Logemen’occupe trouve indécent que le gouvernement du Québec n’ait pas ajouté d’investissements dans les logements sociaux, ni annoncé l’utilisation des sommes obtenues du fédéral dans sa mise à jour économique.
Logemen’occupe trouve indécent que le gouvernement du Québec n’ait pas ajouté d’investissements dans les logements sociaux, ni annoncé l’utilisation des sommes obtenues du fédéral dans sa mise à jour économique.

Investissements réclamés en matière de logement social et communautaire

À vous la parole
À vous la parole
Mme la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec, Andrée Laforest,

Logemen’occupe trouve indécent que le gouvernement du Québec n’ait pas ajouté d’investissements, ni annoncé l’utilisation des sommes obtenues du fédéral dans sa mise à jour économique du 12 novembre dernier. Dans le contexte actuel, nous estimions que cela était le minimum espéré suite à l’annonce de la signature de l’Entente Québec-Canada sur le logement.

Lors de l’annonce de cette entente, vous avez déclaré que l’habitation est une priorité pour votre gouvernement. Alors que la crise du logement et de l’itinérance continue de créer des drames quotidiens au Québec, dans la région de l’Outaouais, et particulièrement à Gatineau, comment comprendre une telle absence de nouveaux investissements à l’égard du logement social et de la lutte au mal-logement?

Comme plusieurs autres groupes impliqués dans la lutte à l’itinérance, Logemen’occupe comptait minimalement sur l’ajout de nouvelles sommes d’argent dans cette mise à jour économique. Cela aurait permis de compléter le financement des 12 500 logements sociaux budgétés par les gouvernements antérieurs, mais toujours pas construits; ce que la Coalition avenir Québec s’est engagée à faire à l’intérieur de son premier mandat.

Alors que la pénurie de logements, la hausse importante du coût des loyers, la spéculation et la pandémie ont fragilisé la situation de nombreux locataires du Québec et de l’Outaouais, Logemen’occupe demande, de concert avec le FRAPRU, que de nouvelles unités soient annoncées dans le programme AccèsLogis dès le prochain budget. Vu les contributions fédérales récemment obtenues, les ménages mal-logés et les sans-logis sont en droit d’avoir enfin des réponses à leurs besoins. À Gatineau, comme dans plusieurs autres municipalités du Québec, le développement de projets d’habitation sociale est freiné par votre refus de lancer une nouvelle programmation. Selon les dernières données de l’Association des groupes de ressources techniques du Québec, des projets totalisant 10 000 logements ne peuvent être démarrés au Québec et en Outaouais faute de financement. Dans le contexte actuel, cela est complètement indécent.

Je vous rappelle qu’en Outaouais, 8 175 ménages locataires paient plus de 50% de leurs revenus pour se loger, au détriment de leurs autres besoins essentiels; près de 1000 ménages locataires sont en attente pour un logement public subventionné et désespèrent de devoir attendre des mois, voire des années pour y avoir accès. Une grande partie des locataires pauvres en recherche de logement, qui font appel à nos services, se retrouvent dans une situation intenable et, malheureusement, souvent sans logis et en situation d’itinérance.

Les ménages qui ont dû signer un bail récemment ont vu les loyers exploser, les logements familiaux sont particulièrement rares et de trop nombreuses familles doivent demeurer dans un logement surpeuplé ou insalubre. Cela illustre l’insuffisance du filet social en matière de logement.

Dans ces circonstances, il nous apparaît impératif que, dans le prochain budget d’Éric Girard, des sommes suffisantes soient prévues, non seulement pour réaliser les logements sociaux déjà promis, mais également pour lancer une programmation pluriannuelle, ce qui permettrait au Québec de se doter d’une vision à long terme pour sortir définitivement de la crise du logement et de l’itinérance. Comme l’ensemble des organismes communautaires impliqués au niveau du logement et de la lutte à l’itinérance, nous estimons essentiel que le gouvernement du Québec prévoie au cours des cinq prochaines années un grand chantier de 50 000 logements sociaux pour l’ensemble du Québec, dont 2100 pour l’Outaouais.

Le Québec a les moyens de faire beaucoup mieux et la capacité de respecter ses engagements à l’égard du droit au logement tel que stipulé à l’article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels qu’il a entériné en 1976.

François Roy, coordonnateur de Logemen’occupe