

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L’avenir du journal Le Droit: à la défense d’un défenseur

OPINION / Le quotidien Le Droit à Ottawa est né d’une nécessité. C’était au début du XXe siècle. Le gouvernement de l’Ontario avait eu la fâcheuse idée d’interdire l’enseignement du français dans la province, avec le tristement célèbre Règlement 17. Le Droit s’érigeait lors en défenseur de la francophonie.

Au milieu des années 1990, il est remonté aux barricades pour dénoncer la fermeture annoncée de l’hôpital francophone Montfort par le gouvernement de Mike Harris. Son insistance combinée à la détermination des Franco-Ontariens a conduit la province à faire marche arrière.

Aujourd’hui, une autre lutte s’annonce pour ce quotidien engagé, non pas pour défendre le fait français, mais pour assurer sa propre survie. Le propriétaire, Groupe Capitales Médias, est enfoncé dans le rouge jusqu’à la noyade. Ce soldat de la francophonie doit trouver lui-même comment garder la tête hors de l’eau.

Il faut bien l’admettre, de sombres nuages planent sur les médias francophones au pays depuis plusieurs années.

On a perdu CKRP, la radio de Falher/Rivière-la-paix en Alberta. D’autres en arrachent comme on le dit familièrement : Plamondon, toujours en Alberta, Gravelbourg en Saskatchewan, Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest, Iqaluit au Nunavut et Pénétanguishene en Ontario. D’autres peinent à boucler les fins de mois en Nouvelle-Écosse. 

Presque tous les journaux ont du mal à maintenir leur espace rédactionnel, faute de pouvoir en payer l’impression.

En septembre 2015, L’Express d’Orléans à Ottawa abandonnait son édition papier. On se demandait alors si ce n’était pas le début d’une triste tendance. On a eu la réponse 16 mois plus tard. L’Express a quitté Internet en janvier 2017.

Plus que marchandise

Une lueur d’espoir a dissipé quelques nuages l’année dernière. Le ministère fédéral du Patrimoine canadien s’est engagé à financer des stages dans les journaux et radios en situation linguistique minoritaire. Un baume sur une plaie pour les radios et journaux qui ont survécu jusqu’à aujourd’hui.

L’Association de la presse francophone (APF) avait accueilli cette nouvelle avec optimisme. «Les médias communautaires doivent regarder vers l’avenir et nous savons que la formation de la relève est un élément clé pour assurer la vitalité de l’information locale dans toutes les régions du pays», avait dit à l’époque Francis Sonier, président de l’APF.

Cela dit, il n’y a pas là de quoi sortir Le Droit du bourbier. Il lui faudra de l’argent sonnant et trébuchant.

On dit souvent qu’un journal est à la fois entreprise et marchandise. C’est parce qu’il doit faire ses frais et des profits. Normal. Mais en démocratie, il est beaucoup plus que cela. Il informe et défend aussi. L’histoire du Droit le confirme. Ce quotidien n’a pas fait que de la nouvelle depuis sa naissance. Il a pris position sur des enjeux fondamentaux pour la francophonie. Il est un véritable intervenant qui a contribué à faire de sa société un monde plus égalitaire. 

Un journal, c’est aussi la manifestation et l’expression d’une culture et d’un peuple. 

J’étais en poste à CBKF, la radio de Radio-Canada en Saskatchewan. Des journaux lancés sans trop de manières trainaient sur une table : Globe and Mail, Star Phoenix, Leader Post. Les titres s’étalaient en anglais… Et puis tout à coup, j’ai aperçu un mot français qui dépassait : «vive». Je sors le journal de l’empilade. Il était le plus modeste de tous en taille. À mes yeux toutefois, il était le plus grand. Je venais de découvrir L’Eau vive. 

L’ouvrir, c’était comme entendre les échos de la langue française venus de l’immensité des vastes plaines de l’Ouest canadien sous le plus grand ciel qu’il m’avait été donné de voir. En même temps, ces pages me donnaient la certitude que des Fransaskois vivaient dans ce vaste univers et qu’il partageait ma culture et ma langue.

Souhaitons que Le Droit continue d’être l’expression de la communauté franco-ontarienne dans sa lutte et sa quête d’égalité, ainsi que la manifestation d’un peuple qu’il a informé et défendu depuis sa naissance. 

L'auteur du texte est Réjean Paulin de Francopresse.

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Bravo M. Legault !

Félicitations à François Legault qui se tient debout avec la loi sur la laïcité. Enfin un premier ministre qui tient ses promesses et n’a pas peur de ses convictions. 

Le projet de loi a été adopté en chambre, les Québécois sont en majorité d’accord, alors il reste aux autres premiers ministres de respecter ce que les Québécois ont décidé. Au fédéral, Justin Trudeau devrait y penser deux fois avant de s’ingérer négativement face à ce projet de loi. Ça pourrait lui coûter son élection !

Léonard Raby, Thurso


Pour un rapport d’impôt

Je suis d’accord pour établir un formulaire d’impôt unique pour les Québécois ; ça existe déjà dans toutes les autres provinces et ça fonctionne très bien. Là où je ne suis pas d’accord, par contre, c’est qu’il soit traité par le ministère du Revenu du Québec. L’Agence du revenu du Canada est déjà bien organisée pour traiter les rapports d’impôt provincial et fédéral ; alors, pourquoi réinventer la roue ? 

Oui à un formulaire d’impôt unique, mais administré par l’ARC.

Jacques Pouliot, Gatineau


Spectacle assourdissant

La présente missive est une doléance face aux spectacles aériens à l’aéroport de Gatineau, qui ont eu lieu en fin de semaine. De vendredi à dimanche, et même tard le soir, les avions passaient et repassaient avec leur vrombissement à basse altitude. Le bruit était infernal. Ont-ils seulement pensé aux résidents du secteur qui ont à tolérer cet enfer bruyant ? Au niveau environnemental, c’est une pollution atmosphérique et sonore qui mériterait d’être jaugée en décibel et en sécurité citoyenne et non monétaire. 

Cet été, nous sommes à notre deuxième spectacle. Le projet pour les années à venir est dans le collimateur. Pourquoi le présenter en zone urbaine au lieu de rural ? Mirabel a-t-il encore des pistes ? C’est un gros prix à payer comme citoyen de se faire polluer sans consultation ! 

J’ose dire tout haut ce que certains refoulent. On se serait cru en temps de guerre.

Rachel Roy, Gatineau

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Aux partisans des Ami.e.s du Château Laurier

OPINION / Un site du patrimoine est un lieu ou une structure, il est naturel ou il a été construit ou aménagé, il est reconnu comme revêtant une importance exceptionnelle et, par conséquent, il mérite une protection spéciale. L’hôtel Château Laurier est un tel site.

Le Château Laurier a été construit entre 1907 et 1912 là où se rencontrent la rivière des Outaouais et le canal Rideau, en face de ce qui était jadis une gare ferroviaire (aujourd’hui le Sénat), à côté de la colline du Parlement. Le Château Laurier est ainsi « la pièce maîtresse d’une capitale historique », comme l’a dit à juste titre le journaliste Stephen Maher. Selon Patrimoine Ottawa, il est « le deuxième édifice le plus important à Ottawa, après le Parlement ».

