François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

La réinitialisation de cette élection

Nous avons constaté un mouvement hors de l’ordinaire dans nos sondages au cours du week-end dernier. Pas étonnant que les commentaires des analystes de la campagne électorale aient porté ces derniers jours sur le comportement de M. Legault et sur les changements importants observés dans les chiffres du BAROMÈTRE ÉLECTIONS 2018 compilés par Recherche Mainstreet pour le compte de Groupe Capitales Médias.

Il est clair que depuis jeudi soir dernier, le soutien à l’égard de la CAQ diminue. Ces appuis perdus sont allés à la fois au PQ et à QS. Rien n’est allé aux libéraux qui conservent plus ou moins les mêmes intentions de vote depuis le lancement de la campagne.

Si les élections avaient lieu aujourd'hui, la CAQ serait toujours gagnante en raison de ses fortes positions dans les banlieues de Montréal, à Québec et en région. La bonne répartition géographique du vote caquiste rend ce vote efficace et rend donc la formation du chef François Legault très difficile à battre.

J'ai déjà parlé des 72% de personnes qui nous disent vouloir un changement. Ce nombre est resté solide et constant depuis le début des élections. Y a-t-il quelque chose qui puisse affecter ce chiffre ? Le désir de changement continuera-t-il d'être la principale préoccupation des Québécois et, dans l'affirmative, se rallieront-ils au parti qui, selon eux, a les meilleures chances de vaincre les libéraux ? Ou continueront-ils à fragmenter ce vote de changement ?

À cet égard, il nous faut maintenant surveiller le Parti québécois très attentivement. Si son soutien continue de croître avec celui de QS, comment cela affectera-t-il ces 72% ? Le PQ pourra-t-il ou peut-il gagner suffisamment de soutien pour menacer la CAQ ? Qu'en est-il de Québec Solidaire ? Les troupes de Manon Massé peuvent-elles conserver suffisamment de « vote progressif » pour empêcher les chiffres du PQ de monter vraiment ?

À l'heure actuelle, le total des intentions de votes accordés au PQ et à QS représente presque 40%. S'il y a un gouvernement minoritaire, l'un de ces partis pourrait-il avoir la balance du pouvoir à l’Assemblée nationale ? Est-ce cela que les Québécois veulent voir ? Comment une telle dynamique pourrait-elle affecter le choix des électeurs au cours des deux dernières semaines ?

Si vous avez suivi le BAROMÈTRE de près, vous devriez maintenant commencer à regarder attentivement les tableaux liés au second choix. Pour les électeurs de la CAQ,

leur deuxième choix, c’est d’abord et avant tout le PQ. Pour les électeurs du PQ, il y a plutôt une répartition égale entre le CAQ et le QS.

Ces changements dans les intentions de vote des électeurs vont certainement affecter les deux derniers débats, en particulier le deuxième débat français, jeudi. François Legault doit faire tout ce qu'il peut pour amener les échanges vers des sujets où il est plus à l'aise. Jean-François Lisée doit, lui, essayer de maintenir et de développer l'élan amorcé avec le premier débat.

Pour sa part, Philippe Couillard doit essayer de trouver un moyen de faire passer le PLQ au-delà de la barre des 28% où ses troupes sont coincées depuis le début. Enfin, Manon Massé doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour consolider les modestes gains réalisés par QS et espérer qu'ils se traduiront en sièges le 1er octobre. Cela peut être plus difficile que prévu, car leurs principales batailles se déroulent dans plusieurs circonscriptions où le PQ fait aussi bonne figure. Or si le PQ prend de la force, ça peut difficilement avantager les solidaires.

Steve Pinkus

Vice-Président, Recherche Mainstreet

stevep@mainstreetresearch.ca

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