Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Le bilan libéral et les élections de 2019

OPINION / Comment voter en octobre? C’est triste et décourageant de constater que seulement 55% des Canadiens admissibles iront voter dans quatre mois. Qu’est ce qui contribue et crée ce cynisme ?

Après quatre années, aucun des grands partis fédéraux mérite notre confiance pour gouverner le Canada en octobre prochain.

D’abord, les libéraux doivent retourner au purgatoire de l’opposition pour réfléchir et se renouveler. Ils sont déjà passés par là après le règne Chrétien-Martin et le scandale des commandites. Ils ont tenté de se relever avec Stéphane Dion, puis avec Michael Ignatief, sans grand succès. Arrive alors le candidat idéal Justin Trudeau avec son charisme hérité de son père, sa jeunesse et ses égo-portraits.

Mais malgré ses promesses de «voies ensoleillées» et de transparence, le naturel revient au galop; l’hypocrisie et les contradictions resurgissent toujours chez les libéraux.

Dans l’affaire Huawei, le premier ministre invoque le respect de l’état de droit pour ne pas intervenir, mais il se contredit avec son ingérence dans l’affaire SNC-Lavalin. Il en a vite fait de l’État de droit et dévoile ainsi son visage d’imposteur.

Le programme de Justin contenait aussi un engagement formel de procéder rapidement à une réforme électorale afin de «rétablir la démocratie». Il a abandonné sa promesse et a plutôt contribuer à l’augmentation du cynisme en politique parce que l’on ne peut plus croire que notre vote et notre participation électorale peut amener à un réel changement.

Il avait promis que 2015 serait la dernière élection sous ce régime qui ne favorise que les grands partis. Les Canadiens avaient pourtant voté pour son parti et cette promesse que M. Trudeau avait répété une centaine de fois! 

Avec 39 % du vote, il avait obtenu 55 % des députés et 100 % du pouvoir! Il ne voit plus la nécessité de changer un système qui le favorise. L’intérêt du Parti libéral passe avant l’intérêt du pays. La légalisation de la marijuana était plus prioritaire pour lui et ses amis. Il a abusé de notre confiance et n’a pas démontré ses qualités de leader dans les temps de crise. L’image de sa marque de commerce a été ternie. 

Les autres partis traditionnels, le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique, nous offrent des chefs avec peu d’expérience ni plus de vision inspirante. Stephen Harper, Doug Ford et Andrew Scheer sont des synonymes et les Canadiens ne veulent pas retourner en arrière. 

Il faut s’éloigner des partis établis et penser au vrai changement. L’alternative, c’est de voter stratégiquement pour les petits partis comme le Parti vert, le Bloc québécois et les indépendants afin de partager le gâteau et ainsi créer un gouvernement minoritaire. Un tel gouvernement doit partager son pouvoir pour survivre et être à l’écoute de l’opposition qui les surveille de près et les rend plus imputable.

Dans le passé, ces gouvernements minoritaires se sont montrés très efficaces et productifs. Pensons à l’assurance-maladie, le régime de pensions du Canada, la loi sur les dépenses électorales, le drapeau canadien, Pétro-Canada, etc.

C’est le temps de procéder à un véritable changement, de saisir l’opportunité de renouveau et de s’éloigner des grands parti et de leur envoyer un message, non pas en s’abstenant de voter comme 45 % des Canadiens le font, mais en encourageant et en aidant les petits partis pour leur donner la balance du pouvoir.

L'auteur est Richard Prégent, d'Ottawa.