François Bélair

François Bélair, plus qu’un entrepreneur

OPINION / C’est avec regret et tristesse que nous, anciens journalistes du Reflet, avons appris le décès de François Bélair, survenu le 14 juillet.

Chef pour certains d’entre nous, simple collègue pour d’autres, il fut en revanche un mentor pour chacun d’entre nous. Apprentis journalistes devant faire nos preuves dans l’Est ontarien, nous avons été fascinés par son parcours et sa persévérance.

Car François était d’abord un audacieux. En 1987, il prend les rênes du Reflet de Prescott-Russell, à Embrun, fondé l’année précédente par Albert C. Bourdeau et Daniel Parent. Bien que le journal passe entre les mains de la compagnie d’édition André Paquette en 2008, il restera longtemps impliqué pour Le Reflet et les autres journaux (Le Vision, Le Carillon, L’Argenteuil, Le Journal à Cornwall).

Pendant toutes ses années, François connaît les hauts, la frénésie des jours d’impression, l’impact certain du journal dans les communautés, mais aussi les bas, la crise intrinsèque aux médias liée à la transition vers le numérique, la difficulté de convaincre de nouveaux annonceurs, les nuages de l’incertitude…

Trente-trois ans après, l’œuvre de François est pourtant immense pour l’Est ontarien. Le Reflet – fusionné avec The News en 2011 — est aujourd’hui un journal reconnu et incontournable pour les communautés francophones d’Embrun, Casselman, ou encore Limoges et St-Albert.  

Mais François ne restera pas pour nous qu’un simple entrepreneur. Nous nous souvenons surtout des conversations qui pouvaient s’étendre avec lui, à la fin d’une journée de travail. L’homme possédait une culture et une curiosité fascinantes. Il ne s’agissait pas pour lui de raconter le monde dans les journaux, mais aussi de l’apprendre et le comprendre toujours plus.

Dans un marché rendu concurrentiel par la crise, François n’a jamais à notre souvenir levé la voix, ni usé d’un ton péremptoire avec ses employés. Ouvert, souriant et disponible, il fut davantage un collaborateur qu’un chef, et un confident qu’un simple collègue.

François, tu nous manques déjà. Nous te devons bien aujourd’hui ses mots de reconnaissance, car il y a bien un peu de ton influence dans chacune de nos carrières.

Les auteurs sont :

  • Samuel Blais-Gauthier ;
  • François Pierre Dufault ;
  • Jean-François Dugas ;
  • Sébastien Pierroz
  • Benjamin Vachet