En 1907, le premier ministre Wilfrid Laurier est intervenu pour que le chemin de fer Grand Trunk (aujourd’hui la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada) et la Ville d’Ottawa s’entendent sur ce qu’une partie du parc Major’s Hill serve à la construction d’un élégant hôtel. Le style ludique et romantique du Château, avec ses tourelles et ses pignons, s’harmonise admirablement avec le style néogothique des édifices du Parlement, tout proches. Les architectes du Château ont réussi à honorer et mettre en valeur le motif architectural de la colline du Parlement, et leur exemple a mené à la réalisation d’un tout aussi impressionnant édifice de la Cour suprême, par Ernest Cormier. Ainsi, l’ensemble de la cité parlementaire présente un panorama harmonieux et grandiose. Pendant plus d’un siècle, au fil d’une variété de rénovations et d’ajouts au Château et aux autres édifices publics voisins, les gouvernements successifs ont protégé l’intégrité architecturale de cet environnement bâti. Jusqu’à présent.

En 2013, l’entreprise Larco Investments, propriété de la famille Lalji de Vancouver, a acheté le Château En 2016, elle propose de construire une annexe cubique de plusieurs étages pour remplacer le garage. Son architecture est complètement incompatible avec le style emblématique du Château et de ses environs. Peter Coffman, ancien président de la Société pour l’étude de l’architecture au Canada, a écrit : « L’annexe proposée est essentiellement une boîte : toute en lignes droites, angles droits et précision mathématique. Elle ne s’agence pas avec les formes de l’édifice original, ni ne s’associe à son esprit romantique. » 

La construction d’une annexe inappropriée et choquante à un édifice emblématique serait déjà bien assez déplorable en soi, mais en outre, elle gâcherait les points de vue depuis le parc Major, le canal Rideau et la rivière des Outaouais. M. Coffman conclut que « l’ajout masquera un élément indissociable d’un des tableaux architecturaux les plus spectaculaires et les plus admirés au pays. »

Le concept proposé, qui au mieux conviendrait pour un grand magasin dans un centre commercial linéaire, a été rejeté en masse par le public. Celui-ci s’est exprimé dans des milliers d’observations adressées au conseil municipal d’Ottawa. Pourtant en juillet 2019, à l’issue d’un vote serré (les conseillers des quartiers de l’ancienne ville d’Ottawa votant contre, et les conseillers des banlieues votant pour), le conseil municipal a approuvé l’annexe de Larco. Un porte-parole de Larco dira que l’opposition n’était « qu’une minorité bruyante ». Nous voulons ajouter nos voix à ce bruit.

La plupart d’entre nous ont eu le plaisir de travailler à Ottawa, certains sur la colline du Parlement et d’autres, comme membres de la communauté du patrimoine. Nous venons de partout au Canada et nous avons soutenu différents partis politiques. Nous avons travaillé pour différents gouvernements. Tous ceux de nous qui ont travaillé près de la colline du Parlement ont apprécié l’histoire auquel le Château est lié et ont été inspirés par le panorama dont il fait partie. Que ce soit en se rendant à pied de Gatineau à Ottawa par le pont Alexandria, en se détendant dans le parc Major après une dure journée de prise de décisions ou en emmenant des visiteurs par les écluses du canal Rideau, nous avons tous admiré les magnifiques points de vue autour du Château Laurier et nous avons tous été émerveillés par la vision de nos prédécesseurs. L’annexe proposée au Château n’est pas une question d’urbanisme local, mais une question patrimoniale d’importance nationale. Comme l’a écrit l’ancien député David Collenette, « la cité parlementaire se trouve peut-être dans la ville d’Ottawa, mais elle appartient à tous les Canadiens ».

Nous présentons ci-dessous une liste de mesures possibles afin d’éviter une tragédie potentielle pour le patrimoine. Une seule d’entre elles pourrait suffire. Patrimoine Ottawa assume l’initiative de l’action. En tant que supporteurs des Ami.e.s du Château Laurier de partout au pays, nous ferons tout ce que nous pouvons pour l’appuyer.

Aux propriétaires de Larco : Personne ne conteste votre droit de démolir un garage et de mettre votre propriété en valeur, mais il faut que vous le fassiez avec une architecture qui soit compatible avec l’édifice emblématique que vous avez acheté. Vous savez que l’opposition à votre concept est massive et qu’elle grandit. Écoutez cette effusion de sentiments, rencontrez ceux qui vous critiquent et proposez un concept architectural qui réalise le but de la compatibilité avec le patrimoine plutôt que d’en faire fi.

• Au Comité de dérogation de la Ville d’Ottawa : Larco demande une dérogation « mineure » pour mettre de côté la désignation patrimoniale qui s’applique au site du Château Laurier. La demande de Larco est loin d’être « mineure ». Elle ruine le style néo-français de l’hôtel et le caractère patrimonial des lieux. Vous savez qu’il n’y a rarement, voire jamais, eu autant d’opposition à la proposition d’un promoteur. Écoutez le public et rejetez la demande de Larco.

• Au gouvernement de l’Ontario : Comme le Château Laurier répond à tous les critères, désignez-le comme site du patrimoine provincial et ordonnez à Larco de cesser les travaux.

Au président et au conseil d’administration de la Commission de la capitale nationale : En 2008, la CCN a rédigé des lignes directrices sur l’aménagement urbain pour le Château Laurier. À l’évidence, le concept proposé par Larco n’en tient pas compte. La CCN est propriétaire du parc Major’s Hill. Comme le Château jouxte le parc, toute annexe doit être conçue en tenant compte de l’éclairage nocturne, de l’aménagement paysager et de l’accès du public. Exercez votre autorité à l’égard de ces questions, demandez que Larco prenne en compte le cadre historique du Château et travaillez avec l’entreprise pour en arriver à un concept qui le fasse.

À Parcs Canada : Il vous incombe de gérer le lieu historique national du canal Rideau et d’assurer son intégrité visuelle. L’annexe proposée du côté nord du Château ruinera à jamais le panorama à partir du canal. Vous devriez immédiatement entamer des négociations avec Larco pour que toute annexe présente une perspective visuelle captivante.

• Au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO : Vous avez désigné le canal Rideau comme site du patrimoine mondial. Écrivez aux gouvernements du Canada et de l’Ontario et à l’administration municipale d’Ottawa pour exprimer votre préoccupation quant à l’effet qu’aurait l’annexe proposée sur le cadre du canal. Soulevez la possibilité que si la proposition n’est pas modifiée, la désignation de site du patrimoine mondial pourrait être reconsidérée.

• À la ministre fédérale responsable des lieux historiques nationaux du Canada : En 1980, le Château Laurier a été désigné comme lieu historique national. À moins que Parcs Canada ne soit propriétaire d’un tel lieu, la désignation ne s’accompagne d’aucune protection de la loi. Le Canada est le seul pays du G8 qui ne prévoit pas un cadre législatif et des ressources suffisantes pour protéger son patrimoine. Cette situation doit changer pour que le gâchis qui se prépare au Château Laurier ne puisse plus jamais se reproduire. Des mesures législatives devraient être préparées pour qu’elles soient soumises au Parlement dès la première session suivant la prochaine élection.

