« Le ministre de la Santé Gaétan Barrette sort les cadeaux de Noël à la veille des élections. Pourtant, la réinjection de certaines sommes dans le réseau public n’est même pas à la hauteur des coupures que nous avons subies », déplore la présidente du syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais Josée McMillan.

En Outaouais, un réseau de santé mis à mal

Encore une fois, le CISSS de l’Outaouais fait les manchettes. Alors que tout un chacun tente de trouver les réponses aux différents manquements du CISSSO, je constate, encore une fois, qu’on néglige de se rappeler les nombreuses réorganisations et compressions dont notre réseau public a été victime.

Depuis la fusion des établissements de santé et de services sociaux en 2015, et voire même depuis la création des CSSS en 2005, c’est à coup de millions que les établissements du Québec se font fait amputer leur budget de fonctionnement. Budget qui sert, dans une très grande proportion, à payer de la main-d’œuvre qualifiée. À vouloir trop réduire les coûts et implanter des méthodes de chaîne de montage, il est inévitable que notre réseau soit mis à mal et par le fait même, qu’il y ait un impact sur la qualité et le nombre de services offerts.

Ces compressions et réorganisations sont à la source de notre problème d’attraction et de rétention de personnel qualifié. Pour ceux qui y restent, c’est l’épuisement professionnel ou la démobilisation qui les guettent. Ainsi, le manque de personnel quasi constant sur les unités de soins, dans les CHSLD et dans les autres services sociaux offerts, ne fait qu’accentuer ce cercle vicieux du manque de ressources. En plus des réorganisations constantes et des coupures, les conditions de travail des 4200 travailleuses et des travailleurs du réseau sont très loin d’être plaisantes et attirantes. Le travail de fin de semaine, les horaires atypiques, des salaires peu envieux et tout ça dans un contexte où la nature du travail est très émotive n’a rien d’alléchant pour de futurs candidats. Cette réalité est d’autant plus vraie que depuis la création du CISSS de l’Outaouais, on entend davantage parler de mobilité de la part du personnel en place. La détresse ressentie parmi nos membres ne fait que s’amplifier depuis les dernières années.

Lors de la conférence de presse du CISSS de l’Outaouais, vendredi dernier, j’ai entendu avec étonnement que la direction voulait obtenir un regard externe, avoir une nouvelle perspective… Bien je vous le dis, le problème du CISSS de l’Outaouais, comme bien d’autres établissements publics du Québec, c’est qu’il souffre de sous-financement et de multiples réorganisations. J’ai également été stupéfaite, voire désolée, que la députation libérale de l’Outaouais ne soit même pas capable de porter un regard critique sur l’impact de leurs réformes, de leurs coupures et sur les conditions dans lesquelles les travailleurs du réseau exercent leur profession.

Les employés du CISSS de l’Outaouais sont des gens dévoués, qui veulent rendre de bons soins et services, mais qui ont besoin de ressources, d’outils et de l’appui nécessaires pour exercer leur profession dans les meilleures conditions possible.

Avec la privatisation et la centralisation à outrance, comme ce fût le cas lors de fermeture de cuisines en CHSLD dans la Vallée-de-la-Gatineau ou pour la fermeture de résidences dédiées à la clientèle en déficience intellectuelle, pour ne nommer que ceux-là, nous n’avons certainement pas fini d’entendre parler des déboires du réseau de la santé.

Étonnamment, pas tant que ça en fait. Le ministre de la Santé Gaétan Barrette sort les cadeaux de Noël à la veille des élections. Pourtant, la réinjection de certaines sommes dans le réseau public n’est même pas à la hauteur des coupures que nous avons subies. C’est littéralement se moquer de la population, des travailleurs de la santé et des services sociaux et de notre précieux réseau public.

L'auteure est Josée McMillan, Présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais — CSN.