Il faut raviver la fierté de travailler dans le réseau de la santé et des services sociaux, fait valoir un ex-gestionnaire du CISSS de l'Outaouais.

La dérive de la gestion du réseau de santé et des services sociaux

OPINION / Tel un capitaine d’un voilier sans gouvernail, sans dérive qui regarde seulement l’efficacité du vent dans sa voile, il commande ses matelots sans avoir les outils essentiels pour arriver à bon port. Ces éléments compromettent le leadership et le climat de travail à bord du vaisseau. Perte d’énergie, épuisement et rétroaction qui visent l’obligation d’offrir ses talents sans savoir où l’on se dirige.

Il faut revoir le travail afin de favoriser un meilleur climat dans le réseau de santé et des services sociaux : rehausser les outils de gestion pour revaloriser la reconnaissance, le professionnalisme, la bienveillance, la collaboration et le devoir du travail accompli.

Le courant actuel préconise une gestion d’efficience et d’efficacité en regardant les résultats, la production de services et l’équilibre budgétaire. Nous sommes dans l’aire d’optimisation de services et nous devons vivre cette culture orrganisationnelle en prenant pour acquis que le personnel du réseau a la vocation jusqu’à l’épuisement. Eh oui, nous nous rendons à cette étape car le bateau n’a plus son gouvernail et sa dérive pour arriver à bon port. Le personnel offre leur expertise avec une perte de sens.

Le gouvernement de Philippe Couillard a tenté d’optimiser les services avec un succès mitigé. 

Sur le plan financier, il y a eu un rattrapage précaire de l’équilibre budgétaire mais à quel prix? Il faut maintenant rajouter à cette réforme une vision qui redonne la fierté du personnel dans un climat de travail qui met l’emphase sur l’actualisation des résultats. Il faut maintenant investir un budget pour remonter le moral des équipes dans un environnement d’entraide et de soutien. Si nous voulons de la relève, il faut s’en occuper rapidement en coordonnant les efforts du réseau et des écoles d’enseignement. Pour raviver la vocation, nous devons investir en formation, en coaching clinique, en réseautage d’expertise, en appréciation des services rendus auprès des gestionnaires et du personnel clinique.

Une autre clé du succès est de raviver la fierté de travailler dans le réseau de la santé et des services sociaux. Cette fierté est relié à la satisfaction du travail accompli. Pour savoir où l’on se dirige, il faut avoir les outils, le gouvernail, la dérive, les voiles et une équipe qui a confiance de se rendre à bon port.

Dans le réseau, il y a la mission, les orientations, les ressources financières et humaines qui sont gérées par les gestionnaires. Il faut aussi ajouter les intervenants, le personnel de soutien qui offrent des services à la population. Tout ce monde doit vivre dans un milieu qui prône une satisfaction commune des résultats auprès des citoyens.

Il faut adapter le modèle économique des services et redonner aux intervenants du réseau leur fierté, leur autonomie professionnelle et miser aussi sur les approches humaines et éthiques. Cette recommandation va certainement améliorer le climat de travail tout en visant une optimisation de services. Il faut renouveler les outils cliniques qui soutiennent les pratiques. Un réseau en santé offre de meilleurs services intégrés à la population. Un capitaine de bateau arrive à bon port avec les bons outils et une équipe qui sait où l’on va et pourquoi? Qu’en pensez-vous?

L'auteur de ce texte, Clément Cloutier, est un ex-gestionnaire du Centre intégré de la santé et des services sociaux de l’Outaouais.