Selon les auteurs de cette lettre, « 368 logements sur ce terrain, c’est trop ».

Le Bloome, absolument dans notre cour

OPINION / Le chroniqueur Patrick Duquette a publié un texte sur l’affaire Bloome («Un affreux terrain vague», Le Droit, 14 juin). Selon lui, les opposants au projet ont le syndrome du «pas dans ma cour». Il n’en est rien.

Depuis le début, l’entrepreneur Kevlar a décidé d’agir seul. Il a commencé par bâtir une structure sans les permis nécessaires. La Ville de Gatineau l’a forcé à démolir. Puis il a soumis un projet de trois tours de 11, 17 et 30 étages alors que le zonage ne permet que 10 étages. Alors qu’il savait que la question de la hauteur des immeubles pouvait être légalement soumise à un référendum, il n’a jamais informé ni consulté les voisins qui seraient affectés à part une séance convoquée par Gatineau lors de laquelle un représentant de Kevlar a indiqué que le projet devait être approuvé sans modification sinon il ne bâtirait pas. 

Le promoteur aurait pu demander à rencontrer les résidents de l’édifice Blackburn avant le dépôt de la demande d’ouverture du registre puisque lors de l’assemblée de consultation du 7 mai, il s’est rendu compte qu’il y aurait de l’opposition à son projet. Son intransigeance n’a fait que multiplier les oppositions.

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La séance de «consultation» organisée par la Ville de Gatineau a eu lieu le 7 mai alors que le Comité consultatif d’urbanisme s’était prononcé en faveur du projet le 18 mars. Le conseiller du quartier, Cédric Tessier, avait fait de même toujours sans consulter les zones avoisinantes.

L’entrepreneur prétend que les opposants à son projet le font pour que leur vue de la fontaine du casino ne soit pas bloquée. Cela est inexact et insultant de faire reposer l’opposition à ce projet sur une blague faite lors de la consultation publique.

Les opposants — et pas seulement ceux du Blackburn — croient que bâtir trois tours pour un total de 368 appartements et condos causera des problèmes importants de circulation dans les rues étroites entourant ce projet. Il y aura également un problème pour le stationnement des résidents de ces tours ou de leurs visiteurs. Le tout causant un risque accru à la sécurité. Il est à noter que ce projet va de l’avant sans étude d’impact sur la circulation.

Faire porter le blâme à ceux qui s’opposent légalement au projet plutôt qu’à ceux qui désirent construire sans respecter les règlements municipaux est injuste.

On a beau être pour la densification des zones urbaines, 368 logements sur ce terrain, c’est trop.

L’opposition légitime à la hauteur des bâtiments en découle.

Les auteurs sont Monique Bourgon, Pierrette Dupont-Rousse, Pierre-André Laporte, tous résidants de l’édifice Blackburn, à Gatineau.