Pierre Bergeron.

Encore tant à écrire!

On n'a du mal à penser que l'on pourra vivre sans lui. Après 40 ans en poste, Pierre Bergeron quitte LeDroit. Il fallait bien que cela arrive, mais on se disait : pas maintenant, il n'a pas tout dit, il a encore tant à écrire! Enfant, on me disait que c'était l'heure d'aller dormir et je fermais le livre à l'endroit le plus passionnant. C'est ce qui nous arrive aujourd'hui, je le crains, avec le départ de Pierre Bergeron. Je le lisais avec passion. Il m'aidait à orienter ma pensée, à développer mon sens critique, ma compréhension des choses. Il fut le meilleur témoin de nous-mêmes dans ses articles, ses éditoriaux. Il transmuait notre quotidien, même le plus banal, en un drame : pour en faire voir les enjeux et suggérer des engagements, des changements. Pour Montfort, pour la bataille des collèges communautaires franco-ontariens, il devenait militant, bagarreur, convaincant! Pierre allait toujours chercher le meilleur des gens. Bâtir, lutter, se dépasser. Tellement humain, c'est un très bon motivateur. Il cherchait moins à convaincre par ses textes qu'à nous aider à comprendre, parce que ce que l'on comprend nous appartient. Comme Franco-Ontariens, Pierre Bergeron nous a beaucoup aidés. Il nous disait : agissez comme une majorité. Dans notre fresque inachevée continuellement en mouvance, il fut un témoin privilégié de notre force.