Une étude nord-américaine a révélé que près de trois milliards d’oiseaux ont disparu depuis 1970. À elles seules, les forêts ont perdu un milliard d’oiseaux.

L’avenir de la biodiversité passe par la protection des milieux humides

OPINION / La Journée mondiale des milieux humides, une journée commémorant l’adoption de la Convention sur les milieux humides d’importance internationale en 1971. C’est également le Jour de la marmotte. Cette année, peut-être plus que tout autre, je me demande pourquoi nous comptons sur un rongeur prédire la météo à court terme. Si une marmotte pouvait nous offrir la sagesse, elle nous ferait prendre conscience de cette immense perte de notre biodiversité — et les milieux humides qui la soutiennent — cela devrait suffire à tous nous réveiller de l’hibernation.

La lutte pour la préservation de nos milieux humides est maintenant la lutte pour sauver notre biodiversité. Les zones humides sont une ressource biologique semblable aux forêts tropicales et aux récifs coralliens. Ils sont au cœur de la vie et ils ne peuvent pas être recréés. Là où les milieux humides souffrent, l’immense biodiversité qu’ils soutiennent souffre aussi.

Nous ne sommes pas seulement confrontés à un défi de la biodiversité, nous sommes au cœur d’une crise de la biodiversité. Un million d’espèces sont menacées d’extinction. Depuis 1970, nous avons perdu la moitié des animaux sur notre Terre. Et c’est seulement ce que nous pouvons voir. Les scientifiques ont identifié 1,5 million d’espèces sur notre planète, mais on estime que le nombre réel pourrait être de 10 millions ou plus. L’impact est largement inconnu.

Selon un article du journal The Guardian l’année dernière, le taux d’extinction des espèces peut être jusqu’à 1000 fois plus élevé avant que l’homme domine la planète. Ici, au Canada, le rapport 2019 sur l’état des oiseaux du Canada indique que notre pays a perdu de 40 à 60 % des populations d’oiseaux de rivage, d’oiseaux des prairies et d’insectivores aériens. Une étude nord-américaine a révélé que près de trois milliards d’oiseaux ont disparu depuis 1970. À elles seules, les forêts ont perdu un milliard d’oiseaux.

La perte de biodiversité est un jeu d’absolus. Les espèces disparues sont perdues à jamais. Il n’y a pas d’action, pas de tollé public, pas de résolution politique et aucun geste de la science pouvant recréer l’espèce et la valeur écologique qu’elles fournissent à cette Terre (malgré ce que Steven Spielberg et sa fiction Jurassic Park laissent présager). Ces pertes sont absolues, dévastatrices et inutiles.

Mais l’espoir apparaît avec les canards. Nos canards sont en plein essor. Nous croyons que ce qui fonctionne pour les canards peut être une indication pour améliorer la biodiversité. Les canards bénéficient directement d’une aide dévouée : des propriétaires de terres, des bénévoles, des donateurs, des chasseurs et des experts scientifiques sont engagés dans une politique de restauration, une prise de décision fondée sur des données probantes et l’apport de partenaires improbables autour de la table. Nous avons pris cet engagement et nous nous sommes concentrés dans une seule direction : les efforts de protection, de création de réserves fauniques et de restauration des habitats et des zones humides.

Le défi qui nous attend sera aussi de changer notre façon de penser. Pendant trop longtemps, nous avons examiné la conservation de notre climat, de nos écosystèmes, de notre paysage et de notre biodiversité sous un angle utilitaire. Pour répondre à la crise qui nous attend, nous devons adopter une approche plus vertueuse en nous demandant : qui sommes-nous si nous n’agissons pas ?

Le 2 février, ne laissez pas les prédictions des marmottes jeter une ombre sur notre occasion de faire notre part pour l’avenir de notre planète.

David Howerter, PhD,

Chef de la direction de la conservation,

Canards Illimités Canada