État de droit ou État policier?

CEDROM-SNI
L'article «Pas d'abus de pouvoir, mais un manque de respect» (LeDroit, 18 mars) démontre bien que nous ne vivons pas dans un État de droit, où toutes personnes devraient être égales devant la loi.
En effet, les trois policiers de la Sûreté du Québec qui étaient en service à titre «d'agents provocateurs» ou selon les forces de l'ordre, à titre de «policiers en civil» lors de la manifestation à Montebello en 2007, ont eu droit à un traitement de faveur malgré que leur bavure ait été particulièrement bien documentée et qu'elle ait mené à des arrestations illégales.
Qu'arriverait-il si un manifestant se présentait devant une ligne de policiers anti-émeutes avec une roche apparente en main, le visage masqué et que cette personne incitait les autres à commettre des actes violents...? Poser la question, c'est y répondre. Cette personne serait très rapidement arrêtée et très possiblement accusée en vertu du Code criminel.
Lorsqu'il est question de policiers en service, la loi ne devrait-elle pas s'appliquer de manière encore plus serrée considérant qu'il devrait être les premiers à respecter les lois? En bref, entre se faire dire «va chier» par un policier en service ou se faire arrêter illégalement suite à des violences provoquées par des policiers, la deuxième situation est particulièrement plus brutale pour tout être humain qui croit encore vivre en démocratie.
Pourtant, si l'on prend des exemples rapprochés comme celui du G-20 à Toronto ou l'intervention du Service de police de Montréal lors de la manifestation contre la brutalité policière le 15 mars dernier, il en aura fallu beaucoup moins au bras armé de l'État pour violer les droits fondamentaux des personnes présentes...
Pendant que les manifestants sont considérés par les policiers comme étant «coupables jusqu'à preuve du contraire», les policiers sont considérés comme innocents même quand de nombreuses preuves vidéos, photographiques, écrites ou que des aveux sont faits de la bouche même de représentants de la SQ. Si l'on comprend bien la décision du comité de déontologie, la police a le droit de saboter des manifestations, d'arrêter illégalement ou de manière préventive, d'inciter à la violence, d'être violente... mais ils n'ont plus le droit de dire des gros mots!
David Clément, Table ronde des OVEP de l'Outaouais