L'Outaouais a été frappé par des inondations en 2017.

Environnement : bilan en demi-teintes

Est-ce que 2017 fut une bonne ou une mauvaise année au niveau de l’environnement? Difficile à dire.

Ce fut une année où les manifestations des changements climatiques ont marqué l’Outaouais avec, entre autres, deux inondations et, ailleurs dans le monde, avec une série d’ouragans. Est-ce que cela a réveillé notre conscience collective ou, au-delà de cela, mené à des actions concrètes dans nos communautés ?

Sur le point de la transition énergétique, la dernière année fut marquée d’actions très timides au Canada. Tandis que certains pays annonçaient qu’ils allaient exiger la fin de la vente des véhicules à essence d’ici 2030, et que la Banque mondiale prenait position en annonçant la fin du financement de la production des hydrocarbures en 2019, le Canada continuait toujours à subventionner le secteur pétrolier canadien et la production des sables bitumineux.

Toutefois, sur la scène municipale québécoise, une des meilleures nouvelles de l’année fut sans contredit l’élection de plusieurs candidats sensibles à la cause environnementale en Outaouais. On devrait voir aussi le nombre de projets en environnement se multiplier dans les municipalités telle que le transport en commun et des plantations d’arbres.

D’ailleurs, en lien avec les actions en environnement dans les villes, le CREDDO vient de se faire octroyer un financement de la part du fédéral pour réaliser une étude sur le potentiel de plantation d’arbres dans l’île de Hull. Cette démonstration du potentiel de verdissement dans ce secteur devrait mener à de nombreuses nouvelles plantations dans le centre-ville dans les prochaines années.

À Gatineau, l’arrivée de nouveaux joueurs autour de la table du conseil municipal apporte une plus grande sensibilité à l’environnement et des gestes ont déjà été posés en ce sens. À titre d’exemple, la décision du dernier conseil contre la construction d’un concessionnaire automobile dans une zone inondable. Nous avons en Mmes Audrey Bureau, Maude Marquis-Bissonnette et Myriam Nadeau, trois jeunes élues qui joueront un rôle important pour un réel positionnement sur des enjeux tels que l’étalement urbain, la transition énergétique et le verdissement de notre ville. Écoutez une séance du conseil et vous constaterez que la qualité de la discussion autour de la table s’est élevée en matière d’environnement.

Dans les MRC des Collines et de Papineau, nous avons en Caryl Green et Benoît Lauzon deux nouveaux préfets qui sont déjà des champions de l’environnement.

Oui, 2018 s’annonce plus vert et l’équipe du CREDDO vous offre ces quelques vœux.

› Aux élus municipaux... de passer à l’électrification de leur flotte de véhicules. Pour une municipalité, l’autonomie des véhicules électriques est un faux débat. Il répond à la majorité des besoins d’un véhicule standard avec un retour sur investissement en environ deux ans. Dans le même sens, les automobilistes québécois parcourent entre 20 et 50 km en moyenne par jour pour se rendre au travail, tandis que l’autonomie actuelle des véhicules électriques est d’environ 150 à 170 km. Pour un deuxième véhicule, c’est parfait.

› Aux élus provinciaux... de présenter véritablement l’enjeu de la transition énergétique. Pourquoi les contraintes sur les ventes de gros cylindrés énergivores sont-elles toujours aussi faibles ?

Souhaitons-nous pour 2018 plus d’implication comme celle des citoyens derrière le mouvement de protection de la forêt Boucher. La démonstration a été faite : la population est capable d’assurer la préservation de milieu naturel pour les prochaines générations. Maintenant, travaillons sur un réseau de petites forêts urbaines géré par les citoyens. Impliquez-vous, unissez-vous, vos petits enfants vous glorifieront un jour, c’est promis.

L'auteur du texte est Benoit Delage, Directeur général du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais.