Jean-François Dugas
Le Lab <em>Le Droit </em>à La Cité a officiellement pris son envol cette semaine. Sur la photo, prise janvier 2020, le directeur général du Droit, Éric Brousseau, et la présidente de La Cité, Lise Bourgeois, avait signé un accord de collaboration en présence d'étudiants du collège.
Le Lab <em>Le Droit </em>à La Cité a officiellement pris son envol cette semaine. Sur la photo, prise janvier 2020, le directeur général du Droit, Éric Brousseau, et la présidente de La Cité, Lise Bourgeois, avait signé un accord de collaboration en présence d'étudiants du collège.

Des idées plein la tête pour le Lab

CHRONIQUE / Et voilà, c’est parti. Malgré les circonstances particulières que nous connaissons tous, le Lab Le Droit à La Cité a officiellement pris son envol cette semaine. 

D’emblée, laissez-moi vous dire à quel point je suis enthousiaste à l’idée de retrouver l’équipe après une absence de cinq ans. Je vous assure, mon profond attachement au Droit, aux Franco-Ontariens, n’a jamais bronché. Pas pour une seconde.

Ceux qui me connaissent bien savent à quel point j’accorde une importance de premier plan au fait français en Ontario. J’ai toujours milité pour inclure les réalités de la communauté franco-ontarienne dans nos pages — en papier ou virtuelles — comme journaliste pendant ma carrière de dix ans au Droit. Cette volonté reste inébranlable comme coordonnateur du Lab. 

Plusieurs doivent se demander à quoi ressemblera cette nouvelle « bibitte ». Les mauvaises langues avanceront même que cette initiative est un écran de fumée en réponse au déménagement des bureaux du Droit sur la rive outaouaise. Je vous entends, fiers Franco-Ontariens. Petite confidence : j’ai eu ce même pas de recul en apprenant la nouvelle. 

Par contre, j’ai compris les réalités économiques qui ont motivé cette décision. Il s’agissait véritablement d’une question de vie ou de mort du journal. Il a fallu s’ajuster pour continuer d’exister.

J’ai rapidement compris aussi que le Lab, conceptualisé par l’ancien président et éditeur du Droit, Pierre-Paul Noreau, se voulait bien plus qu’un pied-à-terre en Ontario. Ce moteur important de transformation servirait de lieu d’encadrement, d’apprentissages et d’innovation. Pas pour « paraître », mais pour être, bien vivant, dans la francophonie ontarienne. Et ce, pour longtemps encore.

Grâce au soutien de La Cité, un pilier franco-ontarien, j’y vois une véritable occasion d’attirer de nouvelles générations de lecteurs ; de parler davantage des nouveaux arrivants francophones ; de développer de nouveaux modèles pour assurer la pérennité d’une presse en pleine évolution. Bref, de s’ancrer davantage dans l’Ontario français. 

Comment ? En offrant la chance aux étudiants de la grande famille des communications du collège de participer au contenu franco-ontarien du Droit. De là la raison d’être de mon rôle de mentorat, pour superviser cette production dans sa phase finale et assurer le lien entre la salle de rédaction du Droit et les ressources d’enseignement de La Cité. 

Qui plus est, les journalistes en devenir et leurs homologues en photographie, en design graphique, en publicité et même en relations publiques apporteront leurs propres idées pour mieux cibler notre travail. Nous serons à l’écoute. 

Il faut l’admettre : nous ne savons pas comment parler efficacement aux jeunes d’aujourd’hui. Le Lab permettra d’expérimenter, d’aborder leurs enjeux et, souhaitons-le, rectifier le tir.

Outre cette approche plurielle visant à mettre en lumière les francophones de la région de la capitale nationale, il y a également le désir d’être plus présent. Stages, conférences, consultations, événements, etc : tout est permis pour solidifier l’appartenance au Droit. Déjà, j’ai plein d’idées en ébullition pour le Lab ! 

Je termine en vous tendant la main, chers lecteurs franco-ontariens. Au fil des ans, plusieurs d’entre vous m’ont fait part de critiques quant à la couverture vous étant accordée. À mon avis, cette grogne masque surtout une fierté inébranlable en notre culture francophone en milieu minoritaire. Mais je comprends également qu’il est essentiel de se reconnaître dans votre, dans notre journal. 

Je vous promets d’investir tout mon trille et tout mon lys dans ce nouveau chapitre de la grande histoire du Droit, malgré les défis, COVID-19 ou non. 

« L’avenir est à ceux qui luttent », dit la devise du Droit. J’y crois depuis toujours. Vous aussi.