Le gouvernement avait mis à la disposition des régions le printemps dernier une somme de 300 millions $ pour éliminer les iniquités interrégionales en matière de santé. Par contre, la région de l’Outaouais a seulement hérité de 16 millions $ de cette somme.

IRIS : qui est vraiment malhonnête ?

Suivant le dévoilement de l’étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) , la députation provinciale de l’Outaouais persiste à nous dire qu’au cours des deux dernières années, le gouvernement a réinvesti dans notre réseau et que la plupart des problèmes sont presque résolus.

Quiconque suivant l’actualité régionale en santé est à même de constater que notre réseau est à la limite de l’implosion. Le réinvestissement qui a été fait dans les deux dernières années ne suffit même pas à rattraper les coupes que le régime d’austérité nous a imposées. Qui plus est, l’étude de l’IRIS présente très bien les disparités de financement de notre région par rapport à la moyenne québécoise.

Seul un véritable plan de réinvestissement pourrait venir éliminer le retard pris par notre région. Toutefois, la confection d’un tel plan semble au-dessus des capacités de nos députés puisque depuis plus de 40 ans, ils laissent la situation s’envenimer. À la suite du dévoilement de l’étude, le député de Chapleau, Marc Carrière, nous a expliqué que le gouvernement avait mis à la disposition des régions le printemps dernier une somme de 300 millions $ pour éliminer les iniquités interrégionales en matière de santé. Par contre, ce qu’il ne nous a pas dit, c’est que la région de l’Outaouais a seulement hérité de 16 millions $ de cette somme… bien loin des 250 millions $ identifiés comme manque annuel par l’étude. De plus, dans un communiqué de presse daté du 16 avril 2018 du ministère de la Santé et des Services sociaux concernant les 16 millions $ pour la région de l’Outaouais, on peut lire : « L’investissement annoncé aujourd’hui permettra d’éliminer l’écart de façon durable et définitive ». Cette déclaration est donc bien surprenante !

Pas l’ombre d’une remise en question de la part de nos députés, alors qu’il est urgent d’agir ! Qu’on nous comprenne bien ici et que l’on cesse la démagogie à l’endroit de ceux qui réclament que l’on rapatrie une partie de nos services vers le Québec. Nous ne réclamons pas un rapatriement tous azimuts, nous disons que jamais une ébauche sérieuse de plan de rapatriement ne nous a été présentée.

Les citoyens de l’Outaouais sont-ils des citoyens de seconde zone ? Pourquoi n’aurions-nous pas le droit de bénéficier de la Loi sur les services de santé et services sociaux (qui régit le système de santé au Québec) nous garantissant un service en français ? Parce qu’aller se faire soigner en Ontario, ce n’est pas réellement un choix…

La ministre Stéphanie Vallée, ministre responsable de la région de l’Outaouais, a quant à elle parlé de malhonnêteté intellectuelle pour qualifier les résultats de l’étude de l’IRIS. Je ne crois pas me tromper ici en affirmant que ce sont nos députés libéraux qui font preuve de malhonnêteté intellectuelle. Nous ne sommes pas dupes ! La malhonnêteté c’est persister à se fermer les yeux et prétendre représenter la population de l’Outaouais.

La publication de l’étude de l’IRIS fut l’occasion pour nos députés d’amorcer une réflexion sur nos réseaux de santé et d’éducation. Occasion ratée de leur part.

Je souhaite qu’au cours de la présente campagne électorale qu’un candidat nous propose un plan de rapatriement et de réinvestissement pour la région.

L'auteur du texte est Michel Quijada, président du Conseil central de l’Outaouais-CSN.