Jeudi, le premier ministre Doug Ford a décidé d'abolir le Commissariat des services en français de l'Ontario. Selon le Jean Malavoy, sans le Commissariat, «plus rien ne protège l'application» de la Loi sur les services en français de l'Ontario.

J'accuse !

OPINION / La guillotine est tombée sur les services en français de l’Ontario. Le gouvernement Ford sans prévenir, sans débat, sans signes avant-coureurs, a décidé de fermer le Commissariat des services en français de l’Ontario et de mettre la clé dans le projet de l’Université de l’Ontario français.

Comme un dictateur, il a décidé de couper les vivres à cette communauté franco-ontarienne qui de toute façon n’a pas voté pour lui. C’est une coupure clinique, sur papier, faite en deux temps deux mouvements. Le syndrome du pitbull : attaquer sans prévenir. 600 000 Franco-Ontariens sont rayés de la carte dans le cœur même de leur réalité, c’est-à-dire leurs institutions.

La Loi sur les services en français de l’Ontario (Loi 8) qui est en vigueur depuis 1989 vise à protéger les droits des Franco-Ontariens. Le préambule de la Loi dit tout : « Attendu que la langue française a joué en Ontario un rôle historique et honorable, et que la Constitution lui reconnaît le statut de langue officielle au Canada; attendu que cette langue jouit, en Ontario, du statut de langue officielle devant les tribunaux et dans l’éducation; attendu que l’Assemblée législative reconnaît l’apport du patrimoine culturel de la population francophone et désire le sauvegarder pour les générations à venir; et attendu qu’il est souhaitable de garantir l’emploi de la langue française dans les institutions de la Législature et du gouvernement de l’Ontario, comme le prévoit la présente loi. » Que cela est bien dit, n’est-ce pas! Tout est là.

On ne peut pas du jour au lendemain abroger cette Loi ou la rendre caduque, car c’est le Commissariat des services en français qui veille à son application. Sans Commissariat, plus rien ne protège l’application de la Loi.

Le plus grave c’est que le gouvernement Ford, avec la complicité silencieuse de Caroline Mulroney, met en péril les fondements même de la confédération canadienne, dont nous venons de fêter le 150e anniversaire. On ne peut pas impunément rayer de la carte nos institutions, que nous avons mis 400 ans à construire. N’oublions-pas que ce sont les minorités qui maintiennent le reste du Canada à une température constante.

Mobilisons-nous. C’est ce que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, notre porte-parole, nous propose. Montons à Queens Park! Nous en sortirons encore plus forts. Vous verrez!

Jean Malavoy, directeur général de Muséoparc Vanier.