L'Hôpital Montfort.

La peur

La peur exerce une force négative remarquable. J'en ai été témoin chaque fois qu'en Ontario français, nous avons entrepris les démarches pour doter notre communauté de nouvelles institutions. Qu'il s'agisse de l'autonomie des conseils scolaires ou de TFO, des collèges communautaires, de l'hôpital Montfort, de salles de théâtre et j'en passe, chaque fois, des canons tirent sur le projet, affirmant que jamais il ne se réalisera. Ce sera trop petit, répète-t-on, nous n'avons pas les compétences, la population visée y préfère les institutions bilingues qui nous servent si bien, ce serait trop compliqué sur les plans législatif et financier... les arguments pullulent. Toute création fait face à des obstacles, réels ou inventés. Avec courage et imagination, on les surmonte toujours. Les jeunes qui réclament une éducation postsecondaire pour et par les francophones jouissent de l'appui d'une vaste panoplie de personnes qui y croient depuis des décennies. Peu importe le modèle proposé, il est possible de le créer! Les institutions existantes devront se mobiliser, lâcher prise, faire preuve d'ouverture, vivre leurs deuils et inventer l'avenir plutôt que de s'y buter. Le rêve ne doit pas céder aux arguments décourageants et surtout pas à la peur de ceux qui les répètent.