Doug Ford

La francophonie canadienne et le Québec: un avant et un après Doug Ford?

OPINION / Cinquante ans après les États généraux du Canada français et l’adoption de la première Loi sur les langues officielles au Canada, depuis le 15 novembre 2018, nous témoignons d’un renouveau du dialogue entre l’ensemble des francophones du Canada.

En simplifiant, rappelons que dès les débuts de la Confédération, des mouvements de solidarité entre le Québec et les francophones du pays ont marqué l’histoire du pays, que l’on pense à l’époque de Louis Riel, au Règlement 17, à la cause Montfort pour ne nommer que les plus connues. Sur le plan institutionnel, les gouvernements du Québec qui se sont succédé depuis les années 1960 ont aussi adopté des politiques d’appui aux minorités francophones du Canada.

Pour sa part, le gouvernement de René Lévesque a créé le Secrétariat des peuples francophones d’Amérique et celui de Jean Charest, le Centre de la francophonie des Amériques.

Par contre, cette solidarité entre francophones a été mise à rude épreuves de façon régulière pendant les derniers 30 ans. Des moments de rupture, des comportements d’indifférence et des manifestations d’ignorance ont souvent caractérisés les rapports entre les francophones du Québec et du reste du Canada. Rupture, lorsque le gouvernement québécois témoignait devant les tribunaux pour protéger ses champs de compétences malgré les torts causés aux minorités francophones. Indifférence lorsque ceux-ci prenaient la parole dans une diversité de forum pour parler de leur situation. Ignorance, quand on entendait dire dans les médias que les francophones ne parlaient plus leur langue.

Le mouvement de solidarité en cours puise donc son sens d’une histoire complexe et mal connue, qu’il importe de plus en plus de rappeler afin d’en tirer des enseignements et pour préparer l’avenir. Ce mouvement est également unique tellement il s’est exprimé presque de façon instantanée, en partie grâce aux médias sociaux. Est-ce un mouvement qui pourra faire reculer le premier ministre de l’Ontario ou tout autre gouvernement qui cherchera à miner les droits des francophones au pays, comme cela semble le cas en ce moment au Nouveau-Brunswick? Quelle sera sa force sur la scène canadienne? Quel sera son incidence sur les rapports entre le Québec et les autres francophones du pays? Quelles leçons devrions-nous tirer de l’histoire des solidarités passées pour mieux préparer l’avenir?

La Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques et la Chaire de recherche sur le Québec et les mutations culturelles en collaboration avec la Chaire Jean-Luc Pepin sur le fédéralisme et les institutions vous invite à une journée d’étude, qui réunira des acteurs et des chercheurs du Québec et des autres provinces afin d’apporter un éclairage à chaud sur ces questions.

Pour consulter le programme de la journée ou pour vous inscrire : crfpp@uottawa.ca ou www.crfpp.uottawa.ca.

Les auteurs du texte sont Linda Cardinal de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques, Martin Meunier de la Chaire de recherche sur le Québec et les mutations culturelles et François Rocher de la Chaire de recherche Jean-Luc Pepin sur le fédéralisme et les institutions de l'Université d’Ottawa.