Il faut lutter contre l'inertie des finances publiques, milite l'auteure.

Finances publiques : faire autrement !

Le discours catastrophiste ambiant sur l’état des finances publiques amène la population à se résigner aux compressions pratiquées dans les services publics, aux tarifs qui augmentent et se multiplient, à l’allongement des listes d’attente dans les hôpitaux ou pour l’obtention d’un logement social.

Cette situation n’est pas inéluctable. Nous avons le choix ET les moyens de faire autrement. La coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, la Coalition Main rouge, a développé, depuis 2010, un contre-discours pour redonner espoir aux contribuables.

Il existe au moins une vingtaine de solutions fiscales et de mesures de contrôle des dépenses qui rapporteraient annuellement pas moins de 10 milliards $ supplémentaires aux finances du Québec sans qu’il soit nécessaire de recourir à la privatisation ou à la tarification des services publics.

Parmi ces mesures, figure l’instauration de 11 paliers d’imposition.
À elle seule, cette mesure gonflerait les coffres du trésor public québécois de 1 milliard $, tout en réduisant l’impôt de 94 % des contribuables. Pensons aussi à la lutte contre l’évasion fiscale, à la fin de l’incorporation des médecins, au rétablissement de la taxe sur le capital des banques ou encore, à un meilleur contrôle du coût des médicaments. Les groupes de « gauche » au Québec, les regroupements communautaires, les syndicats et les étudiants ne se bornent pas à dénoncer les politiques d’austérité. Ils proposent aussi des solutions constructives et facilement applicables. Dans un régime démocratique comme le nôtre, les citoyens sont en droit de s’attendre à ce que les élus, aux trois paliers d’administration, leur prêtent une oreille attentive.

À cet égard, il faut se réjouir des mesures proposées cet été par le ministre des Finances du Canada pour éviter certaines échappatoires fiscales : elles reprennent certaines de nos propositions et il est à espérer que le ministre ira jusqu’au bout de sa démarche, malgré les pressions subies.

D’autant plus que nos élus ont tout intérêt à tenir compte de ce constat fait par plusieurs grandes instances internationales dont le Fonds monétaire international et que nous expérimentons au quotidien sur le terrain : « Au lieu d’apporter la croissance, certaines politiques néolibérales ont creusé les inégalités au détriment d’une expansion durable. »

Il faut donc lutter contre l’inertie et ne pas se résigner. Il est possible de refuser les choix actuels de nos gouvernements, nous en avons les moyens. Les solutions fiscales proposées par la Coalition Main rouge le prouvent. Nous avons les moyens d’atteindre la justice sociale et de réparer notre filet social !

L'auteure, Élisabeth Gibeau, est analyste des politiques sociales et fiscales, Union des consommateurs

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Dans le cadre des Grandes conférences de l’Outaouais, celle d’Élisabeth Gibeau aura lieu à la Maison du Citoyen, Salle Jean-Despréz, mercredi 25 octobre 2017, à 19 h 30. Organisé par la Société Gatineau Monde. Bienvenue à tous. Information : www.gatineaumonde.com