Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le ministre Marco Mendicino
Le ministre Marco Mendicino

Des résidents temporaires traités comme des touristes

À vous la parole
À vous la parole
Le Droit
Article réservé aux abonnés
OPINION / Monsieur le ministre canadien de l’Immigration,

Nous vous adressons un cri du cœur au nom de milliers de résidents temporaires au Canada. Nous sommes ici depuis longtemps et parfois déjà en attente de la résidence permanente. Chacun d’entre nous, travaille, étudie et/ou vit au Canada avec ses enfants, pour la plupart scolarisés.

Contrairement aux citoyens canadiens et aux résidents permanents, les résidents temporaires que nous sommes ne peuvent accueillir des membres de leur famille proche puisqu’ils ne sont pas autorisés à entrer au Canada à la suite des restrictions imposées dans le cadre de la pandémie. Nous n’avons donc d’autre choix que de nous rendre dans nos pays d’origine afin de les visiter pendant la période estivale, période durant laquelle la pandémie a ralenti. Or, compte tenu des restrictions de voyage dues à la Covid-19, il est nécessaire que nous obtenions une exemption de voyage pour nos enfants, et dans certains cas nos conjoints, avant notre retour. Nos enfants et certains de nos conjoints sont titulaires d’une fiche de visiteur.

Le Canada se doit de veiller à la sécurité et à la santé des Canadiens et de ceux qui y résident, mais cette exigence d’exemption de voyage est toutefois inadaptée à notre situation et ne protège pas plus les Canadiens.

Plusieurs personnes ayant le statut de résidents temporaires se sont vu refuser cette exemption pour leurs enfants, notamment pour des départs précipités (deuil, maladie d’un proche, etc.). D’autres parents attendent toujours une réponse à leur demande d’exemption. Certains enfants, à ce jour, ne peuvent revenir au Canada, n’ayant pas obtenu de réponse positive à la demande d’exemption. Le 15 juillet 2021, 39 Français ont été débarqués d’un vol Air France à destination de Montréal avec, pour la plupart, la lettre d’exemption comme seul document manquant. Cette situation est moralement difficile à vivre et très angoissante pour nos enfants, nos proches et nous-mêmes. Le gouvernement du Canada refuse ainsi le droit à nos enfants de partir dans leur pays d’origine puisque leur retour n’est pas garanti, voire refusé.

Nous sommes convaincus que ce n’est aucunement l’objectif du gouvernement que de séparer des familles. Toutefois, dans les faits, ces situations sont réelles. Les limitations et restrictions imposées à nos enfants vont à l’encontre de tous les principes constitutionnels et libertés qui ont construit le Canada.

Des ajustements nécessaires sécuritaires qui placent l’humain au centre

Nous souhaitons dans un premier temps que vous puissiez apporter une réponse rapide et adaptée à ces difficultés majeures en prévoyant :

  • un traitement allégé et rapide du processus avec une réponse dans un délai maximum de 48 heures à chaque demande d’exemption formulée;
  • un traitement selon les mêmes critères objectifs pour que chaque parent puisse recevoir un accord systématique à sa demande d’exemption;
  • et que le voyage d’un enfant, ou conjoint, détenant une fiche de visiteur et vivant avec un travailleur temporaire ou un étudiant au Canada ne soit pas considéré comme non-essentiel, si l’objectif est d’y vivre régulièrement.

Dans un second temps, l’opportunité d’une telle demande d’exemption devra être étudiée avec vos services afin qu’elle soit abandonnée.

Nous sommes sensibles à l’attention que vous voudrez bien apporter à la présente et nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre considération respectueuse.

L’auteur, Thibault Camara, est président de Le Québec c’est nous aussi.