Le gouvernement Legault a investi 2,5 milliards $ sur cinq ans destinés aux aînés lors du dépôt du budget du ministre des Finances du Québec.

Droits des aînés: des inquiétudes et de l’espoir

OPINION / Ceci est ma dernière missive en tant que président du Réseau FADOQ, mon mandat tirant à sa fin le 13 juin prochain.

Une dernière missive qui se veut porteuse d’un message empreint de fierté, d’espoir, mais qui contient aussi des inquiétudes quant à l’état actuel des droits collectifs de nos aînés.

Nous sommes tous responsables, en tant que société dont le vieillissement de la population est l’un des plus marqués en Occident, de repenser avec conviction tout notre système de santé. De le revamper, l’édifier, l’humaniser.

Une volonté politique d’améliorer la qualité de vie des aînés a teinté les premiers mois du nouveau gouvernement caquiste de François Legault. Cette détermination a pris la forme d’investissements de 2,5 milliards $ sur cinq ans destinés aux aînés lors du dépôt du budget du ministre des Finances, Éric Girard. Elle s’est aussi manifestée dans les projets proposés par la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

Il n’en demeure pas moins que nous voici en juin 2019, et qu’il y a encore trop d’analyses – comité d’experts, comités consultatifs, et j’en passe – et pas assez d’actions concrètes qui sont posées, notamment en ce qui concerne les soins de longue durée. On réfléchit, mais pendant ce temps, les listes d’attente en CHSLD ne diminuent pas, les aînés subissent encore le fléau de la maltraitance organisationnelle et l’épuisement professionnel ainsi que la détresse psychologique minent le quotidien du personnel soignant.

Un essoufflement qui se fait aussi sentir chez les proches aidants.

J’ai déclaré à plusieurs reprises pendant mon mandat qu’il y avait urgence d’agir pour soutenir les proches aidants avec plus de conviction. Leur réalité, qui touche déjà 24 % de la population québécoise, deviendra de plus en plus répandue au cours des prochaines années. Les soutenir, donc, en leur permettant de veiller à leurs responsabilités sans mettre en péril leurs finances personnelles. En leur offrant une meilleure conciliation entre leurs obligations familiales et professionnelles. En les accompagnant rapidement lorsqu’ils ont des besoins psychologiques et médicaux.

J’écrivais plus haut que ma dernière lettre ouverte serait empreinte d’espoir. J’ai la conviction que le sort des proches aidants s’améliorera avec la création de la politique nationale pour les proches aidants qui est attendue pour décembre prochain, et qu’ils obtiendront alors ce statut légal si essentiel. Je suis persuadé que de la volonté politique de nos élus émanera un réseau de CHSLD mieux équipés pour faire face aux défis du vieillissement de la population.

Et surtout, devant ces énormes devoirs que nous devrons réaliser collectivement, j’ai la ferme conviction que la vaste expertise du Réseau FADOQ en matière de défense des droits des aînés continuera d’être sollicitée activement par nos décideurs.

Six ans après avoir accédé à la présidence de la FADOQ, je tirerai ma révérence, après avoir été un témoin privilégié des réalisations du Réseau ces dernières années. Bonification du Régime de rentes du Québec, inscription automatique au Supplément de revenu garanti, droit d’installer des caméras en CHSLD, mesures d’accommodation pour les proches aidants inscrites dans la Loi sur les normes du travail, voilà tant de revendications et tant de victoires qui auront jalonné mon parcours, témoignant du pouvoir d’influence du Réseau et de sa pugnacité.

Je croyais, je crois et je croirai toujours en cette belle organisation qui apporte tant au filet social des aînés et à la société québécoise, et ce, depuis près d’un demi-siècle.

L'auteur est Maurice Dupont, président de la Fédération de l’âge d’or du Québec.