« La Ville d’Ottawa devrait déterminer le potentiel d’utiliser la rue Wellington devant le Parlement en tant que lieu où les piétons pourraient se rassembler et célébrer le Canada », croit l'auteur de cette lettre d'opinion.

Et si on utilisait la rue Wellington ?

OPINION / Il y a quelques mois, j’ai lancé une idée. Au lieu de jeter des millions de dollars dans encore une nouvelle initiative de rajeunir la rue piétonne Sparks, la Ville d’Ottawa devrait plutôt déterminer le potentiel d’utiliser la rue Wellington devant le Parlement en tant que lieu où les piétons pourraient se rassembler et célébrer le Canada.

L’idée a été adoptée avec enthousiasme par des architectes, urbanistes et des personnalités politiques des deux côtés de la frontière provinciale, et ce aux niveaux municipaux, provincial et fédéral. 

La seule réticence se retrouve à l’Hôtel de Ville d’Ottawa, où on se soucie des réactions négatives des personnes qui empruntent la rue Wellington pour traverser la ville en automobile. Il y a bien sûr certains enjeux de circulation qu’il faudra explorer, mais les experts m’assurent que ces enjeux peuvent être réglés avec quelques solutions créatives.

Or, la créativité est justement l’élément le plus intéressant du lancement de nouvelles idées courageuses. Une idée nouvelle qui a émergée est de prendre une voie ou deux de circulation automobile du côté nord de la rue Wellington et de le convertir en espace pour piétons et début d’une boucle de train léger. Le train léger passerait devant le Parlement, traverserait le pont du Portage, se promènerait sur Laurier, retraverserait le pont Alexandra et reconnecterait avec Wellington près du Château Laurier.

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Le circuit fermé de 4,5 kilomètres de train léger fournirait un accès pratique au Musée de la guerre, le Musée canadien de l’histoire ainsi qu’à de nombreux restaurants et bureaux fédéraux des deux côtés de la rivière. Plus important encore, il réglerait l’enjeu de la connexion entre les systèmes de transport en commun d’Ottawa et Gatineau. Cela est d’une importance capitale puisque les maires des deux villes ont confirmé la semaine dernière que le pont Prince-de-Galles ne sera pas utilisé pour jumeler les deux systèmes.

Le train léger serait pratique, écologique et potentiellement automatisé. Comme c’est le cas dans plusieurs villes d’Europe, les piétons et trains légers pourraient cohabiter harmonieusement dans le même espace, sans la présence des autos et des camions. 

D’une perspective de planification de la capitale nationale, un train léger éliminerait les autobus du boulevard de la Confédération, le chemin cérémonial qui encercle l’enceinte parlementaire. Ce réseau permettrait de connecter deux provinces et la région de la capitale nationale. 

Il sera peut-être nécessaire de relocaliser des égouts et d’autres infrastructures souterraines, mais les coûts en infrastructures seraient acceptables (et surtout moins chers qu’un nouveau pont). Au final, la capitale nationale serait plus accessible, plus harmonieuse et verte.

Lorsque nous considérons les potentiels projets pour mettre en valeur notre capitale, c’est difficile de croire que d’améliorer la triste rue Sparks serait un bon usage de nos ressources. Ajouter un circuit fermé de train léger répondrait non seulement à un enjeu pressant de transport en commun : il pourrait également augmenter l’expérience de la capitale pour tous les Canadiens. Bien sûr, cela demanderait la vision et la coopération de deux provinces, deux villes et la Commission de la capitale nationale afin de se réaliser. Espérons que ce n’est pas trop demander.

L'auteur est Bob Plamondon, FCPA FCA, Ottawa