Du vol de grand chemin à Ottawa

À Jim Watson, Maire d'Ottawa,
Dans la nuit du 15 au 16 février, j'ai reçu une contravention de 65$ sous prétexte que je n'avais pas respecté l'interdiction temporaire de stationnement de nuit. J'habite à Gatineau et je dors chez des amis pour quelques jours, car il y a des travaux chez moi. Je n'avais aucune idée de l'existence d'une interdiction temporaire de stationner la nuit. Comment vouliez-vous que j'en sois au courant?
Je suis nouvellement travailleur autonome. J'ai quand même pris deuxheures pour faire valoir mon point de vue à l'hôtel de ville. On a proposé de réduire l'amende de moitié. Pour l'annuler, il aurait fallu un procès devant juge. Placé devant un choix odieux, j'ai décidé de mettre un terme à l'affaire: j'ai plaidé coupable. Car oui, il faut plaider coupable pour qu'on accepte de diminuer l'amende. Je vous le dis comme je le pense: avoir plaidé coupable me dégoûte.
Ce règlement n'a aucun sens. Lorsqu'on est dans une ville étrangère, on se fie à ce qu'on voit.
La fin de semaine de l'infraction, c'était le Bal de neige. À en croire le nombre d'autos avec une contravention sur la rue ce matin-là, ce sont des milliers d'automobilistes qui ont reçu une contravention cette nuit-là. Belle manne pour Ottawa!
Vous direz qu'à Gatineau, il existe une interdiction de stationnement la nuit. C'est vrai, mais cette interdiction est constante durant tout l'hiver. De plus, à chaque entrée de la ville, ce fait est expliqué sur de gros panneaux indicateurs. En 12 ans dans la région, je n'ai jamais vu de tels panneaux à un accès à Ottawa.
J'ai payé 32,50$, ravalé ma colère et plaidé coupable. Aux yeux de votre administration, je suis coupable. Pour ma part, je me considère tout à fait innocent. Plutôt victime, en fait. Victime d'un règlement qui n'a aucun sens. À vous de l'admettre et de réparer les dommages.