À quelques jours de l’adoption du budget municipal 2020 prévu le 10 décembre, le conseil d’administration de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) s’est positionné sur les mesures prévues par l’instance municipale pour la prochaine année.

La Chambre de commerce de Gatineau se prononce sur le budget de Gatineau

OPINION / À quelques jours de l’adoption du budget municipal 2020 prévu le 10 décembre, le conseil d’administration de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) s’est positionné sur les mesures prévues par l’instance municipale pour la prochaine année.

D’entrée de jeu, la CCG souligne l’augmentation de 4,6 % du budget annuel proposé, ce qui équivaut à environ 2 242 $ par citoyen (basé sur une population de 290 697). À l’annonce d’une augmentation de la taxe foncière de 2,1 % incluant le maintien de l’indexation de 0,5 % de la taxe dédiée aux infrastructures, Gatineau est la ville qui a connu la hausse la plus importante au cours des sept dernières années parmi les dix villes de 100 000 habitants et plus au Québec. Selon nos calculs, cette augmentation totalise 17,6 % de 2013 à 2019, comparativement à 16,56 % à Sherbrooke (en 2e position) pour la même période ou à 9,6 % à Laval (la plus faible hausse).

Par ailleurs, la CCG rappelle la nécessité de diversifier les revenus de la Ville, puisque les taxes foncières représentent 86,8 % des revenus pour 2020. Bien que 2,75 millions $ proviennent du Partenariat Québec - Municipalités 2020-2024 (Immobilisations et Fonds de développement des territoires), la CCG croit pertinent d’inciter la Ville au partage des recettes pour réduire la grande dépendance sur la taxation municipale aux citoyens et aux corporations. Voici quelques exemples qui pourraient être considérés : frais d’utilisateurs payeurs (compteur d’eau, aréna, piscines...), partenariats publics-privés, taxe sur l’essence, ventes de certains terrains qui appartiennent à la Ville et droit de mutation.

Plusieurs améliorations touchant positivement la communauté d’affaires sont toutefois à noter. La CCG voit d’un bon œil l’augmentation des frais d’administration concernant les ententes relatives à des travaux municipaux, qui passent de 4 à 6 % pour la création de deux postes de coordonnateur. Ceux-ci devraient permettre d’améliorer le service aux entreprises pour les travaux d’urbanisation et les demandes de nouveaux projets.

La CCG voit positivement l’optimisation de la gestion des stationnements au centre-ville avec l’augmentation du temps limite de 2 à 3 heures et l’installation d’horodateurs. Toutefois, il faut souligner que ces nouveautés s’accompagnent d’une augmentation du tarif horaire, qui passe de 2 à 3 dollars. Pour augmenter le pouvoir d’attraction du centre-ville, il est requis que la Ville fasse preuve d’ouverture et d’une certaine flexibilité pour les visiteurs de passage aux heures d’affluence, par exemple de 11 h à 13 h la semaine afin d’accommoder les commerces environnants.

On dénote une augmentation prévue du tarif des permis de construction, qui selon la CCG vient alourdir le fardeau financier des entrepreneurs immobiliers.

La vitalité économique d’une ville passe par la mobilité de ses citoyens. Il est important de considérer le développement des parcs immobiliers ainsi que l’interopérabilité avec le réseau de notre ville voisine. En effet, la qualité du réseau routier avec l’apport d’un 6e lien, les transports actifs (marche, vélo) ainsi que l’offre du service de transport en commun sont des investissements porteurs à ne pas négliger.

À la lumière des discussions du conseil municipal, la CCG tient à rappeler l’importance de dossiers absents des prévisions budgétaires qui concernent de près la communauté d’affaires de la région. Il est de mise de se positionner sur les taux de taxation des édifices commerciaux versus le résidentiel. En effet, la taxation des immeubles commerciaux représente 3 à 4 fois le taux résidentiel. À titre d’exemple, pour deux immeubles semblables, la taxe d’un dix logis résidentiels est d’environ 8 000 $ comparativement à 24 000 $ pour la même superficie d’un édifice commercial.

De plus, la taxe sur les terrains vagues desservis augmentée en 2019, qui ramène présentement un revenu de 3,5 millions $ à Gatineau, met une pression financière sur les propriétaires. Aucune proposition sur les perspectives de dédommagement des commerces lors de la fermeture des rues commerciales ne s’y retrouve, c’est pourquoi la CCG formulera des propositions à la Ville au courant de la prochaine année.

La CCG réitère l’importance d’investir des sommes dans des actions concrètes pour l’essor du développement économique afin d’être à la hauteur d’une des quatre plus grandes villes de la province. Par exemple, la création d’une zone d’innovation incluant une réserve pour des acquisitions immobilières et mise en valeur des édifices, ainsi que des investissements pour l’aéroport de Gatineau sont des éléments favorables à la vitalité économique. Il est toutefois souhaité que la planification stratégique municipale présentement en cours permette de mettre en valeur davantage d’investissements de la sorte.

La Ville se doit de renforcir le rôle d’ID Gatineau, un acteur important dans l’écosystème économique de notre région par son apport à différents projets ainsi qu’à une panoplie de services de soutien aux entrepreneurs et aux entreprises en croissance sur le territoire. Le montant alloué à l’organisme est présentement basé sur un fonds de 1 million $ non récurrent et de 400 000 $ par année provenant du Fonds de développement des territoires du Québec. Le créneau d’accompagnement en démarrage et l’accompagnement de startup, micro-entrepreneurs et petites entreprises est assuré par plusieurs autres entités et incubateurs sur le territoire (Cilex, La Boite, Institut Innovation Gatineau, l’incubateur en économie sociale ainsi que le nouvel incubateur en développement pour les entreprises en cybersécurité). Nous croyons que la Ville devrait investir dans le soutien de ces organismes afin de répondre aux lacunes et trous de service.

La CCG tient à souligner son intention de travailler en étroite collaboration avec les instances municipales afin de représenter les intérêts de la communauté d’affaires de la région dans les divers dossiers en lien avec le développement économique et l’entrepreneuriat.

Le texte est signé par la Chambre de commerce de Gatineau.