Aux chefs des partis politiques fédéraux du Canada : Alors qu’une élection générale est en cours, la problématique du Château Laurier a révélé de graves lacunes dans la protection des lieux patrimoniaux du Canada. Nous vous exhortons à prendre l’engagement d’aider à résoudre le différend autour du Château, en utilisant les institutions et la réglementation fédérales, et à prendre aussi l’engagement d’appuyer des mesures législatives qui préviendraient des problèmes semblables à l’avenir.

À la population du Canada : Patrimoine Ottawa a besoin de votre aide afin de poursuivre le combat pour protéger le patrimoine du Château Laurier et des lieux environnants. Appuyez l’organisme en versant des dons pour qu’il puisse poursuivre son action vitale.

Au gouvernement du Canada : En dernier recours, invoquez la Loi sur l’expropriation pour acheter le garage adjacent au Château Laurier, construisez un stationnement souterrain et cédez le terrain à la Commission de la capitale nationale pour en faire un prolongement du parc Major’s Hill. Pour la plus grande partie du XXe siècle, le Château Laurier était la propriété d’Hôtels CN et donc du gouvernement du Canada. Il a été vendu à des intérêts privés en 1988 sans moyens adéquats pour préserver son caractère patrimonial hormis la désignation comme lieu historique national accordée en 1980. Comme nous l’avons appris, cette désignation est creuse, car elle n’est pas étayée par des mesures législatives. S’il y a le moindre résultat heureux du différend autour du Château Laurier, ce serait qu’il a révélé une grave lacune dans la protection de notre patrimoine. Cette lacune doit être comblée et, avant que le processus en ce sens n’aboutisse, le pouvoir d’expropriation doit être gardé en réserve pour être utilisé au besoin.

Depuis que les édifices du Parlement ont été construits en 1866, les Canadiens ont eu le bonheur de bénéficier de magnifiques paysages et d’édifices emblématiques réunis dans un ensemble cohérent au sein de la cité parlementaire de la capitale nationale. Il s’agit d’un patrimoine irremplaçable, et il doit être transmis intact aux générations futures. Nous exhortons tous ceux qui sont en mesure d’exercer une influence ou de prendre des décisions sur la meilleure façon d’améliorer l’hôtel Château Laurier de respecter ce patrimoine en faisant de sa préservation une condition essentielle de tout projet ou concept architectural. Nos prédécesseurs l’ont fait, et nous devons être les gardiens du précieux cadeau qu’ils nous ont laissé.

L'auteur du texte est Thomas S. Axworthy de Toronto.

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Des murets partout ?

Séparer les voies qui se rencontrent sur l’autoroute 50 par des murets de béton?  C’est la meilleure trouvaille qu’on a faite pour sécuriser les voyageurs de cette « fausse » autoroute... Ainsi, est-ce qu’il va falloir installer de tels murets sur toutes les routes du Québec où les véhicules se croisent? 

À ce compte, il vaudrait sans aucun doute bien mieux de miser sur la discipline au volant que sur de budgets faramineux pour séparer les voies de circulation.

Jacques Turcotte, Gatineau


Pas une autoroute

Selon la convention de Genève sur la  sécurité routière signée en novembre 1968, le terme «autoroute» désigne une route qui est spécialement conçue et construite pour la circulation automobile, qui ne dessert pas les propriétés riveraines et qui:

i) Sauf en des points singuliers ou à titre temporaire, comporte, pour les deux sens de la circulation, des chaussées distinctes séparées l’une de l’autre par une bande de terrain non destinée à la circulation ou, exceptionnellement, par d’autres moyens;

ii) Ne croise à niveau ni route, ni voie de chemin de fer ou de tramway, ni chemin pour la circulation de piétons.

Le ministère québécois des Transports induit donc la population en erreur en prétendant que la 50 est une autoroute. Comme la 20 à la hauteur de Rimouski. La vitesse devrait y être réduite à 90 km/h.

Daniel Mathieu, Gatineau


Famille Lalji et le Château

La famille Lalji, propriétaire du Château Laurier, est peut-être plus sensible qu’on ne le croit aux doléances des fans du Château. Elle pourrait marquer l’imaginaire d’Ottawa, en plus d’obtenir la reconnaissance de ses citoyens et de nombre d’autres au pays.

D’ordinaire, les châteaux ont un jardin. Si la façade arrière du Château, sa future extension, le prolongeait avec modernité et majesté et ouvrait sur le parc Major, celui-ci apparaîtrait comme son jardin. Quel jardin! Un jardin qui ouvre sur certes l’un des panoramas naturels des plus magnifiques. 

Ce pourrait être époustouflant, possiblement un succès urbanistique hors du commun, cité partout en exemple. Je veux croire que la famille Lajli ne s’y montrerait pas insensible.

Robert Laviolette, Gatineau

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Pour une UQO plus humaine

OPINION / Cet automne sera marqué par une course au rectorat et au rice-rectorat à l’enseignement et à la recherche à l’Université du Québec en Outaouais. Le recteur Denis Harrisson a annoncé qu’il ne serait pas candidat à sa succession et l’intérim d’Alain Charbonneau prendra bientôt fin. Prenons cette occasion pour débattre sur l’Université que nous voulons.

Ce n’est pas une liste d’épicerie typique des campagnes électorales que nous proposons. C’est plutôt une nouvelle approche que nous voudrions voir implanter dans le milieu que nous aimons.

D’abord, l’UQO pourrait faire mieux en ce qui concerne la consultation de la communauté universitaire. Le récent scandale sur la tenue vestimentaire en est un exemple frappant. Un comité obscure émanant de la Haute Direction définit une stratégie pour améliorer « l’expérience client » à l’Université. Personne dans ce comité ne sonne l’alarme sur le caractère déplacé d’une vidéo proscrivant notamment certains types de vêtements féminins. Nous sommes convaincus que si des membres de la communauté universitaire avaient été élues à ce comité, cette vidéo n’aurait jamais été commandée, et l’image de notre université n’aurait pas été ternie.

Ces exemples sont nombreux. Nous souhaitons que la prochaine rectrice ou que le prochain recteur voit sa communauté comme une richesse et non comme une menace. Nous voulons participer au développement de l’UQO afin de développer un service public de qualité en Outaouais et dans les Laurentides. Nous voulons être des actrices et des acteurs engagés dans notre collectivité.

Espérons enfin que cette course mette fin aux années noires dans les relations de travail. En effet, dans le dernier quinquennat rectoral, quatre des cinq syndicats de l’UQO ont obtenu un mandat de grève. C’est un chiffre anormalement élevé. Les relations de travail de notre Université sont basées sur le conflit et non sur la conciliation. Les artisanes et les artisans de notre université méritent plus de reconnaissance.

Dans un avenir proche, l’UQO souhaite un campus unifié, une réelle offre d’enseignement à distance ainsi qu’une meilleure intégration des étudiantes et étudiants internationaux. Comme personnes chargées de cours qui enseignent près de 70 % des cours de premier cycle, nous sommes prêts à participer à ces objectifs si on nous y donne l’occasion. Tous ces projets sont légitimes en autant qu’ils aient comme objectif l’accessibilité aux études et l’ouverture sur le monde. Nous croyons fermement en la mission de l’Université du Québec!

