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Lâchons nos cris rauques et rocheux pour l’Université de Sudbury

À vous la parole
À vous la parole
Le Droit
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POINT DE VUE / L’Université Laurentienne s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers le 1er février dernier; son campus du lac Ramsey en tremble encore. Depuis, l’équipe de direction et le Conseil des régents de l’Université de Sudbury redoublent d’efforts pour assurer la survie de leur établissement et pour la transformer en université gouvernée «par, pour et avec» les Franco-Ontariennes et les Franco-Ontariens.

Lorsque j’ai accepté la présidence du Conseil des régents de l’Université de Sudbury, j’étais loin de me douter que je me retrouverais au cœur d’un des dossiers les plus brûlants dans le domaine de l’éducation postsecondaire en Ontario français depuis plusieurs années: celui de la création d’une université à Sudbury au service de la communauté de langue française dans toute sa diversité.

L’Université de Sudbury tient à exprimer sa reconnaissance à la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone, l’Association canadienne-française de l’Ontario du grand Sudbury (ACFO), l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), ainsi qu’à l’avocat et constitutionnaliste maître Ronald Caza pour leur engagement dans ce dossier si important pour notre communauté. L’expression de notre gratitude va également à toutes celles et à tous ceux qui travaillent à l’avant-scène ou en coulisse afin de réaliser ce projet.

Plusieurs mesures ont été mises en œuvre pour garantir la réussite de ce grand projet, dont la campagne de lettres lancée par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Vous trouverez la version électronique de cette lettre sur le site web de l’AFO. Vous pourrez l’adapter et la transmettre au recteur ainsi qu’au président du Conseil des gouverneurs de l’Université Laurentienne. J’incite ceux et celles qui croient aux droits des minorités linguistiques à se mobiliser pour assurer la pérennité de la programmation universitaire de langue française dans le Moyen-Nord de l’Ontario.

J’en appelle particulièrement aux membres de la diaspora du Nord de l’Ontario à faire entendre leur voix. Que vous habitiez à Gatineau, à Montréal, à Moncton, à Halifax, à Winnipeg, à Yellowknife ou à Vancouver, je vous encourage à prendre une part active au débat.

Quand on vient du nord de l’Ontario et qu’on a Sudbury dans les tripes, notre mémoire est marquée par la musique du groupe CANO, son album Au Nord de notre vie et la voix chaude et puissante de Rachel Paiement lorsqu’elle lance son cri du cœur : «Nous têtus / souterrains et solitaires / Lâchons nos cris rauques et rocheux / aux quatre vents de l’avenir possible».

Cet «avenir possible», il est maintenant. Le temps est venu pour réaliser ce projet d’une universitée de langue française puisqu’elle a été convoitée, imaginée et souhaitée par des générations de Franco-Ontariens et de Franco-Ontariennes. C’est l’occasion de doter la communauté franco-ontarienne de la grande région de Sudbury d’un système complet d’enseignement en langue française, du préscolaire à l’universitaire. Qui plus est, notre université de langue française contribuera à endiguer l’exode de nos jeunes cerveaux et à dynamiser notre communauté et notre économie tout en répondant aux besoins du marché de l’emploi.

L’historien sudburois et cocréateur du drapeau franco-ontarien, feu Gaétan Gervais, affirmait qu’«on ne dira jamais assez la nécessité pour un groupe en situation minoritaire d’insister sur ses structures propres, ici et maintenant, pour éviter toute stagnation, acculturation, assimilation ou absence de dynamisme». Le professeur Gervais nous incite à l’action, maintenant. La cause est noble et galvanise les forces vives de l’Ontario français.

Il y a urgence d’agir ! Créons notre université de langue française à Sudbury! Il nous faut être présents à ce rendez-vous historique, ici, maintenant!

Pierre Riopel, Président du Conseil des régents de l’Université de Sudbury