Lundi prochain, ce sera le jour de la fête du Canada.

La reconnaissance d’un citoyen envers le Canada

OPINION / Cerise sur le gâteau, mon été reste ensoleillé par une autre date marquée en lettres d’or dans mon cœur et que je célèbre avec une joie immense : le 1er juillet, jour de la fête du Canada, ce beau et grand pays que j’aime ou plutôt que j’amoure à perpétuité.

En témoignant mon amour pour ce pays qui nous a généreusement accueillis, ma femme et moi il y a plus d’une dizaine d’années, et qui a vu naître sur son sol mes deux magnifiques trésors, je rends un vibrant et sincère hommage aux aînés qui ont bâti et façonné cette nation et qui l’ont rendue le plus beau pays au monde où il fait beau vivre.

Je suis né d’une femme formidable dont le sang circule dans mes veines et à laquelle je suis attaché à jamais. Autant je suis né et grandi dans un autre pays qui a vu les premiers balbutiements de ma vie sur cette terre et dont je porte le bagage culturel et émotionnel, mais à la suite des péripéties de la vie, aujourd’hui j’ai choisi de jouir de l’hospitalité du Canada.

Il m’a généreusement adopté et à mon tour je me suis engagé à mettre toute mon énergie et mon intelligence à son service. En ce 1er juillet nous chantons chez moi à l’unisson familial Ô Canada et communions avec nos concitoyens cette symbiose multiculturelle d’un Canada fort et uni dans une parfaite harmonie des différences.

Le Canada n’est pas seulement grand par sa superficie mais surtout par ses valeurs d’inclusion et de tolérance qui m’ont permis de m’intégrer socialement, professionnellement et devenir un citoyen à part entière qui jouit pleinement de ses droits et s’acquitte correctement de ses obligations.

Venu de loin avec un bagage culturel, intellectuel, émotionnel authentiquement burundais, je l’ai aujourd’hui élargi et enrichi avec l’expérience et la culture canadiennes, à travers une connexion intense et particulière établie par l’équipe du programme d’intégration de nouveaux arrivants du collège La Cité.

Pour subvenir aux besoins de ma famille j’ai fait mes premiers pas professionnels dans l’enseignement de la langue de Molière aux fonctionnaires du gouvernement fédéral à Ottawa où en transmettant mon savoir, j’apprenais en même temps, de mes apprenants, l’histoire et la culture canadiennes. Leurs encouragements personnels et leur marque de confiance gardent une place de choix dans mon cœur et m’ont permis d’aller toujours de l’avant.

Cet échange m’a offert une opportunité de nouer des amitiés profondes au-delà du cadre professionnel, lesquelles amitiés m’ont vite élargi les horizons. Parfois je me demande si Randy Marquart, mon meilleur ami, n’est pas réellement un frère de sang qui, je ne sais par quel miracle, a simplement la peau blanche; tellement nous sommes proches et l’amitié qu’il m’a témoignée est sans pareil.

Mes nouveaux amis m’ont fait découvrir les bibliothèques, les parcs, les bars, et les arénas où j’ai assisté en direct pour la première fois de ma vie à un match de hockey. À dater de ce jour, je suis un sympathisant des Sénateurs d’Ottawa, ma ville d’accueil.

Ces amis m’ont beaucoup appris sur la fonction publique et comment postuler pour différents postes, mais aussi qu’il faut s’armer de beaucoup de patience. Aujourd’hui je sers avec fierté mon pays à la Gendarmerie royale du Canada, l’une des plus prestigieuses institutions qui assurent la protection et la sécurité des Canadiens.

Pour garder allumée cette flamme citoyenne d’intégration je me suis engagé dans UNNIC (Unis pour une Intégration Consciente au Canada) une association dont je suis commissaire pour aider les nouveaux arrivants à mieux s’intégrer sur tous les plans dans ce nouveau pays d’accueil.

À la veille de la célébration de la fête du Canada, je prends le temps de méditer sur l’immensité de l’engagement, des efforts et du sacrifice suprême des aînés qui ont bâti notre pays. À défaut de l’exprimer personnellement à ces héros bâtisseurs du Canada je prends des deux mains, en leur mémoire, le drapeau rouge et blanc de cette grande nation, je l’embrasse en lui jurant amour et fidélité pour ce qu’il est et ce qu’il a, ses pleines et ses montagnes, ses froids rudes et ses chaleurs torrides. Je lui serai toujours reconnaissant. Je t’aime Canada !

L'auteur est Corneille Nibaruta.