Bref, nous attendons avec impatience les candidatures au rectorat et au vice-rectorat. Nous souhaitons que la collégialité, la consultation et le respect de tous les membres de la communauté universitaire seront au coeur des débats.

Les auteurs du texte est Marie-Josée Bourget, présidente, et Nicolas Harvey, vice-président, du syndicat des chargées et chargés de cours UQO.

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L’effet Trump sur la politique étrangère des États-Unis

OPINION/ Le comportement du président des États-Unis Donald Trump à la réunion récente du G7 à Biarritz est apparu brouillon et provocateur à de nombreux observateurs. D’autres ont estimé que la presse et les experts accordaient trop d’attention aux bouffonneries du personnage, à ses tweets et aux saillies de son discours : peccadilles, jugeront dans l’avenir les historiens. La vraie question est de savoir si la présidence Trump apparaîtra comme un grand tournant dans la politique étrangère américaine ou bien comme un mauvais moment, sans conséquence majeure.

L’actuel débat concernant Trump remet sur la table une vieille question : l’histoire, dans ses grandes orientations, résulte-t-elle de choix effectués par les hommes ou bien est-elle principalement déterminée par des facteurs structurels, produits de forces économiques et politiques incontrôlables ?

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La conduite automobile

Entièrement d’accord avec le ministre Mathieu Lacombe que tous les automobilistes ont un rôle à jouer en attendant l’élargissement de l’autoroute 50. 

Le prévention devrait toujours exister. Et l’élargissement de la 50 n’aura pas un grand impact sur les accidents. Il y aura toujours des gens trop pressés !

Carole Moyneur, via Internet

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Comme sur la 417

Sur la route 417, il y a un tronçon de 12 km où les voitures circulent séparés par des murets de béton, comme ceux qu’on pourrait installer sur la 50. Aucun accident ne s’est produit. Pourquoi est-ce si compliqué au Québec et si simple en Ontario ? 

Antoine L. Normand, Gatineau 

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Gagner... la cave

Je serais surpris que les Sénateurs d’Ottawa gagnent autre chose... que la cave du classement. Tu ne peux espérer progresser en te débarrassant de l’élite de ton club et ensuite te fier sur une relève inexpérimentée pour atteindre le but de toutes les équipes : les séries éliminatoires et la Coupe Stanley.

René Riopel, Gatineau

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Se méfier de l’eau qui dort

L’Université de l’Ontario français verra finalement le jour. Quelle merveilleuse nouvelle ! Il faut remercier particulièrement Mélanie Joly, la ministre fédérale de la Francophonie qui a montré son total dévouement à notre cause, son chef, Justin Trudeau, qui lui a donné carte blanche, et Carol Jolin, qui a mené magistralement ses troupes, sans oublier la courageuse députée Amanda Simard, qui a donné le premier électrochoc.

Le gouvernement conservateur de Doug Ford a eu pour seul mérite d’avoir stimulé et réuni tous les francophones du pays par ses décisions abjectes. Les Franco-Ontariens sont des citoyens généralement (trop) passifs, mais, comme Mike Harris l’avait appris à ses dépens à l’époque Montfort, si on les réveille, ils deviennent des guerriers inarrêtables.

Roland Madou, Ottawa

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Continue, Steven !

Bravo à Steven MacKinnon qui porte le flambeau d’un pont dans l’est depuis plusieurs années. C’est la logique même d’avoir ce lien qui allégerait la circulation au centre-ville, réduirait les distances et les émanations inutiles, favoriserait le développement de Vanier, de l’Est de l’Outaouais et de l’Est ontarien.

Il n’est pas seul. La majorité silencieuse est avec lui.

Nicole C. Beauchamp, Ottawa

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Merci pour les soins

Mon épouse a été hospitalisée et a été transférée aux soins intensifs sous le Dr Labelle. J’ai passé la semaine à son chevet. Elle a reçu des soins impeccables et de qualité. Lorsque j’ai appris qu’un grand nombre d’employés travaillait des quarts de 16 h, nous avons eu une estime sans borne. Des millions de merci.

Guy A. Lachance, Gatineau

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LA QUESTION DU JOUR

La victoire de Bianca Andreescu au US Open mènera-t-elle à une recrudescence de la participation en tennis ?

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Toujours présente, la pénurie du logement

OPINION / Dans un article de Mathieu Bélanger, paru dans l’édition du Droit du 5 septembre, Maude Marquis-Bissonnette, présidente de la Commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement, laisse sous-entendre que la crise du logement est du passé et qu’elle n’a pas été l’hécatombe appréhendée par plusieurs. À titre d’acteur très impliqué auprès des ménages sans logis, et pour avoir participé à l’ensemble des rencontres du comité relogement multisectoriel de la Ville de Gatineau, je ne partage évidemment pas le bilan de cette dernière ; un bilan qui, à mon avis, refléterait autre chose si celui-ci avait été réalisé avec l’ensemble des partenaires impliqués au sein de ce comité tel que je l’avais proposé.

À peu de choses près, depuis la première rencontre de ce comité, le 5 juillet dernier, celui-ci a traité près d’une cinquantaine de dossiers de ménages à la rue ou « sans chez soi ». Près d’une vingtaine ont dû être hébergés dans des unités de logement de dépannage ou en hôtel. De ce nombre, environ une vingtaine de ménages ont pu être relogés dans le secteur privé grâce à une aide financière sous forme de supplément au loyer (PSL), dans des logements à prix modique de l’Office d’habitation de l’Outaouais ou des logements abordables comme ceux de l’OSBL d’habitation Mon Chez Nous.

Au début d’août, les dossiers des victimes des inondations printanières soutenues par la Croix-Rouge se sont ajoutés aux dossiers de ce comité relogement. À ce moment-là, il y avait près d’une quarantaine de ces ménages sinistrés en hôtel, pour la grande majorité des locataires. Présentement, il y a encore une vingtaine de ménages sinistrés en hébergement commercial. Pour la majorité de ceux-ci, il s’agit de ménages vulnérables qui ont beaucoup de difficultés à trouver un logement à cause de la pénurie de logements abordables.

Au total, il y a encore une vingtaine de ménages en hôtel et au moins huit dans des logements de dépannage.

À LIRE AUSSI: Crise du logement: l’œil de la tempête est passé

N’en déplaise à Mme Marquis-Bissonnette, cette crise était bien présente avant le 1er juillet dernier et l’est toujours puisque tous les jours les organismes communautaires, qui soutiennent les mal-logés, reçoivent demande après demande de personnes et familles qui n’arrivent pas à trouver un logement. À titre d’exemple, au cours des derniers jours, nous avons été interpellés par un couple obligé de vivre dans un cabanon, par une famille avec deux jeunes enfants dont la mère est sur le point d’accoucher qui vit dans une roulotte non chauffée et une famille de 7 enfants qui doit quitter la maison qu’elle occupe à cause d’une reprise de logement.

