Le premier ministre Doug Ford

L’art de ne pas se tourner la langue

OPINION / L’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) exprime son profond mais vif désaccord avec le gouvernement de l’Ontario au sujet de l’élimination du projet de l’Université de l’Ontario français et l’abolition du Commissariat aux services en français de l’Ontario qui ont été rendues officielles dans le cadre de la mise à jour du budget à l’Assemblée législative de l’Ontario.

Il est dommage de constater que le désir d’épargner quelques dollars qui n’auront aucun impact sur l’ensemble de l’énoncé budgétaire aura surtout servi à plaire à une enclave électorale. 

L’AFMO comprend mal comment ses membres, des municipalités françaises et francophiles, pourront maintenir leurs services offerts à la francophonie sans le soutien d’un gouvernement qui n’aaucunement l’intention de reconnaître l’importance de la francophonie en Ontario. Évidemment l’AFMO comprend également très mal comment le gouvernement peut agir aussi irrévérencieusement sans consulter les protagonistes francophones qui ont incommensurablement contribué au développement des collectivités ontariennes. L’ADN de l’AFMO est constitué des batailles qu’ont livrées les francophones pour faire reconnaître leurs droits en Ontario. Que ce soit par la bataille de l’Hôpital Montfort ou les combats de tranchées qui ont marqué l’histoire de l’Assemblée législative, l’AFMO insiste pour affirmer que, en agissant ainsi, le gouvernement de Doug Ford lance un message péremptoire et provocateur. 

Les francophones et la francophonie, ce n’est certainement pas seulement une question de dollars en Ontario; c’est une question de passion, de cœur et de traditions qui ne sauront être amoindries par un absurde prétexte budgétaire.

La mission de l’AFMO étant d’offrir un forum et des outils aux élus, aux cadres et aux employés municipaux qui misent sur l’exécution de leurs tâches en français et sur le développement constant de liens avec des associations qui veulent se prévaloir des nombreuses avenues qu’offrent la francophilie etle bilinguisme, il est clair, pour elle et pour ses membres, que l’annonce d’hier constitue un affront. Par conséquent, l’AFMO demande une rencontre d’urgence avec le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. L’AFMO est également disposée à faire front commun avec tous les organismes qui œuvrent au maintien et au développement de la francophonie en Ontario. L’AFMO offre aux élus et aux cadres municipaux un forum et des services en français et agit en tant qu’intervenant et conseiller dans le domaine municipal.

Les auteurs du texte est Claude Bouffard, maire de la municipalité de la Rivière des Français et René Beaulne, directeur général par intérim de l'Association française des municipalités de l’Ontario.