L’auteur de cette lettre considère les utilisateurs de cellulaires au volant plus dangereux pour la société que les détenteurs d’armes à feu.

Immatriculation obligatoire des téléphones cellulaires?

Depuis quelques semaines nous sommes interpellés, plusieurs fois par jour, par une sommation radiophonique qui oblige les Québécois, détenteurs d’armes à feu sans restriction, à les immatriculer.

Ce message des autorités gouvernementales du Québec se termine par la mention: «La sécurité avant tout!».

Cette immatriculation, tout comme cette mention, est illusoire et laisse faussement croire à la population qu’elle va ainsi assurer et garantir la protection du peuple; quel prétexte mensonger et aussi quel honteux gaspillage de nos taxes!

Le gouvernement provincial précédent n’a fait que répéter le désastre de l’expérience fédérale et sa catastrophe financière au nom de la sécurité; l’immatriculation des armes sans restriction ne remplacera jamais l’éducation, l’initiation et la manipulation sécuritaire des armes de chasse.

L’enregistrement de ce type d’armes, tout comme l’immatriculation des automobiles, ne pourra jamais assurer les compétences, les habiletés et une utilisation intelligente et réfléchie.

Comme une personne au volant, même si le véhicule est légalement immatriculé et que son chauffeur possède un permis de conduire, un «p’tit coup», un «p’tit shooter», un «p’tit joint» ou un «p’tit texto», peut se transformer en «une arme dangereuse»; ça peut tuer! Paf!

Alors, si nous voulons «la sécurité avant tout», ce ne sont certainement pas les enregistrements, les immatriculations, les permis, les autorisations, etc., qui vont nous assurer la sécurité sociale.

Investissons donc ce milliard de dollars gaspillés et ceux à venir, pour éduquer, instruire, expliquer, démontrer aux jeunes et moins jeunes, les risques, les dangers et les conséquences d’une utilisation inappropriée d’un téléphone cellulaire, d’une automobile ou d’une arme de chasse.

Procéder autrement imposerait logiquement alors, dans notre volonté collective d’assurer «la sécurité avant tout», de procéder à l’immatriculation obligatoire des détenteurs de téléphones cellulaires, de caisses de bière, de joints, etc.

Les statistiques le démontrent clairement: les textos, l’alcool et autres substances intoxicantes causent beaucoup plus d’accidents, de blessures, de morts et de frais d’hospitalisation que les consciencieux utilisateurs d’armes de chasse.

Monsieur le premier ministre, ne tombez pas dans le piège de votre prédécesseur; changez votre fusil d’épaule et ciblez plutôt l’éducation du peuple à ce «tabou social» que représente la simple possession d’armes de chasse.

Les «insidieuses armes sociales» d’aujourd’hui sont bien davantage les téléphones cellulaires, les boissons alcoolisées et les drogues au volant que les armes de chasse; combattez donc ces fléaux avant qu’ils ne nous tuent tous!

En terminant, mentionnons que nous adhérons aux principes de «la sécurité avant tout» et que nous comprenons les défenseurs de la philosophie anti-armes; ce que nous déplorons ce sont les méthodes préconisées pour éviter d’autres drames. Ce ne sont pas les armes qui sont directement en cause, ce sont les quelques utilisateurs fous!

Dans ce sens, nous sommes favorables et encourageons même la dénonciation, l’interception, la saisie et autres moyens d’intervention afin de retirer le privilège de possession et d’utilisation d’armes par des personnes mal intentionnées.

Investissons dans l’éducation, la formation, l’information… aux armes, aux cellulaires, aux substances intoxicantes… pour «la sécurité avant tout».

Ainsi, lorsque mon jeune voisin, le cellulaire bien en poche, empruntera l’automobile de sa mère, nous ne serons pas plus inquiets que lorsque mon collègue se balade avec son fusil dans la forêt ou que la dame, de l’autre coin de rue, promène ses trois pitbulls adéquatement retenus!

Et… en forêt, portons toujours le «gilet orange»; la visibilité évite ainsi la méprise…

Jean Paquette

Trois-Rivières