Ce bilan ne tient pas compte des ménages sans logis soutenus par Accueil Parrainage Outaouais et ni de ceux soutenus par les Centres de femmes victimes de violence. Il ne tient pas compte également des ménages mal logés qui vivent dans des taudis puisqu’ils sont contraints d’y rester faute de trouver mieux ; et pas plus des personnes sans logis qui ont des problèmes de santé mentale. Sans comprendre pourquoi, les autorités municipales ne considèrent pas ces derniers ménages comme des entités victimes de la crise du logement et refusent que ceux-ci puissent bénéficier des mesures d’urgence mises en place par le gouvernement du Québec. Il faut le faire !

De façon générale, contrairement à la crise du début des années 2000, cette crise affecte davantage les personnes vulnérables à faibles revenus, d’où l’importance, à mon avis, de maintenir en vigueur le comité de relogement multisectoriel mis en place le 5 juillet dernier. Même si son mode de fonctionnement était loin d’être parfait et, à mon avis, nécessiterait certains ajustements, ce comité a tout de même permis de résoudre rapidement plusieurs situations souvent enfermées dans des impasses. Malheureusement, lors de la rencontre du 22 août dernier, sans même consulter les membres de ce comité, Mme Marquis-Bissonnette nous a annoncé la fin des travaux de ce comité qu’elle présidait depuis le début juillet.

Bref, en deux mois seulement c’est environ 90 cas que ce comité a traités. Grâce à cela et avec l’aide des mesures d’aide gouvernementale, plusieurs ménages ont pu heureusement être relogés. Malheureusement, quelques dizaines de ces ménages sont encore sans chez-soi et d’autres ménages se rajoutent encore en manifestant clairement leur condition de sans-logis.

Même si cela ne fait pas la une des médias, cette situation démontre très clairement la gravité de la pénurie du logement, qu’elle est toujours présente et qu’elle affecte davantage les ménages vulnérables, les familles nombreuses et les nouveaux arrivants. Avec la construction rachitique de nouveaux logements sociaux, cette situation ne va sûrement pas se résorber par un claquement de doigts au cours des prochains jours. En fait, avec des taux moyens de 0,7% pour le secteur Gatineau, 1,3% pour le secteur Hull et 2,0% pour le secteur Aylmer et des loyers qui augmentent beaucoup plus rapidement que l’inflation, nous estimons que cette crise est très loin d’être une chose du passé comme le laisse entendre dans ses propos la présidente de la Commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement.

Dans ces conditions, il nous apparaît impératif que le gouvernement du Québec maintienne en vigueur le programme d’aide aux ménages sans logis mis en place à la fin du mois de juin dernier et, tout aussi important, que la ville maintienne en place ce comité de relogement. À cet égard, le bilan, « jovialiste » et incomplet, que Mme Marquis-Bissonnnette trace après ces deux mois d’intervention ne nous aidera surement pas à convaincre Andrée Laforest, ministre responsable de l’Habitation du Québec, de cette nécessité.

L'auteur est François Roy, coordonnateur à Logemen’occupe.

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Malades, nos hôpitaux !

J’ai lu que l’Hôpital de Hawkesbury va très bien, et ce, malgré des travaux d’agrandissement. Que des coroners constatent que trois décès sont dus à de graves lacunes et par manque de personnel. Ces problèmes sont récurrents. Que les infirmières souhaitent que l’on se dirige vers l’Ontario plutôt que les hôpitaux de Hull et Gatineau. Que l’Hôpital de Hull est désuet. On promet un nouvel hôpital, mais on planifie beaucoup…

Tout le monde parle, mais rien ne change. Les gens sont tannés de ces paroles vides.  

Jean-Guy Dansereau, Plaisance 

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Pertinent et d’actualité

J’apprécie généralement le contenu et la fréquence des éditoriaux de Pierre Jury, ils sont toujours d’actualité, pertinents et significatifs.

Récemment, son réalisme et sa noble façon de décrire devraient inspirer notre premier ministre Justin Trudeau et son cabinet. Ils ont affaire à Donald Trump, un être d’exception dans bien des sens du terme. C’est notre seul voisin immédiat, notre principal partenaire économique, notre soutien militaire et moral en cas de conflit armé.

Son jugement et ses opinions doivent se refléter sur l’ensemble de la communauté politique et journalistique, non seulement dans la région, mais à travers tout le pays : il est le seul éditorialiste d’Ottawa, la capitale du Canada,  qui publie dans un quotidien de langue française. Ce n’est pas rien !

Bertrand Fortin, Gatineau 

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Anglophones maltraités ?

Selon le dernier recensement de Statistique Canada, soit celui de 2016, le pourcentage de population de langue maternelle anglaise au Québec a augmenté de 9 à 9,6 %, alors que celui de population de langue maternelle française a quant à lui reculé de 79,7 à 78,4 %. Le Québec français perd ainsi sur les deux tableaux. Voilà qui est inquiétant.

Les locuteurs de langue maternelle anglaise sont ici moins de 10 %, et pourtant, 76,5 % des documents audiovisuels classés par l’ancienne Régie du cinéma du Québec du 1er septembre 2018 au 31 août 2019 sont en anglais, et seulement 10,9 % en français, soit sept fois moins.

À Bibliothèque et Archives nationales du Québec, section « Livres, musique et films », 54,8 % des documents sont en anglais et 27 % en français, soit deux fois moins. C’est le monde à l’envers. Qui a affirmé déjà que nous traitions mal notre minorité anglophone ? Si la minorité francophone hors Québec était aussi bien traitée, elle n’aurait pas autant fondu depuis 50 ans.

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LA QUESTION DU JOUR

Le directeur général des Sénateurs d’Ottawa, Pierre Dorion, a promis une meilleure saison. Et vous, qu’anticipez-vous ?

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Ils ont mon appui

Je suis tout à fait d’accord avec les résidents de la rue du Sommelier, à Gatineau, qui désirent conserver leur tranquillité. Résident de la rue de Cannes, ils ont mon appui et certainement celui de résidents de rues avoisinantes qui absorbent une circulation additionnelle parce que certains prennent des raccourcis. Depuis quand dévie-t-on la circulation d’autres secteurs par des rues de quartier ? La route 307 et le boulevard de la Vérendrye sont les voies de circulation dans ce secteur, pas la rue du Sommelier. S’il y a un problème d’urbanisme, ce n’est pas à nous à en subir les conséquences pour permettre à des résidents qui n’ont rien à voir avec le secteur d’y circuler. J’aimerais qu’on m’explique pourquoi il y a tant de véhicules sur la rue de Cannes le matin. Pourtant, il n’y a aucun commerce dans le secteur. Un vrai bon plan d’urbanisme ne devrait pas permettre de telles aberrations.

Roland Tremblay, Gatineau

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Ohé, cyclistes !

Je me réjouis de voir sans cesse croître le nombre de cyclistes. Un point cependant me préoccupe. Les vélos sont soumis aux mêmes règles que les voitures en ce qui concerne le Code de la route. Malheureusement, plusieurs cyclistes ne se soucient pas des arrêts. J’habite non loin d’une intersection comportant un arrêt toutes directions obligatoires. Or je vois rarement des cyclistes s’arrêter. Personne ne souhaite un accident, mais...

