La Journée internationale de la Francophonie est célébrée avec ferveur par tous les locuteurs francophones et francophiles établis un peu partout sur les cinq continents.

La francophonie aux creux des vagues

OPINION / La Journée internationale de la Francophonie, qui a lieu le 20 mars de chaque année, est célébrée avec ferveur par tous les locuteurs francophones et francophiles établis un peu partout sur les cinq continents, pour témoigner de la vitalité de la langue française et réaffirmer notre attachement aux valeurs véhiculées par cette langue, qui sont des valeurs fondées sur le respect de la démocratie, de l’État de droit, de la primauté du droit et des droits de la personne, qui nous unissent au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

La Journée internationale de la Francophonie, qui a lieu le 20 mars de chaque année, est célébrée avec ferveur par tous les locuteurs francophones et francophiles établis un peu partout sur les cinq continents, pour témoigner de la vitalité de la langue française et réaffirmer notre attachement aux valeurs véhiculées par cette langue, qui sont des valeurs fondées sur le respect de la démocratie, de l’État de droit, de la primauté du droit et des droits de la personne, qui nous unissent au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

La célébration de cette année prend une dimension toute particulière aussi bien au Canada que dans l’ensemble de l’espace francophone, en ce sens que, ici au Canada, elle coïncide avec le cinquantième anniversaire de l’adoption, en 1969, de la Loi sur les langues officielles. Et, à l’échelle internationale, les pays membres de la Francophonie s’apprêtent à célébrer avec faste, l’an prochain, le cinquantième anniversaire de la création de ce qui est aujourd’hui devenue l’OIF.

À mon avis, l’essentiel n’est pas tant de célébrer ces anniversaires mémorables, mais surtout de profiter de cette occasion pour faire le point des progrès réalisés au cours de cinq dernières décennies, tant au niveau national qu’international. En ce qui concerne la Loi sur les langues officielles spécialement, de faire le bilan global des efforts déployés par nos gouvernants pour la mise en œuvre effective de cette Loi, d’une part, et la contribution de chaque francophone du Canada à la vitalité de sa langue française, non seulement dans la sphère privée et familiale, mais aussi dans la sphère publique et professionnelle, d’autre part.

En effet, la Loi sur les langues officielles établit le français et l’anglais en tant que les deux langues officielles du Canada et prévoit le soutien aux minorités de langue française et de langue anglaise, disséminées à travers le Canada. Cette Loi établissait les bases de la protection et de la mise en valeur de la dualité linguistique au Canada, tout en reconnaissant le caractère officiel de ces deux langues au Canada et en leur accordant égalité de statut, de droits et de privilèges. Il est donc essentiel que, cinquante ans après, nous puissions souligner les avancées remarquables accomplies, mais également rappeler le chemin qui reste à parcourir en vue d’atteindre les objectifs de cette Loi.

Cet examen de conscience a toute sa raison d’être surtout en cette année cruciale où les droits linguistiques semblent durement malmenés dans certaines provinces du pays. On n’a qu’à penser notamment aux soubresauts qui ont récemment agité les communautés francophones en situation minoritaire à travers le pays, et plus particulièrement la communauté franco-ontarienne, avec l’annulation de son projet, très avancé, de la création d’une Université de langue française en Ontario qui devait s’ouvrir en 2020, ou encore à la grande déception de la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick, face à la décision d’annuler les IXes Jeux de la Francophonie prévus en 2021 à Moncton-Dieppe. Point n’est besoin de rappeler toutefois que la langue française est la langue fondatrice du Canada.

Il est plus que temps d’attirer expressément l’attention de nos deux paliers de gouvernements respectifs sur la nécessité de promouvoir la dualité linguistique, de garantir les droits linguistiques et de protéger les droits des minorités, conformément à la Charte canadienne des droits et libertés; de dépoussiérer la Loi sur les langues officielles pour l’adapter aux nouvelles réalités du moment afin qu’elle continue à répondre aux besoins actuels et futurs des Canadiens de tous les horizons et de tous les coins du pays.

Une chose est sûre, la population canadienne s’agrandit et se diversifie davantage, ce qui accroît en même temps le besoin et la nécessité, non seulement de veiller à ce que les droits de chacun soient bien définis, reconnus, protégés et pleinement respectés sans distinction aucune, mais également de trouver des points communs sur les valeurs démocratiques fondamentales que nous partageons tous, pour assurer un vivre ensemble harmonieux fondé sur une meilleure connaissance de l’Autre.

Que dire de la Francophonie internationale?

L’OIF est une organisation intergouvernementale internationale qui a pour mission essentielle de promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique. Depuis des années, elle mène, entre autres, des actions en faveur de la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de la personne. Ces valeurs fondamentales constituent le socle sur lequel s’est construite l’action de cette Organisation.

Les Canadiens sont naturellement attachés aux principes de la liberté, de la démocratie, des droits de la personne et de la primauté du droit. Et, le Canada a toujours accordé beaucoup d’importance aux actions menées par l’Organisation dans ces domaines, ce qui justifie d’ailleurs sa contribution énorme au budget annuel de l’OIF pour son bon fonctionnement. Notre souhait le plus cher, en tant que francophone, est que le Canada redouble de vigilance à ce que les missions essentielles de promotion de la démocratie, de l’État de droit et des droits de la personne ne soient marginalisées dans la perspective d’une restructuration possible des mandats de l’Organisation.

En effet, ce qui rend la Francophonie plus attractive et suscite une large adhésion de nombreux États et gouvernements, qui n’ont rien commun avec la langue française, c’est sa force de cohésion, ses liens de coopération, mais aussi les valeurs qu’elle véhicule et la diversité des perspectives qu’elle a su conjuguer tout au long de sa trajectoire et qui font d’elle aujourd’hui l’une des organisations internationales sérieuses aux yeux du monde extérieur. C’est donc une plus-value qui mérite d’être préservée à tout prix.

À toutes fins utiles, chaque Canadien, soit-il francophone ou francophile, dont la vie est empreinte de la langue française et des valeurs francophones, devrait naturellement être appelé à contribuer à sa manière, à la promotion de la langue française et à la vitalité de notre francophonie nationale et internationale.

L'auteur du texte est Isidore Kwandja Ngembo, politologue d'Ottawa