L'école secondaire publique Gisèle-Lalonde

La parole d’un jeune

OPINION / Aujourd’hui, plutôt que de vous écrire comme individu représentant mes opinions, je vous écris comme un étudiant qui cherche à donner une voix à sa communauté.

Il y a peu, nous étions témoins des faits qui avaient l’air d’un cauchemar. Ce n’était pas un mauvais rêve mais notre triste réalité.

Cette réalité est simple et pourrait engendrer des conséquences graves. Elle consiste en l’assimilation des francophones, et le premier pas prit par le gouvernement vers la négligence de notre langue et notre identité.

Nous, en tant qu’élèves comme enfants, avons osé rêver à un futur qui avait été promis par nos parents. Ils ont travaillé d’arrache-pied pour assurer un meilleur futur.

Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec nos ailes coupées, devant notre rêve brisé. Forcés à faire face au présent. Un présent dans lequel le projet de l’Université de l’Ontario français et le Commissariat aux services en français ont été coupés. Ces changements réfléchissent l’attitude discriminatoire du gouvernement envers nous.

Le rôle du gouvernement dans une démocratie est de représenter la voix de tout le peuple et non seulement la voix de ceux qui l’ont élu.

Son rôle est aussi de faire ce qui convient à la majorité, sans négliger la minorité.

Parce qu’en fin de compte, minorité ne veut pas dire infériorité. Le fait qu’on est moins nombreux ne signifie pas qu’on vaut moins.

Malgré que la constitution indique que le Canada a deux langues officielles, il paraît qu’on cherche à mettre l’anglais devant tout.

On trouve épouvantable le fait que plus de 600 000 personnes qui sont fières de leur langue et de leur culture sont forcées à la mettre de côté pour pouvoir avancer dans leur vie.

Le gouvernement de Doug Ford, au lieu de nous forcer dans cette situation, devrait nous aider à sauvegarder et continuer à être fier de qui nous sommes en protégeant notre culture. Nous avons le droit de nous exprimer, vivre et étudier en français. C’est le travail du gouvernement de bien représenter nos intérêts. Nous savons aussi que les droits ne sont pas toujours respectés et que parfois, il faut se battre pour les avoir. Nous sommes prêts pour ça: voilà notre travail comme citoyens, faire entendre nos voix et faire respecter nos droits. Seulement à notre école, nous sommes plus de 1100 élèves, dans notre conseil scolaire, nous sommes plus de 16000, sans compter les membres du personnel qui sont au moins 5000. Tous de fiers francophones, tous qui aimons mieux nous exprimer en français qu’en anglais et surtout, tous qui aimerons mieux poursuivre nos études en français qu’en anglais.

Nous vous demandons seulement d’avoir les mêmes opportunités et droits que les autres, rien de plus, mais surtout rien de moins.

Ce texte a été écrit par José Barragán, sénateur senior de l'école secondaire publique Gisèle-Lalonde.