Jean Prévost, Gatineau

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Sympathie limitée

Je sympathise avec les propriétaires de taxis, mais je ne suis pas d’accord avec leurs demandes. Ils ont investi dans une entreprise et cette dernière est maintenant déficitaire. Il n’incombe pas aux contribuables de sécuriser votre investissement. Dans le passé, j’ai moi-même perdu un montant substantiel dans un investissement et personne n’est venu à ma rescousse. C’est triste, mais la vie est ainsi faite. 

Ils ont beau prendre la population en otage avec leurs moyens de pression, les contribuables ne doivent pas renflouer leurs pertes.

Jacques Pouliot, Gatineau

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LA QUESTION DU JOUR

Les trois grands partis au Québec sont prêts à bonifier la Charte de la langue française : que voudriez-vous y voir ?

Faites-nous le savoir à editorial@ledroit.com.

Votre opinion

La déferlante se poursuit !

OPINION / Vous avez été plusieurs à nous témoigner de votre soutien. Voici quelques-uns des bons mots que nous avons reçus de votre part.

Jamais sans mon Droit

Je ne pourrais pas me passer du journal Le Droit, qui a toujours fait partie de ma vie. 

J’étais camelot à Cornwall dans les années 1950 alors que la famille Saint-Onge s’occupait de la distribution du journal. Comme enseignant, j’ai utilisé Le Droit comme outil pédagogique. 

Avec Le Droit, j’ai participé à toutes les luttes pour nos écoles de langue française, pour notre hôpital Montfort, nos services en français. 

Comme retraité, Le Droit est mon compagnon de tous les matins. Je suis prêt à lutter pour maintenir mon journal. C’est mon droit!

Paul Bard, Orléans

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Notre monde, notre quotidien

Une petite fille de dix ans avait dessiné une belle pancarte pour soutenir Le Droit

Pourquoi? Elle a répondu sur l’estrade du Troquet bondé de monde: «Pour que l’actualité continue dans le monde». Pour une enfant, l’actualité est d’abord ce qui se passe tout proche, dans son monde.

Le monde tout loin n’existe pas sans le tout proche. L’un ne va pas sans l’autre. 

Le Droit scrute, lit, lie et écrit les deux, le monde d’ici et celui loin là-bas. Est venu des deux rives plein de monde lutter pour son avenir éclairé, pour sauver le monde des petits aux grands yeux de celui des géants aveugles. 

Il faut croire une enfant pour que continue notre monde. 

Pascal Barrette, Ottawa

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Le Droit, un tremplin

Il y a 52 ans, le quotidien Le Droit publiait mon oeuvre gagnante «L’humanité» lors d’un concours d’art à Gatineau. 

Avec une photographie prise par Marcil Champlain en 1967. J’avais alors 18 ans.  

Au fil des années, et cela depuis 35 ans, Le Droit a toujours été présent pour moi et mon art. Sur un mur de ma galerie d’art, plus d’une dizaine d’articles importants du journal Le Droit témoignent de mon cheminement. 

Les nombreux clients qui assistent à mes expositions champêtres depuis 30 ans peuvent voir et lire les nombreux reportages tous encadrés. 

Le Droit est non seulement une source d’information, mais un tremplin pour les artistes régionaux. Le journal a suivi chaque étape de ma carrière et l’a même propulsée. 

Le quotidien Le Droit est un témoin majeur de la vivacité et de la créativité artistique en Outaouais. Merci et longue vie au seul quotidien francophone en Outaouais.

Jean-Yves Guindon

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Un monument culturel

Il m’est impossible de déjeuner sans mon Droit, et au soleil dans mon gazebo. 

Notre famille a toujours reçu Le Droit, depuis 1913. Mon grand-père, Moïse Leroux qui était analphabète, insistait pour que ses enfants lisent l’actualité et s’informent des enjeux de notre société démocratique. 

Ma mère le lui lisait. Il ne faut pas perdre ce monument culturel.

Vincent Pigeon

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Faire une différence

Dans la section «À vous la parole», j’ai critiqué, j’ai remercié, j’ai avisé en donnant sur certains sujets d’intérêt mon humble opinion.  

Une façon pour moi (pour nous) d’être journaliste de quelques lignes et de sentir que je (nous) peux faire une différence. 

Mais là, par souci de quelques dollars, on voudrait faire taire un peuple? 

Non merci. J’ai le droit de recevoir mon Droit pour savoir ce qui se passe chez nous!

Benoît Beaulne, Gatineau

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Pour appendre le français

Moi aussi, chaque matin, j’ai hâte de lire Le Droit en prenant mon café. Je suis déménagée à Ottawa en 1997 et je me suis abonnée au Droit

I had had some French lessons and did not want to lose the French I had acquired. In the beginning, I only recognized a few words, but now, 22 years later, I can read an article and actually tell someone in English what I read. I so enjoy reading Le Droit. 

Merci beaucoup. Sincèrement.

Margarete Nolte, Ottawa

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Un travail exemplaire

Je sais qu’actuellement, plusieurs médias locaux sont en crise, dont notre très cher quotidien Le Droit

Je souhaite de tout coeur qu’une solution émerge et que vous puissiez continuer à faire un travail aussi exemplaire. 

Bon courage, mon équipe et moi sommes de tout coeur avec vous. 

Philippe Boily

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Pour un appui du fédéral

J’espère que Le Droit va continuer à être publié et que le gouvernement fédéral va vous appuyer à 100 %. 

Si le Journal de Montréal a eu de l’argent du fédéral, Le Droit a le droit d’en avoir aussi.  

Bonne chance!

Margot Demers

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Que Le Droit continue… longtemps

J’espère que le journal continue pour un temps indéterminé. Je suis une lectrice assidue. 

Longue vie!

Lee-Ann Parizeau Pugin

Votre opinion

Crise des médias: le temps presse pour Le Droit

OPINION / Le milieu médiatique francophone est bouleversé depuis que le Groupe Capitales Médias a demandé, le 19 août, une protection juridique contre ses créanciers. Un sens d’urgence aurait émergé lors d’audiences publiques à Québec : le besoin d’agir avant qu’il ne soit trop tard pour la presse locale et régionale. La menace pèse sur les Franco-Ontariens.

Pour les six quotidiens du Groupe, l’avenir dépend des gouvernements. Le gouvernement du Québec a consenti un prêt d’urgence de cinq millions $ et nommé un président intérimaire pour gérer le processus d’achat ou de restructuration. Toutefois, le soutien de Québec devra attendre les conclusions d’une récente commission parlementaire. 

Pour sa part, le cadre d’une aide annoncée par Ottawa pourrait ne pas survenir avant le scrutin du 21 octobre. L’appel aux urnes pourrait être lancé incessamment.

Le président et éditeur du Droit, Pierre-Paul Noreau, sonne l’alarme. «J’aimerais que le fédéral, qui a octroyé 595 millions $ dans le budget, adopte rapidement sa règlementation.» Si c’était fait avant les élections, estime-t-il, «le Groupe deviendrait plus intéressant à acheter. Le fédéral a tout en main pour règlementer et nous faciliter la vie. Il ne reste pas grand temps et ça m’inquiète.» 

Pas de vente sans...

