Kigali, Rwanda

L’anglais au Rwanda

OPINION / En 2014, j’étais à Kigali, au Rwanda, pour compléter les études de faisabilité visant la construction d’un nouvel hôpital universitaire avec les représentants du ministère de la Santé.

Je fus pour le moins surpris de constater que tous ces fonctionnaires utilisaient l’anglais plutôt que le français. Je croyais que le français était une langue officielle sur un pied d’égalité avec le kinyarwanda, la seule langue parlée par toute la population.

Je me trompais.

Les relations entre le Rwanda et la France, accusée par Kigali d’avoir joué un rôle dans le génocide, s’étaient sérieusement dégradées. En 2008, Kigali a remplacé le français par l’anglais comme langue d’enseignement obligatoire dans le public. L’année suivante, le pays, toujours membre de la Francophonie, rejoignait le Commonwealth.

Pendant plusieurs semaines, je pus constater les effets dévastateurs de cette décision du président Paul Kagame dans le quotidien des Rwandais. Partout à Kigali, l’anglais avait remplacé le français. Les affiches publicitaires, les documents officiels et les panneaux routiers étaient dorénavant écrits... en anglais. L’enseignement primaire, secondaire et universitaire est maintenant exclusivement dispensé en anglais, au Rwanda.

Et voilà que l’opportuniste président Kagame revient sur la scène internationale en souhaitant que sa représentante prenne une place importante dans la francophonie. En effet, supportée par la France, le Canada et le Québec, la nouvelle secrétaire de l’Organisation internationale de la Francophonie pourrait bien être rwandaise.

Le Rwanda ne devrait même pas être membre de l’OIF. Faut-il être à ce point aveugle ou tout simplement ignorant pour supporter la candidature d’une candidate provenant d’un pays qui a abandonné l’utilisation du français? À qui profiterait une telle nomination?

Jean-Benoit Cournoyer, Gatineau