Le pape François lors de son arrivée à Ariccia, pour une retraite spirituelle de cinq jours.

Des solutions enfin!

OPINION / L’actualité a couvert le grand ménage que l’Église catholique se propose de faire contre les crimes sexuels, un exercice que j’ai trouvé rafraîchissant parce qu’enfin la lumière se fait et des solutions se mettent en place.

Plusieurs reportages sur l’événement voudraient faire croire que ces comportements déviants n’existent que dans l’Église. Nous savons bien que c’est faux : les abus sexuels touchent autant les garçons que les filles, les adultes que les personnes âgées et ils sévissent dans plusieurs milieux : les studios de télévision, les coulisses des Festivals, les antichambres d’Hollywood, les vestiaires sportifs, les salles des médecins, l’armée et surtout au sein des familles.

Que ce fléau frappe un milieu religieux est toujours désolant, mais la nature humaine est la même partout ; on a tous plus ou moins un côté sombre. Freud a depuis longtemps arraché les masques derrière lesquelles on se cachait.

Il est trop facile de dénoncer ces crimes en criant au scandale et en jouant à la vertu, trop facile aussi d’accuser les autorités de l’Église d’avoir su et de n’avoir rien fait, alors qu’on se doute bien - les nouvelles le confirment - que les instances qui chapeautent les tours de télévision, les studios de production, les compétitions sportives ou les activités professionnelles sont tout aussi au courant et se terrent dans le silence pour étouffer le scandale. Le phénomène n’est pas isolé, il est répandu et prend parfois une allure épidémique.

L’important n’est pas de se complaire dans la dénonciation, c’est de trouver des solutions. Le choix de la transparence est un début : dénoncer des comportements qui se répètent et s’installent est un minimum. Mais on peut faire en sorte qu’un comportement déviant reste passager et ne devienne pas systémique en intervenant plus tôt par une correction franche et fraternelle faite privément. Briser le silence. Faire acte de courage.

On peut aussi élaborer des protocoles en collaboration avec la police, obligatoires pour toute activité sportive, scolaire, d’église ou autres, par exemple, ne jamais laisser un adulte seul avec des enfants ou avec des personnes fragiles en faisant appel à l’assistance bénévole de parents ou adultes triés soigneusement. Comme le ferait une commission d’enquête, le moment est venu de proposer et d’appliquer des mesures préventives et correctives. Le temps des cris outragés est dépassé.

Pierre Bourret, Gatineau