«Je ne crois pas qu’une vente du Groupe puisse se faire sans savoir quelles seront les mesures d’aide du Québec, résume Pierre-Paul Noreau. On ne saura pas avant la fin octobre quel sera le soutien.» 

La commission parlementaire d’une semaine, tenue fin aout à Québec, a reçu une trentaine d’organismes soucieux de l’avenir des médias. Durant les travaux, le principal défi de la presse s’est clarifié : ce n’est pas une question de dépenses hors de contrôle, mais de revenus en chute libre. 

Cette baisse est attribuée au choix des administrations publiques et de grandes entreprises d’augmenter leur part de pub numérique — on serait à 80 % — auprès des géants du web, question de renforcer leur pouvoir d’influence.

Paradoxalement, les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) s’alimenteraient gratuitement en contenus d’actualités auprès des médias locaux et régionaux, les grands perdants sur les deux fronts. Ces derniers sont au pied du mur : soit ils ferment les portes, vendent au rabais ou obtiennent un soutien public.

État critique

La couverture locale préoccupe Colette Brin, directrice du Centre d’études sur les médias de l’Université Laval. «La perte de diversité des voix a des conséquences bien réelles sur l’écosystème médiatique, a-t-elle déclaré devant la commission, et plus globalement sur le dynamisme social, économique et politique d’une ville ou d’une région.»

Le Centre reconnait le défi des transferts de revenus vers le numérique, mais il avance un autre facteur. «Depuis 20 ans, note la directrice, la plupart des médias nous ont habitués à consommer leurs contenus gratuitement. Il est maintenant difficile de convaincre les consommateurs de contribuer à l’information en ligne.»

Une intervention de l’État s’impose, selon Colette Brin, pour que l’information de qualité demeure accessible à tous. Elle estime que ce domaine est un bien public. 

«Notre écosystème médiatique, tous le reconnaissent, est dans un état critique. Ce que l’État fait pour la culture, la santé et l’éducation, il doit le faire aussi pour l’information, avec des programmes accessibles tant aux médias traditionnels qu’aux nouveaux joueurs et reposant sur des critères transparents et équitables.»

Le Droit au Québec ?

L’éditeur du Droit reconnait la nature globale du problème. «Ça s’applique à l’ensemble du milieu médiatique : tout le monde est vulnérable, même La Presse et Le Devoir. Québec veut que le Groupe et chacun de ses membres survivent. À partir de là, il est certainement plus facile de trouver une solution commune que pour chacune des parties.»

Pierre-Paul Noreau reconnait les écueils d’une vente du GCM, en particulier pour les Franco-Ontariens. Il dit avoir rencontré des membres de la communauté, fin août.

«Je ne leur ai pas caché que, s’il y a des fonds publics et un repreneur québécois, il y a un risque qu’on ait envie d’emmener le quotidien au Québec. Je suis convaincu que le journal doit rester en Ontario pour garder une proximité avec les Franco-Ontariens. Leur soutien est important. C’est fondamental, c’est l’histoire du Droit

Si le quotidien s’installait de l’autre côté de la frontière, à Gatineau, qu’adviendrait-il du lien entre les deux clientèles ? L’éditeur pose la question : «Est-ce que les Franco-Ontariens voudraient avoir leur propre journal ? Comment est-ce qu’on peut ancrer ça pour qu’il y ait une valeur ajoutée de rester en Ontario ? Il n’y a pas de garantie.»

Cinq solutions

Lors des travaux de la commission à Québec, cinq idées auraient fait consensus : un crédit d’impôt sur la masse salariale, une obligation des villes à publier leurs avis publics, une taxe sur les revenus des GAFA, la création d’une régie de la publicité et d’un fonds d’aide aux médias.

Patrimoine canadien reconnait l’ampleur de la crise. «Des milliers d’emplois sont à risque et notre démocratie est en jeu», affirme Simon Ross, l’attaché de presse du ministre Pablo Rodriguez. Il rappelle les investissements de 600 millions $ pour appuyer le journalisme indépendant et de 50 millions $ «pour les petites communautés».

«On s’attaque aussi au problème de fond, écrit-il, la place des géants du web dans notre culture. On modernise nos lois avec un objectif clair : si tu profites de notre système, tu contribues. Fini les passe-droits.»

Il reste à savoir si la règlementation de l’aide d’Ottawa sera mise en œuvre avant les élections fédérales. Aucun des deux ministères responsables, Patrimoine canadien et Langues officielles, n’a répondu à la question.

L'auteur est Jean-Pierre Dubé, Francopresse

Votre opinion

Le français en recul, 50 ans après la Loi sur les langues officielles

OPINION / Il y a 50 ans jour pour jour, le français devenait une des deux langues officielles du pays. L’objectif de la première Loi sur les langues officielles adoptée le 7 septembre 1969, et encore plus de la deuxième Loi qui lui a succédé en 1988, était de consacrer l’égalité de statut du français et de l’anglais – principalement dans l’appareil fédéral, mais aussi devant les tribunaux et dans la société canadienne. Un demi-siècle plus tard, le français a-t-il atteint l’égalité avec l’anglais ? Poser la question, c’est y répondre.

En 2019, la place du français dans l’espace public et commercial est en recul, même au Québec. La légitimité du français comme langue officielle du pays est de nouveau remise en question dans différentes régions du pays. Les arguments sur le coût du bilinguisme font de nouveau surface.

Point de vue

Une voix plus forte pour les régions dès 2022!

POINT DE VUE / Le gouvernement Legault s’est engagé à déposer un projet de loi sur la réforme du mode de scrutin le 1er octobre 2019 et nous l’en félicitons.

Cette réforme doit être l’occasion de reconnaître davantage les gouvernements de proximité que sont les MRC et les municipalités en tant que vrais gouvernements responsables et autonomes. Pour cela, la réforme électorale doit renforcer le poids politique des régions et maintenir la relation de proximité entre les citoyennes et citoyens et leurs députées et députés.

Nous croyons que l’instauration d’une plus grande proportionnalité des résultats ainsi que davantage de pluralisme permettra de renforcer notre démocratie et d’offrir aux élues et élus municipaux des régions du Québec une occasion de se faire entendre plus facilement à l’Assemblée nationale et auprès du gouvernement. Le mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire avec listes régionales nous permettra d’avoir accès directement à une diversité de députées et députés tant dans des circonscriptions locales que dans des comtés régionaux. Tous ces élues et élus auront intérêt à bien collaborer pour mieux servir leurs électrices et électeurs et ainsi bien représenter la volonté et les intérêts de leur population.

Il est important de réaffirmer l’ancrage territorial de notre système démocratique et surtout de garantir aux citoyennes et citoyens, qu’ils vivent dans une grande métropole ou en région, que leur voix compte réellement. Cela fait 120 ans que nous parlons de réforme électorale au Québec. Il est temps de passer aux actes. Nous considérons que le gouvernement a la légitimité et les moyens d’agir pour mettre en œuvre la réforme du mode de scrutin dès les élections générales de 2022, tel que solennellement promis.

