Jean-Robert Gauthier

Jean-Robert Gauthier, le père de l'offre active

Tour à tour député et sénateur, Jean-Robert Gauthier a été de tous les débats constitutionnels.
Il a réussi à faire réformer la Loi sur les langues officielles pour obliger le gouvernement canadien à prendre des mesures positives en vue de l'épanouissement et du développement des communautés de langue officielle. Il a aussi été un ardent défenseur de l'Hôpital Montfort. À deux reprises, en 2000 et en 2004, Jean-Robert Gauthier a déposé une motion pour officialiser le bilinguisme de la Ville d'Ottawa. Voilà qu'à son impressionnante feuille de route, nous avons découvert qu'il serait aussi l'un des architectes de la notion d'offre active au Canada.
Pourquoi faire de l'offre active?
La notion d'offre active est apparue dans le débat public à la fin des années 1970 à la faveur d'interventions du Commissariat aux langues officielles. Ce dernier cherchait un moyen pour empêcher que le critère de la demande suffisante pour des services en français ne serve de faux-fuyant à des institutions en quête de moyens de s'extraire de leurs obligations linguistiques. La notion d'offre active a fait son chemin jusqu'au Comité mixte spécial sur les langues officielles au Parlement canadien, duquel le député Gauthier était membre. Ce comité a proposé dans un rapport de 1981 que l'offre active soit formellement intégrée à la Loi sur les langues officielles. Elle a finalement été glissée dans la nouvelle loi adoptée en 1988, non sans d'autres interventions en amont du député Gauthier à la Chambre des communes.
En Ontario
Le principe de l'offre active s'est imposé en Ontario dans les années 2000. L'offre active de services en français consiste à offrir un service sans que le citoyen en fasse la demande. Lorsque nous arrivons dans un lieu public pour obtenir un service gouvernemental, il ne faudrait pas avoir à dire «do you speak French?» Des préposés devraient nous accueillir en français et en anglais. Toutefois en Ontario, l'offre active de services en français n'est pas inscrite dans la Loi sur les services en français, mais un Règlement oblige les organismes qui fournissent un service pour le compte du gouvernement d'offrir des services en français.
En ce mois de la francophonie comme en cette année du 150e anniversaire de la fédération canadienne, il est opportun de souligner le rôle clé que peuvent jouer les élus dans la progression de l'égalité du français et de l'anglais au pays. Comme l'a mentionné Benoît Serré lorsque Jean-Robert Gauthier fut nommé au Sénat : « il était un grand champion de la minorité francophone du Canada ». Grâce à son action, l'offre active de services en français est devenue un principe clé de l'offre de services au public au Canada.
Linda Cardinal, Université d'Ottawa
Martin Normand, Institut du savoir Montfort