Nous tenons cependant à rappeler au premier ministre Legault qu’une telle avancée historique pour la démocratie au Québec ne se fera que si le gouvernement se donne les moyens de ses ambitions. En effet, la nouvelle délimitation du territoire électoral que suppose la réforme rend indispensable l’allocation de moyens additionnels aux députées et députés, en terme de budget et de nombre de bureaux, afin qu’ils puissent répondre aux demandes grandissantes des élues et élus municipaux. C’est ainsi que nous bâtirons ensemble une démocratie de proximité véritablement représentative et juste au Québec.

Pascal Binet, maire d’Adstock (Chaudière-Appalaches)

Jean-François Delisle, conseiller municipal de Thetford Mines (Chaudière-Appalaches)

Éric Forest, ex-maire de Rimouski (Bas-Saint-Laurent) et ex-président de l’Union des municipalités du Québec

Mario Fortin, maire de Plessisville (Centre-du-Québec)

Diane Lavoie, mairesse de Beloeil (Montérégie)

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau (Outaouais)

Marc-André Plante, maire de Terrebonne (Lanaudière)

Réjean Porlier, maire de Sept-Îles (Côte-Nord)

Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie (Montérégie) et ex-présidente de l’Union des municipalités du Québec

Colette Roy-Laroche, ex-mairesse de Lac-Mégantic (Estrie)

Guillaume Tremblay, maire de Mascouche (Lanaudière)

Votre opinion

À vous la parole

Vous voulez réagir à l'actualité? Écrivez à editorial@ledroit.com. Ne seront publiées que les lettres portant les nom, prénom, adresse et numéro de téléphone de l'auteur. Seuls le nom et le lieu de résidence apparaîtront.

Une affaire de rues

À Renée Amyot, Conseillère, Gatineau

L’article « Un autre mois d’attente pour l’avenir du cul-de-sac de la rue du Sommelier » (Le Droit, 23 août) réitère votre empressement à rouvrir la rue du Sommelier. Cette idée, une promesse électorale, ne servirait qu’au groupe de pression qui vous influence. Veuillez nous savoir extrêmement déçus. 

Nous sommes parmi les familles qui vivraient avec les nombreux désagréments d’une telle réouverture. Ce qui n’est aucunement le cas des conducteurs qui utiliseraient notamment le chemin LeBaudy, les rues LeRoy et du Sommelier en guise de raccourci… pour épargner quelques minutes que constitue le trajet naturel par le chemin des Érables.

Décider c’est facile... surtout lorsque le décideur n’a pas à vivre les conséquences négatives de sa décision. Votre prédécesseur Cédric Tessier, ainsi que le maire Maxime Pedneaud-Jobin et les conseillers d’alors, avaient saisi l’importance de la fermeture de la rue du Sommelier en votant « pour » cette résolution. Ont-ils erré ? Pourquoi invalider une décision du conseil alors la qualité de vie s’était améliorée ?

Enfin, les mesures d’atténuation que vous énumérez n’étaient que des chimères ! Je vous invite à réfléchir au philosophe Alain : « Rien n’est plus dangereux qu’une idée, quand on n’a qu’une idée ».

Bernard Garneau, Gatineau

Votre opinion

Les faillites des régimes de retraites du secteur privé: le Québec peut mieux!

OPINION / Les régimes de retraite ont deux facettes : d’abord les contributions de l’employeur et des cotisants, ensuite, les prestations versées aux retraités. Dans une économie de marché, si les cotisations des salariés sont déterminées, les prestations seront variables. À contrario, si les cotisations sont variables, les prestations seront déterminées. Dans un régime « à cotisations déterminées », les prestations ou les rentes fluctuent selon les résultats financiers. Dans un régime « à prestations déterminées», les contributions de l’employeur et des cotisants fluctuent selon les aléas de l’économie. Ainsi, les rentes sont mieux protégées.

Contrairement aux régimes d’assurances-vie, la plupart des régimes de retraite n’avaient pas prévu de réserve. Tout fonctionnait en fonction du taux de solvabilité. Celui-ci représente la capacité d’un régime de retraite d’assumer le paiement des rentes si tous les participants qui ont le droit de prendre leur retraite la prenait. Face à un taux de solvabilité de 100%, bon nombre d’employeurs cessaient de participer au financement du régime de retraite.

Mais c’était sans compter sur les chutes boursières qui ont plombé les régimes de retraite. Faute d’avoir prévu une réserve, les taux de solvabilité se sont affaissés menaçant la garantie de retraite offerte aux cotisants. Sauf dans les régimes publics de retraite qui s’en tirent mieux. Le Gouvernement du Québec les a refinancés avec de l’argent emprunté. Ainsi, les travailleurs du secteur public québécois bénéficient d’une rente qui fonctionne ainsi : chaque année de travail à plein temps offre une part de 2%. Après 35 ans de service, le salarié de l’État cumule donc un indice de 70%. Ce pourcentage est appliqué à la moyenne des salaires des cinq meilleures années de service. Par exemple, si le salaire annuel équivaut à 50 000 $, la rente obtenue sera donc de 35 000 $ par année. Les rentes des employés de l’État sont indexées; certaines si le coût de la vie dépasse 3%, d’autres d’une manière plus généreuse.

La plupart des régimes de retraite à prestations déterminées sont maintenant déficitaires. Par conséquent, les employeurs souhaitent s’en débarrasser en les mutant en régimes de retraite à financement salarial ou à prestations ciblées. Dès lors, la part de l’employeur sera invariable quelles que soient les difficultés économiques futures. La sécurité financière des régimes de retraite doit alors être pris en charge d’abord par les cotisants qui verront leurs cotisations augmentées et ensuite par les retraités dont la rente pourrait être réduite. Dans un régime à prestations déterminées, la part de l’employeur oscille autour de 10% alors qu’elle est trois fois moindre pour un régime de retraite à prestations ciblées.

Par conséquent, la question épineuse des régimes de retraite hante les négociations collectives. Au nom de l’efficacité, des employeurs exigent une réduction financière de leurs coûts. Mais la crédibilité d’un tel argumentaire, sous l’angle ouvrier, est écorchée par les augmentations colossales de salaire que des entreprises versent à leurs dirigeants.

Au Québec, lors d’une faillite d’entreprise, les banques sont les premiers créanciers. Elles refuseraient probablement de financer les projets d’entreprise s’il en était autrement. Par ailleurs, la plupart des investisseurs hésiteraient à acheter une entreprise s’il leur fallait assumer le refinancement d’un fonds de retraite déficitaire à prestations déterminées. Suite à une faillite, ce qui reste du régime de retraite est alors récupéré par Retraite Québec, et géré par la Caisse de dépôts, qui garantit alors une retraite amputée aux futurs retraités de l’entreprise qui a fait faillite. À cet égard, l’Ontario fait beaucoup mieux que le Québec car elle offre aux retraités, si leur entreprise a fait faillite, une indemnité compensatoire pouvant atteindre 1500 $ par mois. Finalement, la plupart des pays d’Europe occidentale protègent les retraités victimes d’une faillite d’entreprise. Par ailleurs, le fédéral s’est récemment engagé à mieux protéger les retraités avec une promesse électorale floue. Quant au Québec, sans rejoindre l’Europe sur le sujet, il pourrait au moins plagier l’Ontario !

Jean-Claude Bernatchez,

Professeur en relations de travail,

Université du Québec à Trois-Rivières